Belledonne
Atouts et contraintes des parcs naturels régionaux
Développement territorial/Porteur d'espoirs, mais suscitant aussi quelques craintes, le projet de territoire porté par l'Espace Belledonne était au coeur des débats lors de la dernière assemblée générale de l'association pour le développement de l'agriculture de Belledonne.
« Deux conditions doivent être réunies en Rhône-Alpes pour que la Région mette un projet de parc naturel régional (PNR) à l'étude : des élus motivés et un capital environnemental d'envergure nationale », nous avait déclaré Eliane Giraud, la conseillère régionale déléguée aux parcs naturels régionaux au mois de décembre, suite à la dernière réunion de l'assemblée plénière de l'Espace Belledonne. Voilà déjà quelques mois, en effet, que cette association d'élus locaux a décidé de se lancer dans l'ébauche d'un projet de territoire allant au-delà du programme Leader du massif. Ce faisant, « il s'agit de se projeter dans l'avenir pour choisir le meilleur scénario de développement, sur la base d'une vision du futur largement partagée, d'une volonté collective organisée de construire l'avenir et d'une identité recherchant l'équilibre entre les ressources naturelles, sociales et économiques », précise le site internet de la structure.
Une nécessaire prudence
Comme, par ailleurs, le résultat de l'étude dite « de capacité environnementale » préalable à la création d'un PNR commandée par la Région s'avère positif, le projet de parc naturel régional de Belledonne semble en bonne voie. Il était donc temps d'en débattre avec les agriculteurs du massif. « Nous n'avons pas cherché à travailler en catimini, mais la décision de créer un PNR appartient aux élus. C'est pourquoi nous nous sommes d'abord adressés à eux, a tout de suite clarifié Jean Picchioni, le président de l'Espace Belledonne, lors de l'assemblée générale de l'association pour le développement de l'agriculture de Belledonne (Adabel), le 31 mars au Pinet d'Uriage. Mais cela n'empêche pas qu'un parc naturel régional ne peut fonctionner sans les agriculteurs qui y travaillent ».
En dehors du maire de Sainte-Agnès, Claude Blanc-Coquand, on les a pourtant peu entendu au cours de ce débat. Ce dernier a exprimé ses craintes que le projet de territoire qui verrait le jour dans le cadre d'un PNR soit trop centré sur la protection de l'environnement, et pas suffisamment sur le développement économique du massif. « Il ne faudrait pas expertiser seulement la valeur environnementale de la chaîne, car ce sont également les hommes qui font sa valeur patrimoniale. Si nous n'affirmons pas cette vision dès le départ, nous risquons de ne plus être maîtres à bord ». La réglementation stipule bien qu'à côté de la protection et la gestion du patrimoine naturel et culturel, le développement économique, social et l'aménagement du territoire sont des missions à part entière des PNR. Le reste de l'étude de faisabilité du PNR traitera ces points. Mais Claude Blanc-Coquand s'inquiète malgré tout de voir que, dans d'autres parcs, l'ensemble des acteurs locaux ne se sent pas forcément représenté. « Nous devons nous montrer extrêmement prudents en nous avançant dans cette voie, surtout les agriculteurs, qui sont ultra minoritaires en montagne également ».
Une bonne dose de pragmatisme
Le témoignage de Cédric Laboret, président de l'association des agriculteurs du PNR des Bauges (reconnue comme commission agricole du syndicat mixte), a partiellement répondu à ces appréhensions. « Les mesures de protection de l'environnement peuvent remettre en cause le bon déroulement de l'activité agricole, a reconnu cet éleveur de Lescheraines dont la production est transformée en tome des Bauges par la coopérative de la commune. Mais parc ou pas, si des espèces listées par les directives Natura 2000 sont identifiées à un endroit, le site sera classé. La question est donc : comment gère-t-on les mesures de protection ? Est-ce qu'il ne vaut mieux pas les mettre en oeuvre en concertation avec les habitants et les personnes exploitant ces secteurs plutôt que d'y envoyer des techniciens extérieurs au territoire une fois de temps en temps ? Dans un parc, ce sont les élus locaux qui sont aux manettes et qui peuvent répondre à cette question, ce qui fait que les situations sont différentes d'un parc à l'autre. En ce qui concerne le massif des Bauges, le PNR a joué un rôle d'interface et a permis de rétablir le dialogue entre écologistes et agriculteurs. Nous avons pu montrer que la petite fleur protégée par Natura 2000, c'est l'agriculture qui lui avait permis d'être là et qu'il fallait faire en sorte que les exploitants agricoles puissent poursuivre leur activité. Cela a été possible car les agriculteurs ont fourni des efforts, récompensés par l'image dont bénéficient aujourd'hui nos produits ».
