Saisonniers : le climat, première source de pénibilité
EMPLOI / Selon le baromètre Clisève (impact du climat sur la santé au travail), les salariés placent le climat devant l’effort physique comme cause de pénibilité.
Le baromètre Clisève a pour objectif d’évaluer les impacts du climat sur la santé au travail. Premier enseignement : 74 % des répondants (2 600 acteurs : exploitants, salariés, saisonniers) se déclarent impuissants face aux événements climatiques. D’autre part, pour les saisonniers, le climat passe devant l’effort physique comme première cause de pénibilité au travail agricole (68 % contre 29 %) et un sur deux le cite comme raison d’abandonner le travail agricole d’ici cinq ans. Coup de chaleur, maux de tête et déshydratation sont les premiers symptômes cités : 50 % des salariés estimant qu’ils se sont intensifiés depuis les cinq dernières années. « De plus, 40 % subissent la pénibilité climatique plus de trois mois par an, qui est aujourd’hui structurelle et pose la question de l’organisation du travail, souligne Caroline Véran, fondatrice de RSE Croissance Bleue, à l’origine de Clisève. Par ailleurs, le changement climatique est une usure silencieuse qui fragilise les exploitants et pèse sur leur capacité à transmettre ».
La prévention peu développée
Face à cela, les exploitants ont adapté les horaires (75 %) et calqué l’organisation sur la météo (73 %). Les salariés expriment des besoins de protection : plus d’abris (47 %), un accès à l’eau (42 %), plus de pauses (41 %). « Ce qui frappe, c’est le caractère urgentiste des mesures. La prévention est peu développée : un salarié sur deux indique n’avoir reçu aucune information spécifique sur les risques climatiques », précise Caroline Véran. De fait, seulement 14 % des exploitants indiquent avoir mis en place un protocole « climat extrême ». Au-delà de la santé des individus, il y a aussi un enjeu d’attractivité à moyen terme : « 88 % des exploitants considèrent que la chaleur peut motiver le renoncement au travail des saisonniers, ce qui est confirmé par 47 % de ces derniers. Les conditions de travail en lien avec le climat deviennent une priorité structurelle pour les exploitations. »
P.G