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Numérique

Apprendre à télédéclarer

La plupart des démarches administratives peuvent aujourd’hui se faire sur Internet. Une facilité pour certains, une vraie difficulté pour d’autres.

Apprendre à télédéclarer

Mi-avril, le service de télédéclaration en ligne des impôts sera ouvert. Depuis cette année, la majorité des Français doivent déclarer leurs revenus en ligne sous peine d'amende. Mais tout le monde ne sait pas forcément se servir d'un ordinateur. Encore moins s'y retrouver dans ces sites administratifs aux multiples pages et onglets. L'association L'Age d'or a donc organisé à la Maison des associations de Grenoble une conférence pour répondre aux interrogations des personnes en difficulté sur ces démarches en ligne.
La décision de télédéclarer en ligne a été prise parce qu'elle présente quelques avantages. Pour l'administration, ce système est plus rapide et plus efficace pour traiter les dossiers tout en limitant les erreurs. Pour les usagers, les frais d'affranchissement et de déplacements sont limités sans oublier l'absence de contraintes horaires. « C'est facile quand on sait et qu'on a tout ce qu'il faut », explique Hugo Eymard-Duvernay, médiateur numérique à l'association. Pour télédéclarer, on doit déjà avoir un ordinateur, une bonne connexion internet, une adresse mail active, un compte créé... et ce n'est pas le cas de tous. Pour certaines démarches, il est encore possible de le faire au format papier. Ce sera cependant de plus en plus rare et certains organismes imposent des frais. Certains lieux publics comme les Maisons des habitants travaillent avec des écrivains publics chargés d'aider les personnes en difficulté sur les questions administratives.

Remplacer l'humain

Passé le cap du matériel, il faut encore savoir se servir d'internet. « Il n'y a pas d'étape A, B, C ou D pour créer un compte. Chaque site est différent mais, comme pour le code de la route, si on reconnaît les signaux, on peut tout faire », rassure le médiateur.

Muni de son numéro fiscal et de son numéro télédéclarant, Renaud Soulat, le second médiateur, n'hésite pas à faire une simulation de télédéclaration sur le site des impôts pour montrer « le trajet » à effectuer. « Le site est assez bien fait. Une fois que vous êtes connecté, vous n'avez qu'à cliquer sur « Déclarer », « Payer », ou encore « consulter » ce que vous avez déjà entré comme informations », explique-t-il. D'autres services sont également accessibles en ligne comme refaire sa carte d'identité ou sa carte vitale, consulter son compte en banque ou encore porter plainte. Mais le virtuel a ses limites pour des questions de sécurité : « Il faut être physiquement présent devant quelqu'un à un moment de la procédure pour enregistrer vos empreintes digitales ou pour signer un document », explique Hugo Eymard-Duvernay. Un passage obligé qui en rassure certains... « La convivialité de la machine, merci ! », maugrée une dame. « Le numérique ne s'apprend pas tout seul. Il y aura toujours besoin d'accompagnement humain, que ce soit pour les personnes âgées, pour les personnes ne parlant pas français ou les malvoyants », confirme-t-il.

Attention aux arnaques

Malgré le travail sur l'accessibilité des outils, les craintes persistent. « Je ne veux pas payer en ligne », explique une spectatrice. « Je ne rentrerais pas mes coordonnées de carte bancaire sur internet », déclare une autre. Ces craintes semblent légitimes quand on voit les arnaques envoyées par mail aux couleurs d'organismes français. « Tout ce qui est officiel, c'est le bon support pour arnaquer », confirme Hugo Eymard-Duvernay. Afin de ne pas tomber dans le piège du hameçonnage, il est conseillé de vérifier l'intitulé du site internet ou de l'adresse mail. « S'il y a un mot suspect ou qui n'a pas de lien avec l'administration, n'y allez pas », confirme-t-il. Il faut aussi surveiller les fautes d'orthographe et les formulations étranges. En cas de doute, il est toujours possible d'appeler l'organisme pour savoir s'il est bien l'émetteur du mail. En faisant attention à la source des mails ou en se connectant directement sur les sites administratifs sécurisés, le paiement en ligne est sans risque. « J'ai sauté le pas. Mais j'utilise ma tablette. Je ne veux pas d'ordinateur », confirme une participante.

Virginie Montmartin