Agriculteurs et élus locaux prêts à dialoguer
C'est à ça que servent les assemblées générales de territoire de la FDSEA. A créer du lien. D'abord entre les agriculteurs locaux, puis entre eux et la fédération départementale. Enfin, le cas échéant, avec des élus locaux. C'est exactement ce qui s'est passé la semaine dernière à Passins, secteur où Jérôme Crozat, membre du bureau de la FDSEA de l'Isère, a réuni une vingtaine d'exploitants agricoles locaux et invité Olivier Bonnard, président de la communauté de communes des Balcons du Dauphiné. Celui-ci est aussi conseiller régional et c'est donc à ce double titre que sa présence se justifiait. Car le secteur agricole, avec les nouvelles répartitions de compétences administratives, va avoir essentiellement affaire à ces deux types de collectivités locales, même si le Département peut encore intervenir en appui. « La Région est un co-financeur important, explique l'élu du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes. Nous voulons favoriser et soutenir l'agriculture locale, une marque régionale des produits (sans doute en 2018), accompagner la transformation des produits agricoles, mais tout cela doit aussi s'accompagner d'une simplification des dossiers de demandes de financement ». Car l'élu constate des formulaires beaucoup trop compliqués et volumineux, décourageant largement les bonnes volontés. Certains agriculteurs ont d'ailleurs fait remarquer que certains travaux portant sur l'irrigation ont été soit abandonnés, soit réalisés sans demandes d'aides régionales, « les dossiers étant trop gros à faire ». C'est une réalité surtout pour une profession dont l'activité essentielle est effectuée à l'extérieur, mais qui est de plus en plus accaparée par le remplissage de formulaires en tout genre. Jérôme Crozat estime cependant que « même pour 2 ou 3 000 euros, cela vaut le coup de passer une ou deux journées ». Olivier Bonnard regrette également « ce découragement à la simple lecture d'un dossier ». « Nos trois priorités portent sur la rénovation et la création de bâtiments d'élevage, l'investissement en faveur de la transformation et l'encouragement à l'installation des JA », insiste-t-il, en précisant que « les études préalables ne seront plus aidées afin de favoriser une appropriation des projets par les porteurs, et d'arriver ainsi à une plus grande maturité des dossiers aidés ».
Si l'élu veut davatage de fluidité dans les relations avec les acteurs économiques locaux, il se heurte cependant à une question de représentativité. « En matière de définition de politique locale, d'échanges avec la profession, d'élaboration de projets, avec qui dois-je travailler ? s'interroge-t-il. J'ai plusieurs interlocuteurs : la chambre d'agriculture, le comité de territoire, l'union cantonale de la FDSEA, le CCJA... » Jérôme Crozat lui a promis d'apporter des éclaircissements.
Jean-Marc Emprin
Vigilance administrative.
Inhérents aux très nombreuses déclarations et montages de dossiers que les exploitants agricoles doivent réalisés, les hiatus administratifs sont de plus en plus nombreux. « Attention à votre taux de conformité qui doit être égal à 100%, prévient Sonia Perrin-Caille, animatrice de la FDSEA de l'Isère, lors de la réunion de territoire organisée à Passins. Un taux inférieur va avoir une répercussion directe sur le taux de paiement vert. » 350 dossiers sur 4 000 seraient concernés dans le département.Un arrêté sur l'utilisation professionnelle des produits phytosanitaires est en consultation publique en ce moment. « La version actuelle prend en compte les réalités professionnelles, estime Jérôme Crozat, de la FDSEA de l'Isère. Les agriculteurs doivent donner leur avis, car en ces périodes électorales le sujet est sensible. » Le représentant syndical appelle cependant à la vigilance locale car des mesures restrictives peuvent être prises par les maires. Un dialogue avec les élus locaux est donc nécessaire afin que le principe de réalité soit respecté.
Les droits à paiements de base en cas de transfert (dans le cadre des transferts de référence dans les Gaec) peuvent entraîner des difficultés, signalent les animateurs du syndicat. Les exploitants concernés doivent y être attentifs surtout que l'examen des dossiers est réalisé avec un décalage temporel important.
JME