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FDCuma

A l'ère des cuma connectées

Pour accroître l'efficacité du partage et simplifier la gestion du matériel, les cuma disposent de nouveaux outils numériques. Lors de l'assemblée générale de la fédération départementale des Cuma de l'Isère, le 10 mars à Chatte, plusieurs cuma ont croisé leurs expériences.
A l'ère des cuma connectées

Le lien, c'est un peu l'ADN des Cuma. Humain autant que matériel, il se décline aujourd'hui en mode numérique. Pour accroître l'efficacité du partage et simplifier la gestion du matériel, les Cuma disposent de nouveaux outils : boîtiers connectés, plateforme de géolocalisation, comptabilité, réservation du matériel en ligne… Lors de l'assemblée générale de la fédération départementale des Cuma (FDCuma) de l'Isère, le 10 mars à la MFR de Chatte, plusieurs témoignages ont démontré l'intérêt de ces outils.

Cuma géolocalisée

Dernière arrivée dans la trousse à outils numériques, la plateforme Mycumalink cartographie les cuma sur le territoire national et indique leurs activités. Accessible à tous et alimentée par la base de données Mycumadata, elle permet de faire des demandes ou de proposer des matériels en intercuma. Mais seuls les responsables ont accès à des données détaillées (liste des matériels, critères techniques, coordonnées, besoins...). Ils peuvent ainsi faire des recherches précises, en filtrant selon les critères techniques, les disponibilités ou les dates. Chaque Cuma peut également paramétrer sa fiche en faisant apparaître, ou non, certains matériels.

« L'intercuma existe déjà, mais ce logiciel fixe des règles et met en réseau : c'est un facilitateur, explique Mylène Delarue, animatrice du réseau pour l'Isère et la Drôme. Si on est intéressé par un matériel, il faut adhérer à la Cuma propriétaire, sachant que c'est elle qui fixe les règles d'utilisation. L'intérêt de Mycumalink est qu'il permet de rentabiliser au mieux le matériel, car il n'existe pas de limite de circonscription en intercuma. »

Réservation en ligne

Pour simplifier la gestion du matériel - et faciliter les relations entre adhérent -, les cuma peuvent utiliser Mycumaplanning. Ce logiciel permet de réserver le matériel, visualiser où il se trouve, qui l'utilise et jusqu'à quand, mais aussi de relever les compteurs et de déclarer les incidents. Les quelques bugs de la première version étant résolus, l'outil commence à convaincre les Cuma. Celle de Saint-Pierre-de-Paladru l'a testé au printemps 2020 et l'a adopté. « Avant, pour réserver le matériel, tout se passait par mail, avec une boîte et un agenda dédiés, raconte Thierry Seigle-Vatte, le président de la Cuma. Nous avons mis en place ce système en 2012 pour gérer un tracteur et un épandeur, ce qui nous a permis de gagner 100 heures d'exploitation dès la première année. Mais en 2018, le responsable a pété un câble : nous avons trois plateaux fourragers et tout le monde voulait le matériel en même temps. Nous avons alors entamé une réflexion sur la réservation du matériel. L'animateur de la fédération nous a proposé d'installer Mycumaplaning. »

L'outil séduit, mais pas tout le monde. Une journée de formation est organisée au printemps 2019 pour prendre en main le logiciel et, à la grande surprise du président, tous les adhérents ou presque la suivent. « Tout le monde s'y est mis et ça fonctionne très bien, assure Thierry Seigle-Vatte. C'est très simple d'utilisation : il suffit d'un smartphone et d'un mot de passe. Ça simplifie la vie, ça permet de gagner du temps et ça fluidifie la réservation. On peut même réserver pour quelqu'un si la personne ne se sent pas à l'aise avec l'outil. »

Le système présente trois gros avantages : il est simple à manier, soulage le responsable d'un certain nombre de coups de fil (pour localiser le matériel, prévenir les uns et les autres de sa mise à disposition...) et permet d'optimiser l'utilisation des engins. Mais, préviennent les utilisateurs les plus convaincus, cela nécessite de respecter certaines règles et exige de la rigueur. « Si un adhérent freine, ça ne marche pas, confirme Pascal Ravix, de la Cuma du Moucherotte. Il faut aussi que tout le monde y trouve son compte. Dans notre Cuma par exemple, nous avons surtout du matériel de fenaison. Si quelqu'un le réserve pour trois jours, c'est mort pour tous les autres. »

Boîtiers connectés

Autre petit outil fort utile pour simplifier la gestion du matériel : les boîtiers connectés branchés sur l'allume-cigare qui permettent de localiser les machines et d'enregistrer de nombreuses données, notamment les heures réalisées. Les adhérents de la Cuma du Moucherotte en ont installé une quinzaine sur leurs machines il y a deux ans et s'en disent très satisfaits. « Le boîtier "sait" en permanence où il est et ce qu'il fait, explique Pascal Ravix. Il calcule les hectares, les heures travaillées, les kilomètres parcourus... A la fin de l'année, on a toutes les données sur l'ensemble des matériels. Ça permet de faire de l'analytique, de calculer le rendement, ce que ça coûte à l'hectare. »

Rapidement amortis, ces boîtiers peuvent aussi enregistrer les épandages. « C'est autant de travail en moins », précise Pascal Ravix. Et Emeric Barbier, le tout nouveau président de la FDCuma, de conclure : « Comme les données sont mémorisées par la machine, ça peut  aussi éviter des conflits. »

Marianne Boilève

Un nouveau président pour la FDCUma

Lors de son assemblée générale, le 10 mars dernier à Chatte, la Fédération des Cuma de l'Isère a procédé à l'élection d'un nouveau bureau. Annonçant sa volonté de remettre son mandat en jeu, le président Eric Greffe-Fonteymont lancé un appel au peuple : « Dans une Cuma, il ne suffit pas de renouveler le matériel : il faut aussi renouveler les générations ! »
Message reçu cinq sur cinq par Dylan Rochas, 25 ans, éleveur à Méaudre et vice-président de la Cuma du Moucherotte, qui a annoncé quitter les JA pour rejoindre le bureau de la FDCuma. Stacha Laget, exploitante à Beaurepaire et trésorière de la Cuma du Pays beaurepairois, a également répondu à l'appel. Pour la jeune agricultrice, qui « essaie de faire revivre » sa propre cuma, cet engagement est synonyme d'ouverture. « C'est intéressant de rencontrer et de travailler avec les autres, estime-t-elle. Surtout qu'à la fédération, ils voient les nouveaux comme vecteurs d'idées nouvelles. Et puis, il n'y avait pas de femme dans le bureau : il en fallait bien une ! »
A l'issue de l'assemblée générale, le bureau a procédé à l'élection du nouveau président, Emeric Barbier, ainsi que du nouveau vice-président, Dylan Rochas. Didier Veyron reste trésorier et Cédric Giroud, secrétaire.
MB