Dynamique positive pour l'abattoir
L'abattoir de Grenoble-Le Fontanil pourrait connaître une nouvelle jeunesse. Jean-Pierre Barbier a parcouru les allées de la foire de Beaucroissant, l'Agrivillage notamment, bien avant l'inauguration officielle. Il a donc rencontré Yannick Bourdat, président de l'association des éleveurs de saveurs iséroises, et Eric Rochas, responsable de l'abattoir de Grenoble. Cette structure est à l'orée d'un virage qu'elle doit prendre dans les mois qui arrivent. Son activité augmente, tant avec les apporteurs particuliers qu'avec des professionnels. Des perspectives émergent avec la grande distribution qui envisage de s'appuyer sur cet outil pour commercialiser de la viande locale. « Nous sommes en train de créer une filière 100% iséroise, explique Yannick Bourdat, avec le Super U de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs avec lequel nous allons commercialiser des bêtes de nos élevages, abattues et transformées à Grenoble.»
Une modernisation de la chaîne d'abattage de la structure du Fontanil, mais également une professionalisation de la gestion commerciale est envisagée. Jean-Pierre Barbier a écouté attentivement les explications des éleveurs et s'est dit prêt à investir dans l'outil au titre du Département. Mais Grenoble Alpes métropole (la Métro) est elle-aussi impliquée dans le montage juridique et financier autour de cet outil. Le président du Département souhaite donc rencontrer rapidement Christophe Ferrari, président de la Métro pour évoquer ces pistes. « Il faut que nous construisions un projet financier avant la fin de l'année afin de l'inscrire au budget 2017 » avance-t-il.
En bref
Abattage local
Pour la première fois, le syndicat charollais a fait abattre au sein de l'abattoir de Grenoble-Le Fontanil, les bêtes dont il avait besoin pour le restaurant qu'il tient tout au long de la foire de Beaucroissant.
Regrets
Jean-Pierre Barbier, président du conseil départemental, a avoué sous le chapiteau charolais/ Agrivillage, que son « plus grand regret dans la vie politique locale est de ne pas avoir réussi à maintenir l'abattoir de la Côte-Saint-André ». « L'émotion m'étreint chaque fois que j'en parle », indique-t-il à ses interlocuteurs éleveurs.

Encadré 2
Maroc
Beaucroissant aux saveurs épicées
Une délégation marocaine est venue à Beaucroissant pour entrer en contact avec des agriculteurs et des ruraux d'Isère. Composée du vice-président de la chambre régionale de Rabat-Salé-Kénitra, d'une chef de service de cet organisme et d'une représentante de l'administration régionale de l'agriculture, la délégation accueillait les badauds sur le stand de la chambre d'agriculture. Elle a également profité de sa présence pour aller découvrir quelques stands aux alentours, notamment les ovins, mais aussi le matériel agricole présent en grand nombre.
Cette visite entre dans le cadre d'échanges menés par la chambre d'agriculture de l'Isère avec le Maroc et plus récemment avec le Burkina-Faso. Avec le Maroc, des délégations françaises et marocaines traversent régulièrement la Méditerranée, sur un rythme de deux voyages chacune dans l'année. Des contacts entre le CING et des agriculteurs marocains ont d'ailleurs déjà été établis. Des problématiques sont communes à nos deux pays, notamment l'évolution climatique vers des périodes très sèches qui touchent déjà le Maroc. La partie occidentale, relativement arrosée, doit faire face à des à-coups préjudiciables aux cultures. Des barrages sont déjà construits, mais les agriculteurs se tournent aussi vers la construction de banquettes, sorte de petits seuils retenant l'eau dans les parcelles et ont aussi de plus en plus recours à l'arrosage goutte-à-goutte. Ils appliquent également des méthodes de semis directs permettant de lutter contre l'érosion et de diminuer des coûts de production. La délégation avait également amené dans ses bagages des spécialités locales que des visiteurs des allées d'Agrivillage ont pu déguster.
Texte 3
MSA/MFR
Double objectif
L'exposition Double je n'en finit pas de multiplier ses retombées positives. Cette exposition de photos réalisées par le photographe Claude Fougeirol, dans le cadre d'une commande du comité de territoire du Sud Grésivaudans et de la MSA Alpes du Nord vient de donner lieu à l'édition d'un calendrier 2017 dont le produit de la vente en cours profitera à un groupe de femmes bosniaques.
La fédération régionale des MFR mène un projet de coopération avec des agriculteurs de la région de Tuzla (150 km de Sarajevo) en Bosnie-Herzégovine. Un groupe de femmes de cette région a rencontré la MFR de Chatte et des agricultrices à qui elles ont décrit leur projet : éditer un agenda comportant des recettes locales bosniaques et qui pourrait également servir de cahier d'exploitation, de carnet de notes sur les entrées et sorties d'argent... Les agricultrices de l'opération Double je, après avoir créé un lien avec leurs homologues bosniaques, ont envisagé de les accompagner dans le financement de leur projet. C'est ainsi qu'est né le calendrier des photos Double Je en vente auprès du public au prix de 10 euros. Les recettes serviront à l'édition de l'agenda bosniaque mais également à la concrétisation d'un projet de MFR locale.
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Le méthaniseur dans les bons tuyaux
Une reproduction du principe d'un méthaniseur était exposée sur le stand de la chambre d'agriculture au sein de l'Agrivillage. Même si cette installation restait schématique et bien plus petite que la réalité, elle a permis à de nombreux curieux de poser des questions aux techniciens consulaires présents. Jean-Pierre Barbier, au cours de la visite informelle qu'il a effectué avant l'inauguration de la foire, s'est longuement arrêté auprès de la reproduction. Philippe Rivat et Lionel Thermoz-Bajat, deux des 14 agriculteurs porteurs du projet lui ont expliqué les tenants et les aboutissants du projet. « On ne peut pas tenir deux discours, affirme le président du conseil départemental, l'un allant dans le sens du soutien à l'agriculture, l'autre en ne faisant rien quand un projet émerge. Ce dossier va aider les éleveurs à faire face à la rentabilité de leur exploitation en amenant des produits supplémentaires. » Et en leur évitant des investissements lourds en matière de mise aux normes de stockage des effluents, ces derniers partant rapidement dans le circuit de production de biogaz.

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Ils font dans la plaquette
C'était une présentation originale à laquelle s'est livrée la Sarl Decoux bois service, présente à Beaucroissant. Cette entreprise du Nord Isère est spécialisée dans la fabrication de plaquettes (copeaux de bois) forestières. De toutes les tailles. De la grossière destinée aux grosses unités de chauffage, capable d'avaler des plaquettes relativement grosses, à celles destinées aux petites unités de particuliers, dont le calibre doit être plus régulier et surtout exempt de copeaux de branchages, ce qu'acceptent les grosses unités. Et pour faire étalage de leur savoir-faire à tous les sens du terme, l'entreprise Decoux avait... étalé devant son emplacement différentes granulométrie de copeaux. « Les branchages hâchés que nous n'incorporons pas dans le bois énergie constituent d'excellents paillages pour les haies, les jardins potagers et autres allées » affirme Sylvain Rossero, technico-commercial de l'entreprise. Cette société de six salariés s'approvisionne en Isère, Ain et Savoie en toutes essences. Les grumes interessantes sont basculées en bois d'oeuvre.
Sur ce stand original, figuraient également les différentes utilisations du bois local : piquets ou clôture de chataigniers ou de robinier faux-accacias, et bois béton, nouvelle technique élaborée par une entreprise locale.