Même si « tout n'est pas rose », Cédric Laboret formule le même constat sur le dialogue entre agriculteurs et élus locaux. « Nous avons pris l'habitude de nous rencontrer et, dans le cadre de mon mandat à la chambre d'agriculture, je constate que nous avons plus de facilités à nous parler qu'ailleurs dans les deux Savoie. Sans oublier que l'accès direct à la Région facilite le financement de projets ».
Et du pain sur la planche
Pour la maire de Laval, Christine Joy, également vice-présidente à l'agriculture de la communauté de communes du Grésivaudan, il faut donc « y aller. Pas que pour l'argent. Mais, de toute façon, les financements, nous ne les décrocherons que si nous montons un projet de développement solide. Notre entrée est donc bien économique ».
Cécile Fandos
Une nécessaire prudence
Comme, par ailleurs, le résultat de l'étude dite « de capacité environnementale » préalable à la création d'un PNR commandée par la Région s'avère positif, le projet de parc naturel régional de Belledonne semble en bonne voie. Il était donc temps d'en débattre avec les agriculteurs du massif. « Nous n'avons pas cherché à travailler en catimini, mais la décision de créer un PNR appartient aux élus. C'est pourquoi nous nous sommes d'abord adressés à eux, a tout de suite clarifié Jean Picchioni, le président de l'Espace Belledonne, lors de l'assemblée générale de l'association pour le développement de l'agriculture de Belledonne (Adabel), le 31 mars au Pinet d'Uriage. Mais cela n'empêche pas qu'un parc naturel régional ne peut fonctionner sans les agriculteurs qui y travaillent ».
En dehors du maire de Sainte-Agnès, Claude Blanc-Coquand, on les a pourtant peu entendu au cours de ce débat. Ce dernier a exprimé ses craintes que le projet de territoire qui verrait le jour dans le cadre d'un PNR soit trop centré sur la protection de l'environnement, et pas suffisamment sur le développement économique du massif. « Il ne faudrait pas expertiser seulement la valeur environnementale de la chaîne, car ce sont également les hommes qui font sa valeur patrimoniale. Si nous n'affirmons pas cette vision dès le départ, nous risquons de ne plus être maîtres à bord ». La réglementation stipule bien qu'à côté de la protection et la gestion du patrimoine naturel et culturel, le développement économique, social et l'aménagement du territoire sont des missions à part entière des PNR. Le reste de l'étude de faisabilité du PNR traitera ces points. Mais Claude Blanc-Coquand s'inquiète malgré tout de voir que, dans d'autres parcs, l'ensemble des acteurs locaux ne se sent pas forcément représenté. « Nous devons nous montrer extrêmement prudents en nous avançant dans cette voie, surtout les agriculteurs, qui sont ultra minoritaires en montagne également ».
Une bonne dose de pragmatisme
Le témoignage de Cédric Laboret, président de l'association des agriculteurs du PNR des Bauges (reconnue comme commission agricole du syndicat mixte), a partiellement répondu à ces appréhensions. « Les mesures de protection de l'environnement peuvent remettre en cause le bon déroulement de l'activité agricole, a reconnu cet éleveur de Lescheraines dont la production est transformée en tome des Bauges par la coopérative de la commune. Mais parc ou pas, si des espèces listées par les directives Natura 2000 sont identifiées à un endroit, le site sera classé. La question est donc : comment gère-t-on les mesures de protection ? Est-ce qu'il ne vaut mieux pas les mettre en oeuvre en concertation avec les habitants et les personnes exploitant ces secteurs plutôt que d'y envoyer des techniciens extérieurs au territoire une fois de temps en temps ? Dans un parc, ce sont les élus locaux qui sont aux manettes et qui peuvent répondre à cette question, ce qui fait que les situations sont différentes d'un parc à l'autre. En ce qui concerne le massif des Bauges, le PNR a joué un rôle d'interface et a permis de rétablir le dialogue entre écologistes et agriculteurs. Nous avons pu montrer que la petite fleur protégée par Natura 2000, c'est l'agriculture qui lui avait permis d'être là et qu'il fallait faire en sorte que les exploitants agricoles puissent poursuivre leur activité. Cela a été possible car les agriculteurs ont fourni des efforts, récompensés par l'image dont bénéficient aujourd'hui nos produits ».
Même si « tout n'est pas rose », Cédric Laboret formule le même constat sur le dialogue entre agriculteurs et élus locaux. « Nous avons pris l'habitude de nous rencontrer et, dans le cadre de mon mandat à la chambre d'agriculture, je constate que nous avons plus de facilités à nous parler qu'ailleurs dans les deux Savoie. Sans oublier que l'accès direct à la Région facilite le financement de projets ».
Et du pain sur la planche
Pour la maire de Laval, Christine Joy, également vice-présidente à l'agriculture de la communauté de communes du Grésivaudan, il faut donc « y aller. Pas que pour l'argent. Mais, de toute façon, les financements, nous ne les décrocherons que si nous montons un projet de développement solide. Notre entrée est donc bien économique ».