Année pédagogique pour la gestion collective
Ouf, tout s'est à peu près bien passé. La première année de fonctionnement de l'organisme unique de gestion collective de l'eau (OUGC), piloté par la chambre d'agriculture de l'Isère, s'est déroulée sans anicroche. Les volumes attribués (65,25 millions de m3) ont globalement été respectés. Sur les 1 137 attributions notifiées aux unités de gestion en 2018, 237 ont été en dépassement (21%), ce qui représente 92 623 m3 consommés sans attribution. « Ce doit être une erreur d'estimation, suppose Nathalie Jury, technicienne en charge de l'OUGC. Il y a parfois plusieurs pompes mobiles, ce qui explique 175 dépassements sur 237. » Plusieurs irrigants demandent ce qui se passe en cas de dépassement. « Cette année est une année de mise en œuvre, rassure Clémentine Bligny, de la DDT. Nous en sommes au stade de la pédagogie. Mais par la suite, c'est la police de l'eau classique qui prendra le relais. L'OUGC ne contrôle pas : elle se charge de faire la synthèse des besoins. »
Pompage et comptage
Pour éviter les problèmes cette année, la technicienne recommande aux irrigants de bien vérifier les notifications de volumes attribués, de prendre connaissance du calendrier de pompage le cas échéant, mais aussi du calendrier de sécheresse et de le mettre en application en cas d'activation d'un arrêté sécheresse. « Des dérogations sont possibles pour les cultures spécialisées, comme le maraîchage, les cultures sous serre ou les petits fruits. Dans ce cas, vous pouvez proposer votre arrêté propre. » Un arboriculteur s'inquiète de savoir si l'eau utilisée pour le système antigel des arbres fruitiers est comptabilisé dans les attributions. « L'arrêté préfectoral définit un volume global pour l'irrigation, répond Nathalie Jury. Ça exclut l'abreuvement, le remplissage des pulvé, l'antigel, le lavage des noix et des légumes. Néanmoins, ces volumes sont intégrés dans vos relevés de compteur : il faut les indiquer à part. »
La technicienne invite également les irrigants à vérifier l'état de marche de leurs compteurs pendant la saison, de façon à éviter les problèmes pour la déclaration des volumes, et de signaler rapidement tout changement de situation. « Attention à ne pas faire de demandes qui n'existent pas, insiste-t-elle. Les demandes sont réactualisées chaque année : ne demandez pas des volumes si vous ne faites pas de culture sur une parcelle : ça risque d'impacter les attributions pour les autres demandes. »
MB