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Influenza aviaire

Arrêté « biosécurité » : les élevages doivent s'adapter

Depuis l’apparition d’une épizootie d’influenza aviaire fin 2015 dans le sud-ouest de la France, un arrêté visant à renforcer les mesures de biosécurité dans les élevages avicoles a été élaboré. Des formations obligatoires sont mises en œuvre pour l'expliquer.
Arrêté « biosécurité » : les élevages doivent s'adapter

Toutes les exploitations de volailles et d'oiseaux captifs détenus à des fins commerciales sont concernées par cet arrêté « biosécurité » du 8 février 2016, qu'il s'agisse de grandes structures ou de plus petits ateliers. En vigueur depuis le 1er janvier 2016, il a pour objectif la mise en place de mesures de prévention contre l'influenza aviaire.

« Afin d'empêcher l'introduction dans les exploitations de volailles du virus de l'influenza aviaire et de limiter le risque de diffusion, l'arrêté précise les mesures de biosécurité applicables en matière de protection physique ainsi que les conditions de fonctionnement des élevages », explique l'Itavi, l'Institut technique des filières avicoles, cunicoles et piscicoles.

Dans ce cadre, les éleveurs ont l’obligation de suivre une formation d'une journée, rédiger et mettre en place un plan de biosécurité et déclarer les mises en place de volailles.

La chambre d'agriculture et le GDS (Groupement de défense sanitaire) de l'Isère proposent un cycle de formations * qui ont vocation à informer les éleveurs des risques liées à l'influenza aviaire et des mesures à mettre en place dans les exploitations pour éviter sa propagation. Il a commencé le 12 février à Rives.

Séparer

Le plan de biosécurité intégré dans l'arrêté contraint les éleveurs à diviser leur élevage en unité de production indépendante, avec une conduite en bande unique, suivie d’un nettoyage, d’une désinfection et d’un vide sanitaire complet. « Ces mesures peuvent exister naturellement dans certains élevages de type intégré, mais elles peuvent s'avérer compliquées à mettre en place dans des exploitations de petite taille ou de plein air », concède Aurore Tosti, technicienne au GDS. Et d'ajouter : « Une dérogation peut cependant être acceptée dans le cas où la surface des bâtiments n'excède pas 750 mètres carré. Dans ces circonstances, le vide sanitaire peut s'envisager différemment ». La séparation de l'élevage en différentes zones (parties publiques où l'accès des visiteurs est autorisé et d'autres professionnelles réservées) est aussi de mise pour limiter le nombre de personnes et leur circulation dans l'enceinte des installations. « Nous expliquons également aux éleveurs qu'ils doivent impérativement séparer les palmipèdes des poules pondeuses et des volailles à rôtir, car les premières espèces, qui restent plus longtemps dans les exploitations, peuvent être des porteurs sains de la maladie. Nous leur indiquons aussi qu'ils doivent se changer et nettoyer leur matériel quand ils vont d'une unité à une autre », explique Gilles Testanière de la chambre d'agriculture.

Les conséquences en cas de manquement au respect de cet arrêté peuvent être importantes. Les éleveurs peuvent se voir imposer la claustration des volailles, un vide sanitaire complet de l'élevage et l'interdiction de mise en place de nouvelles bandes.

A l'écoute

« Le sujet préoccupe les éleveurs de volaille, d'autant plus que nous sommes dans un département qui compte de nombreux élevages de petite ou moyenne taille », reconnaît Claude Colardelle, directeur de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) de l'Isère. S'il estime que les mesures d'hygiène, de fonctionnement de l'exploitation, de circulation des véhicules, etc - qui relèvent du bon sens et ne nécessitent pas d'importants investissements - doivent être mises en œuvre sans délai, il admet que dans certaines situations, des travaux devront être réalisés. A l'écoute, il indique que  « des délais pourront être envisagés ».

 

* Une première journée, obligatoire, prévoit l'explication de l'arrêté et une réflexion des éleveurs sur leur plan de biosécurité. La seconde, facultative, intègre la rédaction du plan.

Les dates des formations sont à retrouver dans l'agenda.

 

Pour aller plus loin : www.itavi.asso.fr

Isabelle Brenguier