Accès au contenu
Syndicat des éleveurs Charolais de l'Isère

A la rencontre de Flamingo

La rencontre entre les éleveurs Charolais de l'Isère et le jeune mâle reproducteur que vient d'acheter leur syndicat, Flamingo, en marge de l'assemblée générale de l'association, le 20 janvier à Charette, a ressemblé au début d'une grande histoire d'amour, même si ce taureau de onze mois a encore tout à prouver.
A la rencontre de Flamingo
Le thème majeur de la dernière assemblée générale du syndicat des éleveurs Charolais de l'Isère, le 20 janvier à Charette, était la présentation du jeune taureau reproducteur dont il a fait l'acquisition en septembre dernier, lors de la vente nationale des veaux au Marault. L'aide aux éleveurs pour le choix et l'approvisionnement en reproducteurs de qualité étant l'un des principaux objectifs poursuivis par le syndicat, « nous avons acquis un mâle de très bonne valeur génétique dont les doses seront mises à disposition des éleveurs à des prix abordables* pour leur permettre de créer une nouvelle souche maternelle sur leurs élevages, a expliqué Raphaël Loveno, le président. Suite à la production de quinze embryons avec la vache Nevada en deux ans, nous avons souhaité acquérir de la génétique différemment ».
Un taureau d'élevage
« Né à Decize, dans la Nièvre, au sein de l'EARL Touillon Moiron (dont le syndicat propose une visite au mois d'août), puis élevé à Guillon, dans l'Yonne, près de la Côte-d'Or, Flamingo est un fils d'Archibeau, qui a beaucoup de viande dans le dos, et de Lambada, une belle vache qui a déjà produit treize veaux, en a un quatorzième en gestation et présente des index réguliers, a détaillé David Rivière, le vice-président du syndicat. Il a obtenu les premiers prix des trois concours auxquels il a déjà participé et nous pouvons supposer qu'il transmettra sa capacité de croissance à sa descendance. Mais, du fait de son poids à la naissance (59 kilos) et de ses quelques 600 kilos actuels à onze mois, il ne faudra pas le mettre sur des génisses ».
Dans le détail, « ce taureau de type élevage possède un bon carré, un bon dessus d'épaule, a complété François Robergeot, le technicien du herd book Charolais, une fois le groupe arrivé sur l'exploitation de Maurice Perron, qui avait l'animal en pension depuis le mois de novembre, avant son départ pour le centre de prélèvement de semences de l'UCATRC, à Creuzier-le-Neuf, dans l'Allier, le 21 janvier. Aujourd'hui, on peut lui reprocher un peu son dos, pas très horizontal. Il faudra aussi lui couper un peu les sabots, car il a tendance à courber les pieds, ce qui donne l'impression que ses aplombs ne sont pas très droits, alors qu'ils sont bons, tout comme sa profondeur de poitrine. C'est aussi un taureau qui a de la longueur. Il faut l'utiliser sur des vaches qui ont un peu de dos, mais il va amener de bonnes choses ».
Le long parcours de l'indexation
Pour amortir cette dépense de près de 12 000 euros, le syndicat a commandé 3 000 doses. « Comme Flamingo n'a pas encore été évalué, il n'est pas possible de les utiliser sur un troupeau qui n'est pas inscrit auprès de l'organisme de sélection, a indiqué Clotilde Genève, la conseillère en élevage bovin viande de la chambre d'agriculture de l'Isère. Ces élevages risquent de devoir attendre la campagne de reproduction 2013-2014, voire celle de 2014-2015 si les index sortent un peu tard. Afin de pouvoir utiliser ses doses dès la prochaine campagne, il faut donc s'engager nominativement avant le cinq mars prochain ».
L'indexation du taureau en 2014 ne sera possible que si 25 produits de Flamingo sont déjà connus à cette date. Le syndicat invite donc l'ensemble de ses membres à prendre de la semence, même s'il s'agit d'un taureau « à tester », selon l'expression de Jacky Martin, d'Eliacoop, qui conseille de « ne pas trop en mettre la première année ». Pour lever les freins à l'investissement dans la génétique, l'association des éleveurs Charolais de l'Isère propose une aide à l'achat de reproducteurs, à la transplantation embryonnaire ou à l'utilisation de doses d'insémination de grands raceurs. Elle est valable une fois sur les années 2010-2011 et sur présentation de justificatifs.
Cécile Fandos
*Dix euros par dose pour les adhérents, les anciens adhérents ayant cotisé au moins une année depuis 2005, ainsi que les nouveaux adhérents installés depuis moins de cinq ans ; vingt euros pour les autres nouveaux adhérents et quarante euros pour le reste des éleveurs.
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Beaucroissant d'avril
Le recrutement ouvert
L'assemblée générale est l'occasion de rappeler l'importance de la foire de Beaucroissant d'avril pour le syndicat Charolais de l'Isère (le stand Charolais étant tenu par la fédération régionale à l'automne). « Le restaurant et la buvette représentent une mise de fonds de 22 000 euros environ, mais aussi près de 29 000 euros de recettes », a indiqué le trésorier de l'association, Hubert Luc-Pupat. « Vitale pour le syndicat, l'organisation de cette manifestation passe par l'implication de tous, a souligné Raphaël Loveno. L'an dernier, il manquait au moins deux personnes le samedi ». Le président des éleveurs Charolais de l'Isère compte sur eux les 16 et 17 avril prochains.
C.F.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Beaucroissant de septembre
La fin de l'aide du conseil général ?
En ce qui concerne la foire d'automne, Maurice Perron a annoncé une mauvaise nouvelle lors de l'assemblée générale du syndicat des éleveurs Charolais de l'Isère. « La subvention de 11 000 euros promise par le conseil général pour l'organisation du dernier concours inter-départemental n'a pas été versée. La fédération Charolais Sud-Est qui porte la manifestation va devoir faire des économies et apprendre à se débrouiller sans les aides ». « Ce qui se dessine, c'est en effet un désengagement complet du Département », a complété Serge Herrenberger, le responsable Elevage de la chambre d'agriculture.
« Quand je parle de nos difficultés financières, j'ai l'impression de prêcher dans le désert, a réagi Christian Nucci, le vice-président du conseil général en charge de l'agriculture, contacté par téléphone au lendemain de l'assemblée générale. Nous n'avons rien promis et nous avons envoyé une lettre le 12 octobre pour prévenir que nous n'étions pas en mesure de verser cette subvention, ce qui n'est pas une date inhabituelle, dans la mesure où des décisions budgétaires sont prises tout au long de l'année ».
C.F.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------