« Augmenter la part de productions locales dans les assiettes des habitants »
Plutôt discrète, la Stratégie agricole et alimentaire inter-territoriale réunit cinq territoires du bassin grenoblois autour d'une idée commune. En quoi consiste la démarche ?
La Stratégie a démarré en septembre 2015 autour de l'idée de produire et consommer local à l'échelle d'un territoire comprenant le Grésivaudan, Grenoble Alpes Métropole, le Pays voironnais ainsi que les parcs naturels régionaux de Chartreuse et du Vercors. Nous avons défini deux orientations : préserver et transmettre le foncier agricole, qui est le principal enjeu de pression sur le territoire, et augmenter la part des productions locales et de qualité dans les assiettes des habitants. Quand nous avons élaboré cette Stratégie, nous avions convenu de nous retrouver une fois pas an pour montrer l'état d'avancée des actions et recueillir les avis et remarques des acteurs sur différentes questions. C'est ce que nous avons fait au cours du forum du 24 avril, où nous travaillé autour trois thématiques : mieux identifier les producteurs locaux et leurs productions sur les marchés de plein vent, proposer une offre de restauration collective plus bio et plus locale tout en maîtrisant les coûts et impliquer les citoyens dans les projets alimentaires territoriaux.
Après trois ans d'existence, où en est la Stratégie ?
Nous avons lancé plein de chantiers. Actuellement, nous sommes en train d'adhérer à un outil commun, le Groupement d'intérêt public Fonds d'investissement agricole et alimentaire, qui va nous permettre de prélever des financements pour des projets collectifs ou des équipements concernant nos cinq territoires. C'est ainsi, par exemple, que la légumerie a pu être financée. En termes de promotion, nous avons mis en place une carte des producteurs locaux qui indique aux consommateurs comment s'approvisionner autour de chez eux. Nous avons également commencé à travailler sur la restauration collective en accompagnant plusieurs démarches. Pour nous, c'est un levier dont doivent s'emparer les collectivités territoriales pour favoriser la production et la consommation de produits locaux.
Pas question pour autant d'être en concurrence avec le Pôle agroalimentaire développé par le Département...
Absolument pas. Nos démarches sont très différentes, même si nous travaillons en coordination avec le Département, notamment sur la structuration des équipements et de la filière agricole. De son côté, la Stratégie mène des actions beaucoup plus larges, qui visent d'autres aspects, comme la défense du foncier, l'installation de nouveaux agriculteurs ou la promotion des produits locaux auprès des habitants. C'est aussi une nouvelle manière de travailler ensemble qui doit nous permettre d'aller plus loin. Aujourd'hui, les contraintes budgétaires sont telles que, sans mutualisation, on ne peut plus rien faire tout seul. C'est d'autant plus intéressant que souvent les politiques, en particulier agricoles et forestières, ne s'arrêtent pas à la limite d'un petit territoire.
A propos de forêt, il semble que la Stratégie agricole inter-territoriale ait fait des petits et qu'elle se soit dotée d'une déclinaison forestière...
Fort de notre volonté de travailler ensemble, à l'échelle des cinq territoires, nous avons reproduit cette organisation sur la politique de la forêt et de la filière bois. L'idée est d'aller de l'amont - la gestion de la forêt - jusqu'à l'aval, donc l'industrie du bois et les énergies renouvelables. Nous avons décidé de le faire aussi avec les territoires qui sont Tepos-TEPCV (territoires à énergie positive), dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique et de la transition énergétique. Nous sommes donc six, puisque Saint-Marcellin-Vercors-Isère s'est joint à nous. Nous envisageons donc la forêt à horizon 2030 en considérant l'ensemble de nos trois massifs (Vercors, Chartreuse et Belledonne) et les EPCI qui se trouvent dessus. Nous sommes par exemple en train de dupliquer l'opération "Vis ma vie de bûcheron", qui a démarré en Chartreuse, ou d'accompagner les petites communes qui le souhaitent sur l'ingéniérie en matière de chaufferie.