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Anciens exploitants

750 euros de retraite : est-ce normal ?

Les anciens exploitants agricoles de l'Isère étaient nombreux, mardi 2 avril à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, pour discuter retraite lors de leur assemblée générale.
750 euros de retraite : est-ce normal ?

« 750 euros de retraite pour une carrière complète, est-ce normal ? », interroge Jean-Paul Chavas, le président de la Section des anciens exploitants agricoles (SDAE) de l'Isère, lors de l'assemblée générale qui s'est déroulée mardi 2 avril à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs. Les retraites agricoles sont les seules en France à ne pas atteindre le taux minimum de 85% du Smic. Promesses non tenues par les gouvernements successifs, déni des élus, les représentants des retraités gardent pourtant espoir en la future réforme des retraites... qui ne devrait pas intervenir avant 2025.

Le budget, pour atteindre les 85% du Smic, s'élève à 480 millions d'euros pas an. C'est une somme, mais c'est aussi une question de société. Les anciens n'ont eu de cesse, à tous les niveaux, d'interpeler les élus à ce sujet. « Nous avons contacté tous les parlementaires en septembre dernier », explique Jean-Paul Chavas. A force d'insister, trois ont fini par les recevoir. Mais la délégation qui a rencontré la députée de la 6e circonscription reste abasourdie par l'incompréhension de l'élue. « Ok, on est des retraités, ok on est des agriculteurs. Mais de là à nous dire que c'est de notre faute et qu'il fallait y penser avant » : le président n'en est toujours pas revenu.

Atteindre 85% du Smic

En novembre dernier, c'est à l'initiative de la section régionale (Aura) des anciens exploitants, avec l'appui de la FNSEA, que le président de la SNAE, Jacques Dufréchou, envoie une lettre au président de la République faisant appel à la solidarité nationale pour atteindre les fameux 85%. La réponse revêt uniquement un caractère pratique : la faiblesse des retraites reflète la faiblesse des revenus agricoles, les taux de cotisation du milieu agricole sont plus faibles que chez les autres actifs et la solidarité nationale intervient déjà à hauteur de six millions d'euros par an injectés dans le régime agricole. Seule possibilité proposée par le président de la République : aller vers le minimum vieillesse (Aspa), réévalué à 900 euros, mais soumis à récupération... La solution pérenne n'interviendra pas avant la future réforme.

Lors du Congrès de la FNSEA à Nancy, c'est le ministre Didier Guillaume qui a été interpelé, la salle scandant « Les retraites ! ». Sa réponse se réfère aux travaux de Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites, qui visent le socle minimum de 85% (mais sans indexation) et un ratio un euro cotisé/un point de retraite. « Nous ne sommes pas un reste de la population à négliger », a lancé Annie Légier, secrétaire générale de la SNAE, invitée de l'assemblée générale. Elle a rappelé que les agriculteurs « ont payé en fonction de leurs revenus, qui ne sont pas mirobolants », ouvrant « à de petites retraites ».

Juste reconnaissance

Les anciens ont lancé une motion demandant « le respect et la juste reconnaissance du travail accompli », avec l'exigence de retraites indexées sur l'inflation au moins égales à 85% du Smic, une revalorisation annuelle forfaitaire, un traitement équitable des conjoints, le relèvement du seuil du barème pour le calcul de la CSG et CRDS de 5% pendant 5 ans, le rétablissement de la demi-part fiscale pour les veuves, veufs et invalides, une meilleure prise en charge de la dépendance et le développement des services en territoire rural. Autant d'espoirs destinés à contrer « la baisse de nos petits revenus », comme le précise Jean-Paul Chavas en énumérant une année 2018 ponctuée par la réforme des taxes, la hausse du carburant, la baisse des fermages et l'augmentation de l'impôt foncier.

Le président de la FDSEA Isère, Jérôme Crozat était « presque jaloux » de voir autant d'anciens réunis à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, aussi les a-t-il invités à engager un travail avec les JA pour étoffer les rangs du syndicalisme. Il a félicité « les deux Jean-Paul » pour leurs scores aux élections à la chambre d'agriculture à la tête des listes de la SDAE et des propriétaires fonciers. Il a également fait valoir les dossiers que la FDSEA avait menés avec succès : sécheresse et zones défavorisées simples qui ramèneront plusieurs millions d'euros dans l'économie agricole iséroise. Il a annoncé que la FDSEA se pencherait sur le projet de mutuelle groupée, « un loupé » qui mérite négociation.

Isabelle Doucet

 

Fiscalité

Le prélèvement à la source

Vincent Schneider, de Cerfrance Isère, a présenté un focus sur le prélèvement à la source (PAS) et l'évolution de la CSG pour les retraités.
Il a expliqué le mécanisme de « l'année blanche » 2018 - qui n'en est pas vraiment une - mais permet d'éviter de payer en 2019 l'impôt sur le revenu 2018 et le prélèvement à la source 2019. Cette régulation est aussi appelée Crédit d'impôt modernisation du recouvrement (CIMR).
Pour le conseiller, le PAS reste un accompte sur les revenus de l'année. Il apporte quelques précisons : en cas de modification du foyer fiscal (gain ou perte de parts), le déclarant dispose de 60 jours pour informer l'administration via le site impots.gouv.fr. Il est également possible de moduler ses prélèvements, mais seulement une seule fois par an. Les conditions pour baisser le taux sont que l'impôt réellement dû sur l'année soit au moins inférieur de 10 % et de 200 euros à l'impôt prélevé.
Concernant les prèlèvements obligatoires sur les retraites, quatre situations peuvent se présenter : exonération de la CSG, CRDS et Casa ; CSG à 3,8% (taux réduit) ; CSG à 6,6% (taux médian) ; CSG à 8,3% (taux normal). Ces trois derniers prélevements comprennent aussi la CRDS à 0,5% et le Casa à 0,3%. Le revenu de référence est celui de l'année N-2 (2017). Les trop perçus du premier trimestre 2019, suite aux mesures d'urgence économique, seront regularisés par l'administration.
Les revenus fonciers entrent dans le champ des versements d'accomptes. Les propriétaires de biens immobiliers ont vu en 2018 les prélèvements sociaux (CSG et CRDS) passer de 15,5% à 17.2 %.

Entendu en AG

Extranet :

Le réseau internet propres aux adhérents de la FDSEA dispose d'un département Aînés riche en outils au service des démarches administratives. Il propose aussi un Guide de la retraite et un Guide du veuvage.

Voyages :

Journée de l'amitié le 12 juin à Saint-Albin-de-Vaulserre (près de Pont-de-Beauvoisin)

Sortie « Canal » le 24 juin entre Roanne et Digoin.

Voyage en Italie, en Emilie Romagne, du 2 au 6 septembre.

Sortie à la Grotte Chauvet en Ardèche le 30 septembre.

Jean-Paul Prudhomme demande aux adhérents de se prononcer sur ces sorties, les voyagistes demandant un accompte de réservation.

Il précise aussi que les lieux de rendez-vous seront réduits à deux arrêts pour éviter les surcoûts.