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Témoignage

Six mois de charnier

Médecin à la retraite, Ginette Marchive fait partie du tandem qui a effectué six mois durant les prélèvements sur le bétail attaqué.
Six mois de charnier

Quand elle montre les photos de son téléphone portable, c'est le rouge qui domine. « Six mois de charnier et des éleveurs traumatisés ». Ginette Marchive est une des deux préleveuses bénévoles qui ont sillonné les élevages des mois durant pour effectuer des prélèvements sur le bétail ayant subi l'attaque du loup. Des animaux morts, éventrés ou blessés : cette médecin à la retraite aurait sans doute préféré passer son temps à autre chose qu'à cette funeste tâche. Mais voilà « son mec » est éleveur sur le Larzac « où il y a eu des attaques tous les jours ou tous les deux jours cette année. C'est un territoire de nouvelle colonisation depuis 2014 ». Le compagnon de Ginette Marchive a perdu 25 bêtes cette saison. « Les attaques ont eu lieu dans la bergerie, devant la maison », raconte-t-elle. Alors, armée de son kit laboratoire elle, est allée à la rencontre des autres éleveurs. « Je suis médecin, je perçois le désarroi, le traumatisme. Lorsqu'on arrive chez eux, c'est déjà une reconnaissance. » Elle raconte combien les attaques sont une violence pour ceux qui les subissent et quel sentiment d'insécurité elles génèrent. Peu à peu, cette équipe atypique de deux personnes a fait bien plus que des prélèvements en mettant du lien et de la solidarité entre les éleveurs victimes d'attaques.
« Les résultats de l'étude étaient attendus, poursuit-elle. On savait que c'était du loup. Il y a une différence entre le constat administratif et les examens génétiques. » 

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