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Chambre d'agriculture

2017 : année du rebond ?

Après deux années de crise, les responsables agricoles, les élus et les représentants de l'administration ont affiché leur optimisme lors de la présentation des voeux 2017.
2017 : année du rebond ?

Rêve ou réalité, Jean-Claude Darlet, le président de la chambre d'agriculture de l'Isère, voudrait croire à une année 2017 placée sous le signe du rebond. Dans sa liste de souhaits, il a inscrit : « une PAC qui se stabilise », car il a souligné le risque « que les déclarations 2017 soient faites sans être sûr du résultat de la PAC 2016, voire 2015... ». Autre dossier porteur d'espoir : la production laitière pour qu'enfin « les OPA négocient de vrais contrats avec l'industrie de transformation ». Jean-Claude Darlet a également fait valoir l'engagement de la chambre dans la promotion des filières porteuses comme le bio, les volailles plein air, le lait de chèvre, « en adéquation avec les besoins du marché ». Le développement du pôle alimentaire fait partie de cette stratégie génératrice de valeur ajoutée afin d'avoir « un retour rapide sur les exploitations ». Les attentes sont aussi fortes au regard du nouveau plan régional d'installation afin de rattraper le déficit d'installations aidées qui ne représentent plus qu'un tiers des projets. D'autant que l'inscription dans un programme d'installation est un gage de pérennité pour les jeunes exploitants. Le conventionnement de la chambre avec les intercommunalités, afin de dégager des projets agricoles concrets par territoire, et la protection du foncier sont également des sujets forts. Leur mise en œuvre doit permettre à « l'agriculture de retrouver sa place dans l'économie des territoires et du département », a insisté le président de la chambre d'agriculture.

En campagne

Pascal Denolly, le président de la FDSEA Isère, a pour sa part remercié les parlementaires présents pour la prise en compte, dans la loi Sapin II, des coûts de production agricoles dans les éléments de constitution des prix. « Nous devons encore aller plus loin avec l'abrogation de la loi LME », a ajouté Pascal Denolly. Le syndicat reste très vigilant sur la question des zones vulnérables puisque sept communes des Chambaran font l'objet d'un classement jugé infondé. Le président de la FDSEA a également fait vœux de « rebond » pour 2017, « après deux années éreintantes pour l'agriculture ». « Nous devons être plus conquérants », a-t-il exhorté.
Le message a été entendu par Jean-Pierre Barbier, le président du département. 2017 étant une année électorale, il a demandé à ce que « chacun se prononce sur ce qu'il veut faire pour l'agriculture ». Baisses des charges, imposition sur les cessions, abrogation des normes nationales qui vont au-delà des normes européennes, principe d'innovation, recherche des marges, activation des mécanismes financiers et préparation de la PAC 2020 « de plus en plus verte » : les sujets de campagne ne manquent pas. A l'échelle du département et en concertation avec la région à qui échoit toute la compétence agricole, Jean-Pierre Barbier s'est à nouveau positionné en faveur du pôle agroalimentaire isérois. « Pour créer cet outil de transformation » et afin que le prix payé à l'agriculteur « soit rémunérateur », le département s'est engagé à recruter au printemps 2017 « un commercial issu de la grande distribution afin de vendre les productions iséroises aux GMS et aux collectivités ». La démarche sera accompagnée de la nouvelle marque territoriale Alpes Isère. Le président du département a également réaffirmé son soutien au projet du méthaniseur d'Apprieu.

Le loup et le méthaniseur

Patrick Lapouze, le secrétaire général de la préfecture de l'Isère en partance pour la sous-préfecture du Raincy (93), a aussi rappelé la position favorable de l'Etat sur le projet Méthanisère, qui vient d'ailleurs d'obtenir son autorisation d'exploiter (ICPE). Rien n'empêche l'installation de sortir de terre. Le sous-préfet s'est montré confiant sur le déclassement des communes des Chambaran des zones vulnérables. Il s'est également avancé sur le dossier loup en soulignant que l'Isère « avait trouvé collectivement la force de faire des choses en prenant des arrêtés pour abattre des loups et en passant le message au niveau national ». Enfin, clin d'œil au projet embourbé du Center parcs de Roybon, il a fait part de l'expérience d'un village de Dordogne, qui autour de son lac, « avait développé des activité de tourisme de masse et populaire, qui ont permis à des agriculteurs de continuer à travailler en leur apportant un revenu complémentaire. »

Isabelle Doucet