Au contact du consommateur
« Dans les réunions, on risque de rencontrer les mêmes personnes, explique Marjolaine Meynier-Millefert, députée de la 10ème circonscription, au sein de la galerie marchande Leclerc de Bourgoin-Jallieu. Venir dans cet endroit, c'est aller à la rencontre des citoyens, du consommateur qui devient consom'acteur. » C'est pour cette raison qu'elle a implanté une table, des banderoles, des flyers, destinés à entamer le dialogue avec les clients du magasin samedi matin. Le tout en collaboration avec la FDSEA et les JA 38 qui ont amené un peu de logistique et surtout les résultats de l'enquête lancée sur les réseaux sociaux, il y a presque trois semaines. « Nous sommes arrivés dans nos fonctions législatives à un moment où les producteurs voient leur pouvoir d'achat au ras des pâquerettes, constate Monique Limon, députée venue apporter un soutien amical à sa jeune consoeur. Les visites ou les rencontres sur le terrain doivent nous permettre de collecter des idées, des expériences contribuant à redonner confiance à terme à tous les acteurs de la filière. » « Les consommateurs ont la volonté de voir les agriculteurs vivre de leur travail mais ils ne savent pas comment s'y prendre parce qu'ils n'ont plus les clés de compréhension », estime Marjolaine Meynier.
Leclerc joue le jeu
Hôte du jour, le magasin Leclerc de Bourgoin-Jallieu s'est volontiers prêté au jeu, persuadé du rôle qu'il peut jouer dans cette redécouverte de l'agriculture de proximité. « Nous avons notre dispositif des « alliances locales » qui construit cette relation tous les jours, s'enorgueillit Sylvain Francou, directeur commercial du magasin. Nous voulons développer des relations avec des entreprises agricoles ou des transformateurs dans les 100 km à la ronde, pourvu qu'ils aient moins de 50 salariés et un chiffre d'affaires limité, parce que cela représente des entreprises petites et moyennes de proximité. Nous avons simplement besoin de volumes suffisants pour que les clients les retrouvent régulièrement, cela ne veut pas dire tout le temps. » Cerise sur le gâteau, le responsable commercial assure prendre le prix que lui propose le fournisseur, sans discuter, et préconise simplement un prix de vente. Autrement dit, la marge est fixée par le producteur. Plusieurs exploitations réalisent une partie de leur activité avec ce magasin, mais au total, elles ne sont que 22 à avoir franchi le pas. Un nombre restreint alors que le magasin met à la disposition des producteurs toute sa gamme de supports de communication, des flyers, un site et autres photos gratuitement, participant ainsi à la notoriété des produits locaux. Sébastien Poncet, président des JA 38, présent aux côtés de Marjolaine Meynier, rappelle cependant que « pour la majorité des agriculteurs, la valeur ajoutée se perd entre les transformateurs et les centrales d'achat alors qu'ils font tous des produits de qualité ». Présent dans les allées de la galerie commerciale, il a très vite été interpellé par une cliente qu magasin qui lui demandait des éclaircissements sur la polémique du glyphosate. « Il y a besoin de beaucoup d'explication, de communication et d'éducation », constate-t-il.
Jean-Marc Emprin