Quatre agriculteurs sur dix dégagent un résultat inférieur au Smic
À l’occasion d’un évènement à l’Assemblée nationale le 28 avril, l’ONG Max Havelaar a présenté la première édition de son Observatoire de la rémunération agricole équitable, montrant que 43 % des agriculteurs dégagent un résultat courant avant impôt (RCAI) inférieur au Smic. Un indicateur qui, à lui seul, ne suffit pas à traduire fidèlement le niveau de vie des foyers agricoles. Pour rappel, au 1er janvier 2026, le Smic a été fixé à 1 443 € net par mois. L’association s’est basée sur les « micro-données » du Rica (Réseau d’information comptable agricole) pour la période 2015-2024. En moyenne, 14 % des exploitations enregistrent un résultat négatif, selon l’étude. « Pour arriver jusqu’au niveau du Smic, il manque en moyenne 3,3 milliards d’euros par an (Md€) », estime l’Observatoire. Un « déficit structurel » qui s’est récemment aggravé, atteignant 4,7 Md€ en 2023 et en 2024. Pour rappel, les fermes françaises perçoivent chaque année un peu moins de 9 Md€ d’aides européennes (premier et deuxième pilier de la Pac). Dans le détail, seules deux filières « apparaissent globalement plus résilientes » : la viticulture (38 % d’exploitants sous le Smic) et les grandes cultures industrielles (pommes de terre, betteraves, 34 %). Au niveau géographique, comme attendu, la précarité agricole frappe plus fort dans une grande moitié Sud : 57 % d’agriculteurs sous le Smic en Occitanie, 51 % en Corse et Nouvelle-Aquitaine, 47 % en Auvergne-Rhône-Alpes. À l’inverse, la Bretagne se distingue par le taux le plus bas, avec 31 % des revenus agricoles sous le Smic.
Agrapresse