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Noix

2019, une année " noisie " ?

Début octobre sonne la récolte des noix AOP de Grenoble, Jean-Luc Revol explique le contexte de cette année.
2019, une année " noisie " ?

Nuciculteur à Chatte, Jean-Luc Revol pense que ça « va être une bonne année. Mais ce ne sera pas le cas pour tous les nuciculteurs de l'Isère ».
Depuis le 2 octobre les nuciculteurs peuvent ramasser les noix AOP de Grenoble. La récolte est préparée toute l'année : entretien, déblayage, renouvèlement des arbres, protection de la plante, irrigation... et 15 jours avant, la tonte du gazon.

 

Une bonne année ?

Mais cette année, la maturité a du retard, et les noix ne tombent pas, « il faut une succession de chaleur et d'humidité, et nous en avons peu en ce moment », affirme Jean-Luc Revol. Mais alors comment peut-il dire que l'année sera bonne ?
« Il y a eu beaucoup d'eau en automne ce qui présumait une forte fructification. Et il y a eu peu de pluie l'été, donc les arbres ont été moins sujets à la maladie. De plus nous auront des noix de bonnes tailles qui seront plus facile à valoriser », indique-t-il. Cependant, pour d'autres nuciculteurs la récolte s'annonce bien moins bonne. Les tempêtes de l'été qui ont ravagé les vergers vont grandement impacter la qualité et le nombre de noix. « Les propriétaires de parcelles touchées par les tempêtes vont être en difficulté cette année. Les fruits sont abimés, ce qui demande un triage conséquent, il y aura moins de volume et la valorisation sera affectée (noix moins grosse). » Certaines parcelles ne seront même pas récoltées ce qui pourrait occasionner des soucis importants de trésorerie dans les exploitations.

 

La récolte

« Il faut savoir que, plus vite on ramasse la noix, meilleure est la qualité », affirme le nuciculteur. Jean-Luc Revol procède à trois ramassages avec la « ramasseuse », puis en fin de récolte il passe la secoueuse « sinon on a des noix jusqu'en décembre ». La secoueuse n'est passée qu'après le dernier ramassage pour ne pas créer une trop grande arrivée de noix dans la trieuse, « on aurait un besoin beaucoup trop important d'infrastructure et la rentabilité serait touchée ». Ensuite elles sont placées dans une sécheuse, pour mieux les conserver.

 

 

Des solutions ?

Les aléas climatiques qui semblent se multiplier d'année en année sont des évènements que l'on ne peut pas prévoir. Dans le futur, le problème du climat risque sévèrement toucher les vergers. « Pour palier à la sécheresse nous avons installé, il y a plusieurs dizaines d'années, un système d'irrigation », indique Jean-Luc Revol, « mais seulement la moitié des nuciculteurs du territoire en sont équipés, pour diverses raisons, certains n'en n'ont pas besoin et d'autres ne peuvent simplement pas en installer ».

« Cependant face aux tempêtes et à la grêle nous sommes impuissants, le mieux serait de pouvoir faire de la pluriculture pour pouvoir palier à ces problématiques. » Diversifier ses sources de revenus avec plusieurs autres cultures et ne plus être dépendants seulement d'une : l'idée fait son chemin chez certains producteurs.
Et pour éviter les surcoûts, le developpement de pratiques tels que la copropriété des machines et les investissements partagés aideraient grandement les nuciculteurs. « Dans le futur il faudra être un très bon comptable », conclut Jean-Luc Revol.

 

Gaëtan Loiseau