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Horticulture

Un guide pour créer des haies colorées

Les horticulteurs et pépiniéristes rassemblés au sein de l'association Bièvre Végétal se sont retrouvés à La Côte-Saint-André. Ils cherchent les moyens de mettre en avant la production locale pour se démarquer de la concurrence.
Un guide pour créer des haies colorées

Il fut une époque où les haies de thuyas, cyprès et lauriers étaient la norme. Ce temps là est en passe d'être révolu. Du moins en Bièvre-Valloire où un guide pratique « Une belle haie pour votre jardin » vient d'être édité. Dévoilé à l'occasion de la journée de Bièvre Végétal, qui s'est déroulée le 17 septembre à La Côte-Saint-André, il vise à donner toutes les clés pour créer de belles haies composées d'essences locales diverses et variées, adaptées au climat de Bièvre-Valloire.

Plus attractives pour la biodiversité

Car il en existe des arbustes à feuillage, à fleurs ou à baies, qui, des premières floraisons à la fin de l'hiver, permettent la mise en œuvre d'un festival de couleurs. L'érable champêtre, le charme, le cornouiller sanguin, le noisetier, le houx, le rosier sauvage, le sureau noir : ce sont autant d'essences locales qui ne sont pas toujours présentes dans les jardineries, mais qui ne manquent pourtant pas d'attrait. Pour Dominique Bonnardon, président de Bièvre Végétal, qui a contribué, en partenariat avec le conseil local de développement du pays de Bièvre-Valloire, et Bièvre Liers Environnement, à la réalisation du guide, l'objectif est multiple. « Il s'agit de créer des haies en harmonie avec le paysage, avec des espèces locales et horticoles cultivées chez les pépiniéristes du territoire de Bièvre-Valloire. Mais aussi de limiter les déchets de taille ». Car, contrairement aux thuyas et autres cyprès, qui nécessitent des tailles régulières à l'origine de livraisons importantes dans les déchetteries, de nombreux arbustes ont des déchets qui peuvent être compostés ou broyés et utilisés en paillage. Ces haies composées de plusieurs essences se révèlent aussi bien plus attractives pour la biodiversité. Le guide, qui rassemble de nombreux conseils de plantation, de bonnes pratiques de taille et de compostage des déchets, n'est pas uniquement destiné aux particuliers. Il concerne aussi les collectivités et les aménageurs de zones d'activités. « Les concepteurs ou les paysagistes de ces zones ne sont pas forcément figés quant au choix des espèces à implanter. Il faudrait établir un cahier des charges avec une liste de ces essences locales qui s'intègrent mieux dans le paysage et qui permettent de faire travailler les producteurs locaux », estime Dominique Bonnardon.

Privilégier les fournisseurs locaux

L'édition de ce guide d'élaboration de haies témoigne de leur volonté de se rapprocher des collectivités locales pour les inciter à privilégier les fournisseurs locaux. Les horticulteurs et pépiniéristes voudraient même aller plus loin et demandent la mise en place d'une aide pour inciter les particuliers à planter ces essences. « Comme elles génèrent moins de déchets, des économies de gestion des déchetteries pourraient être réalisées. Et l'harmonie paysagère que nous pouvons gagner, contribuer au développement touristique du secteur », avance le président de Bièvre Végétal. Pour autant, les temps sont difficiles pour tout le monde. Les chantiers de construction ont diminué et la baisse des budgets des collectivités ne favorise pas la reprise des ventes et les plantations.

Isabelle Brenguier

Tirer son épingle du jeu

« La crise est là, mais il ne faut pas qu'elle nous touche ». C'est en substance, le message délivré par les entreprises de l'amont et de l'aval de l'horticulture, également présentes à la journée organisée par Bièvre Végétal. Si la crise freine incontestablement l'activité de ces entreprises, elles considèrent ne pas avoir le choix et devoir se montrer plus incisives. « Nous devons contourner les difficultés avec du développement de gamme et de nouvelles prises de marché. Nous allons tirer notre épingle du jeu en apportant de l'innovation et du service à nos clients », indique Jérôme Pollaud, technicien chez Soufflet Vigne. Jean-Luc Laurent, responsable de centre de profit dans l'entreprise précise : « Nous développons des mélanges de graines de gazon qui nécessitent moins d'eau tout en restant vert. Pour répondre à ces nouvelles demandes, nous sommes allés chercher des idées aux Etats-Unis, ou dans d'autres domaines, tels que les terrains de sport. Nous les développons et les mettons à disposition en aménagements paysagers ». Isermat (entreprise de location de matériel de travaux publics) essaie aussi de limiter les pertes dues à la baisse de volume d'activité. Si la baisse de marché persiste depuis cinq ans, Gerlando Bruno, directeur d'Isermat, estime que « l'entreprise est avantagée par la diminution des investissements des partenaires qui ont davantage recours à la location. Il espère que la reprise de 27 nouvelles communes au sein du réseau de la Métro permettra la mise en œuvre de nouveaux chantiers de voirie et d'assainissement dans le pourtour de l'agglomération grenobloise ».
I.B.