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Europe

A quoi ça sert la citoyenneté européenne ?

Invitée à participer à un débat sur la citoyenneté européenne jeudi dernier à Science-Po Grenoble, Sylvie Guillaume, vice-présidente du Parlement européen, a engagé son auditoire à faire entendre sa voix. Comment ? C'est toute la question...
A quoi ça sert la citoyenneté européenne ?

Comment se faire entendre du « machin » ? Sylvie Guillaume, eurodéputée et vice-présidente du Parlement européen, sait qu'il y a un « problème ». Voilà pourquoi elle a commencé par engager les quelque 200 étudiants – et quelques têtes chenues – présents dans l'amphi de Sciences-Po Grenoble à « se saisir des opportunités qui [leur] sont ouvertes » : consultation, pétition, saisie du médiateur, interpellation des eurodéputés... L'élue en a également profité pour « rappeler » (sic, car qui est au courant ? ) que, depuis septembre, une consultation sur la citoyenneté de l'Union invite tous les citoyens européens à « donner son avis sur les valeurs communes, les droits et la participation démocratique au sein de l'UE » (1). Par cette enquête, la Commission souhaite connaître les « obstacles quotidiens » auxquels les citoyens peuvent « être confrontés en tant qu'Européen, vivant, étudiant, travaillant, voyageant ou effectuant des achats dans l'UE ».
Si cette consultation ne risque pas de changer la face de l'Europe, elle met en lumière une certaine volonté politique d'accroître la participation des citoyens « par un exercice de démocratie directe », insiste Sylvie Guillaume. Un étudiant lui rétorque qu'« on a l'impression que les mouvements citoyens (référendum en 2005, mobilisation du peuple grec...) sont oubliés » : « Vous nous proposez des initiatives européennes, mais est-ce que, dans les faits, l'Europe ne nie pas complètement la citoyenneté européenne ? » L'eurodéputée botte un peu en touche, arguant que « s'il y a un mouvement qui ne va pas se faire oublier, c'est celui contre les négociations du Traité transatlantique (TAFTA). C'est parti d'une négociation commerciale qui s'est déroulée de manière totalement opaque. Mais le Parlement, poussé par les citoyens, a obtenu que ce soit un peu plus transparent. C'est pour moi exemplaire : ça permet de ne pas désespérer de l'Europe ! »

Erasmus pour les apprentis

Reste à faire en sorte que tout le monde se sente concerné par ladite Europe. Une étudiante en sciences politiques, consciente de sa non-représentativité, soulève le manque d'informations et de visibilité des événements organisés par les institutions européennes. « Comment faire pour diversifier et améliorer la participation des citoyens européens, notamment les plus jeunes ? » On est là au cœur du débat. Sylvie Guillaume lui donne raison en notant qu'il existe des quantités d'outils de communication, mais si nombreux « que personne ne s'en saisit et ne s'en sert ». L'élue propose plusieurs pistes, invitant son auditoire à participer aux événements à destination des jeunes initiés par l'Europe, comme EYE en mai 2016 (2), et à s'emparer de tous les outils mis à leur disposition. A commencer par le plus efficace d'entre eux, Erasmus. Après avoir manqué de disparaître, ce dispositif en faveur de la mobilité des étudiants a finalement été reconduit (avec un budget en hausse de 40%) et élargi aux apprentis. Et l'eurodéputée de lancer : « Apprentis, allez-y ! » Puisse-t-elle être entendue.

Marianne Boilève

(1) Cette consultation publique en ligne est ouverte jusqu'au 7 décembre 2015 à l'adresse suivante : https://ec.europa.eu/eusurvey/runner/EUCitizenship?surveylanguage=FR
(2) Le Parlement européen ouvrira ses portes à Strasbourg, les 20 et 21 mai 2016, à des milliers de jeunes originaires de tous les pays de l'Union européenne pour échanger des points de vue et des idées avec des décideurs européens.