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« Attirer des enfants autour d'une pratique sportive régulière »

Martine Kholy, vice-présidente du conseil départemental en charge de la jeunesse et des sports se penche sur la pratique du sport en milieu rural.
« Attirer des enfants autour d'une pratique sportive régulière »

Le foot est l'activité sportive la plus pratiquée en Isère (1)... et dans le monde. Comment le conseil départemental fait-il pour accompagner les clubs ?

Le conseil départemental intervient pour favoriser l'accès au sport à travers les équipements sportifs, pour la rénovation d'ancien équipements ou pour la création de nouveaux stades comme à Saint-Ismier. Nous soutenons aussi les clubs comme le FCG rugby ou le FC Bourgoin-Jallieu. Nous consacrons 6 millions d'euros au sport, mais il faut savoir que cela ne fait pas partie des compétences obligatoires.

Quel est le message du département en direction des clubs de foot ?

Regroupez-vous, travaillez de façon transversale. Il doit y avoir une réflexion sur les équipements et leur utilisation par plusieurs clubs. Il convient de mutulaliser et rationaliser les équipements, dont l'état est très variable, selon la santé financière des communes et des communautés de communes. Il y a là des inégalités.

Quels sont les défis des clubs sportifs ?

Faire faire du sport aux jeunes est une vraie mission. Encore plus aujourd'hui qu'hier en raison de la tendance à la sédentarité des jeunes, mais aussi comme réponse aux problèmes de citoyenneté. Le sport représente un vrai enjeu qui consiste à attirer des enfants autour d'une pratique sportive régulière. C'est la raison pour laquelle le conseil départemental maintient cette compétence qui entre dans le champ de la jeunesse.

Vous vous servez du levier du bénévolat.

Dans le cadre du plan jeunesse, il y a un volet bénévolat par lequel souhaitons inciter les jeunes à s'engager. Nous développons un système de plateforme sur lequel les associations pourront faire savoir leurs besoins pour des manifestations ou des projets particuliers. Pour répondre à ces besoins, nous nous appuyons sur les réseaux de jeunesse ou de familles en difficultés, pour mettre les gens en marche et les inciter à s'impliquer. Il faut que les jeunes soient acteurs de leur vie et créent leurs projets.

Comment pouvez-vous favoriser l'émergence d'autres sports en milieu rural ?

Nous apportons notre soutien à des structures d'accompagnement au sport en milieu rural avec le CDOS et son entité « Profession sport 38 ». C'est une animation pour l'accès à d'autres disciplines sportives avec l'intervention d'éducateurs diplômés d'Etat en milieu rural, dans le cadre de cycles sportifs ou sur des actions ponctuelles de découverte. Rien n'est imposé et la mise en place de telles animations nécessite le soutien des communes. Nous avons fait le choix de maintenir ces subventions car ces actions sont sollicitées par les collectivités.

Quelle est l'offre sportive alternative au foot en milieu rural ?

Nous menons une étude sur l'état des piscines en Isère, qui est inquiétant. On recense 83 équipements couverts et non couverts (31 couvertes, 44 découvertes, 8 mixtes). Les piscines tournesol*, construites dans les années 70 sont à bout ou vont être inutilisables d'ici 10 ans. Nous devons avoir un vrai plan piscine pour accompagner les communautés de communes qui souvent gèrent ces équipements. Il faut renouveler les équipements : fermer, construire ou réhabiliter. A leur entrée en 6e, il y a encore 10% des enfants qui ne savent pas nager.

Propos recueillis par Isabelle Doucet

(1) Le département a mené une étude en 2010 sur le sport en Isère, qui comptait alors 245 000 licenciés pour 3 000 clubs. Le foot avec plus de 30 000 licenciés et 245 clubs se plaçait loin devant tous les autres sports. Ces chiffres sont en cours de réactualisation.

 

(2) Ce programme national a permis la construction de 183 piscines en France entre 1970 et 1980. Sur les sept construites en Isère, six sont encore en activité, mais celle de Saint-Martin-Le Vinoux va être détruite.