Une agriculture à visage humain
Jeunes pousses ou vieux routiers de la vente directe, une quinzaine de producteurs des Balcons du Dauphiné sont venus samedi animer le marché du comice de Saint-Chef. Si les affaires ont été plutôt bonnes le matin, l'attraction provoquée par les concours d'élevage et de labours ont un peu ralenti l'activité l'après-midi, laissant le temps aux agriculteurs d'expliquer leur métier et leur façon de travailler. « On fait surtout du relationnel », s'amuse Serge Perticoz, viticulteur et distillateur à Saint-Chef.
A sa droite, une dame se penche avec curiosité vers de drôles de gousses exposées sur l'étal du Jardin de Pompoko. « C'est quoi, ça ? » Le jeune maraîcher de Creys-Mépieu sourit : « Du soja. Vous voulez goûter ? » Entre tomates multicolores, poivrons et melons fendus, Jean-Marie Kirissis surprend le chaland avec ses « productions atypiques ». Il remporte même un certain succès avec le soja, les gombos et les plantes aromatiques japonaises, comme le shiso. Même constat devant le banc de Gilles Douillet, éleveur et maraîcher bio à Saint-Marcel-Bel-Accueil : « On a vendu un peu de camelote, surtout des choses originales, comme le sarrasin ou les cornichons, précise l'agriculteur, qui a sacrifié l'un de ses gros marchés de la semaine pour participer au comice. Mais nous sommes surtout là pour rassurer les consommateurs et montrer ce que l'on sait faire. »
Voisins de panier
C'est également l'objectif du Gaec de l'Abreuvoir et des Voisins de panier, venus en force faire connaître un réseau lancé il y a 13 ans. « Avec cette chaleur, les gens hésitent à partir avec produits frais, constate Philippe Allagnat. Mais on fait beaucoup de communication autour du réseau. On explique aux gens que c'est un peu comme un magasin de producteurs éclaté entre nos 14 fermes : nous vendons tous les produits les uns des autres. »
Visiblement, le propos et la démarche séduisent un grand nombre de visiteurs, par ailleurs enchantés de voir le comice célébrer une agriculture à visage humain. « On retrouve cette tradition de la ruralité qu'on a un peu perdue, apprécie Adrien Françon, un jeune du hameau d'Arcisse parti faire ses études à Lyon. En tant que petit-fils d'agriculteur, je trouve qu'il est vital de renouer avec cette culture. Dans le village, le comice a créé une réelle cohésion entre les gens. Ça nous réancre, ça nous raccroche à notre culture, à nos racines et ça permet de partager des émotions avec des gens que l'on ne connaît pas. C'est un moment de rassemblement important. »
MB