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Travaux agricoles et forestiers : les attentes de la profession

FNEDT / Réunis en congrès sur le site du Futuroscope les 11 et 12 mars, les entrepreneurs de travaux agricoles ont réclamé un meilleur traitement de la part des pouvoirs publics. 

Par Christophe Soulard
Travaux agricoles et forestiers : les attentes de la profession
La FNEDT souhaite que l’État se penche sur le taillage des haies.

À l’image d’une profession agricole malmenée par de nombreuses crises, les responsables de la Fédération nationale des entrepreneurs du territoire (FNEDT) oscillent entre craintes et raisons d’espérer. La fédération, qui fête ses 104 ans cette année, peut se prévaloir d’une assez bonne santé puisqu’elle a vu le nombre de ses actifs augmenter de 60 % en dix ans, ce que peu de secteurs d’activité peuvent mettre en avant. Mais de quoi demain sera fait ? C’est l’interrogation des congressistes qui estiment être « souvent une variable d’ajustement », selon Philippe Largeau, président de la FNEDT, lors d’une conférence de presse le 12 mars. Dans un contexte de « permacrise », (néologisme de « crise permanente »), selon les termes de Philippe Largeau, les entrepreneurs ont avancé des solutions pour sécuriser la profession et l’économie qui en découle. Ils souhaitent, en premier lieu, professionnaliser les entreprises et les salariés en s’appuyant notamment sur l’exemple des entrepreneurs forestiers qui bénéficient d’un parcours clairement identifié : formation, qualification, certification et reconnaissance par la filière bois. « Il s’agirait de s’inspirer ou d’étendre ce parcours aux entreprises de travaux agricoles et ruraux, avec pourquoi pas la mise en place d’une carte professionnelle dédiée », a affirmé Philippe Largeau. L’idée est aussi « de rassembler les bons éléments dans la bonne pièce pour savoir véritablement qui fait quoi », a-t-il ajouté. Car n’importe qui peut, du jour au lendemain, s’installer comme entrepreneur agricole et rural, sans condition de diplôme.

Régime assuranciel

En plus de lutter contre la concurrence déloyale, la FNEDT souhaite que l’État se penche sur le taillage des haies. Le Gouvernement a préparé, en novembre dernier, un projet de décret pour simplifier la réglementation sur la destruction des haies. En plus des haies agricoles (BCAE 8), le texte étend la possibilité de tailler les haies des collectivités locales notamment. « Mais sur le fond, les règles restent les mêmes avec une interdiction de tailler pendant plus de 20 semaines, entre le 15 mars et le 15 août », s’est agacé Philippe Largeau. « Or, nous savons organiser des tailles douces qui savent préserver les nidifications et la biodiversité », a-t-il assuré. Quelques dérogations départementales ont cependant été accordées en raison des récentes inondations et ont permis de repousser les travaux jusqu’au 5 avril. Le président de la FNEDT souhaiterait la mise en place d’un régime assuranciel en cas d’intempéries qui permette de couvrir les pertes salariales ainsi que la possibilité de construire des bâtiments en zone agricole. « Aujourd’hui, on nous relègue dans les zones artisanales. Or, elles sont très éloignées de nos lieux de travail. C’est un manque d’équité vis-à-vis des Cuma et c’est d’une incohérence totale d’un point de vue environnemental », a-t-il justifié. Enfin, la FNEDT demande à l’État d’agir rapidement pour réprimer les vandalismes dont les entrepreneurs forestiers sont victimes. « Agir vite avant qu’un drame ne survienne », a-t-il insisté. Ces dégradations, réalisées par des groupuscules radicaux d’activistes écologistes, coûtent cher aux prestataires et les découragent souvent de revenir. « Le ministère de l’Intérieur est très vigilant et a déjà identifié quelques réseaux en vue de les démanteler », a conclu Philippe Largeau. 

Christophe Soulard