2018, une année à miel
Après l'année 2017 qui s'était révélée difficile en raison de la météo, 2018 a redonné le sourire aux apiculteurs. Miel d'acacia, de châtagnier ou de tilleul, la récolte s'est bien passée cet été. « La qualité est similaire à l'an passé, mais la quantité est supérieure », raconte Yann Bresson, apiculteur bio à Villard-Bonnot. Même constat du côté de Brangues : « La quantité de miel est bonne et la qualité très bonne », confirme Christian Guinet, apiculteur. Une saison en a chassé une autre, sans trop de difficultés. « On a eu un printemps correct. Quelques jours de pluie, mais on a pu avoir du miel d'acacia en mai-juin », explique Yann Bresson. La température a également su rester clémente, ce qui a facilité la sortie des butineuses. Ce fut ensuite le tour du tilleul et du châtaignier. Là encore, la récolte s'est bien déroulée malgré quelques disparités. Pour Christian Guinet, le miel de châtaigner et de tilleul furent de courte durée mais « globalement, sur la saison, c'est très bien ». L'apiculteur de Villard-Bonnot a eu ensuite monté ses ruches en moyenne montagne.
Un jeu d'équilibriste
Mais une bonne année ne doit pas éclipser les autres. Pour Christian Guinet, « C'est la première bonne année depuis 2011 ». Pour Bruno Convert, apiculteur à Albenc et membre du Syndicat apicole dauphinois (SDA), « c'est une bonne année d'acacia qu'une fois sur cinq ». Quant à Yann Bresson, il recense une bonne année sur trois. Chaque année, c'est un vrai jeu d'équilibriste pour assurer la saison. De la pluie, mais point trop n'en faut. Des fleurs, mais pas toutes au même moment pour assurer la saison. Un peu de chaleur pour donner un coup de pouce à la sortie des ruches et faire monter le nectar dans les fleurs. Malheureusement, le rythme des saisons «ne se fait pas pareil » qu'il y a quelques années, selon Christian Guinet. L'an passé, un temps chaud et beau dès mars avait déclenché une floraison précoce si bien qu'au moment du plein développement des colonies, il y avait peu de fleurs.
Limiter la perte des abeilles
Outre le miel, c'est aussi la perte des abeilles qui inquiètent les exploitants. Christian Guinet se dit chanceux avec la perte en fin d'hiver de 5 à 8% de ses abeilles : « C'est ce que j'ai toujours connu ». Bruno Convert déclare plutôt 12% de pertes, « une perte minime ». Pour Yann Bresson, la perte est rude : 30% des abeilles ont disparu. « Chaque année, je rachète quelques ruches pour compenser. On sait qu'aujourd'hui, c'est plus de ruches et plus de travail pour obtenir la même quantité de miel ». Les apiculteurs savourent autant l'année 2018 que leur miel. Afin de limiter les pertes, il faut bien préparer les ruches à l'hiver. « On vérifie qu'elles aient assez de provisions pour passer l'hiver sinon, on remet un peu de sirop pour anticiper les réserves », explique Bruno Convert. C'est aussi la période pour les traitements contre le varoa et autres ravageurs des ruches, en attendant la récolte de l'été prochain.