Aux petits soins des grandes cultures
Deux tours de plaine grandes cultures AB ont été organisés par la chambre d'agriculture et l'Adabio à Vénérieu, Saint-Savin et à Villette-de-Vienne. Jean Champion, référent technique régional grandes cultures bio de la chambre d'agriculture drômoise était présent pour aborder tous les aspects de la conduite des cultures.
Du coté des cultures d'hiver ….
Les cultures d'hiver ont eu cette année un beau cycle de développement. Les conditions météo ont permis une bonne gestion du désherbage avec souvent un passage de herse étrille à l'entrée d'hiver et deux en sortie d'hiver. La rouille jaune sur blé est cependant bien présente avec une nouvelle souche fortement virulente et pouvant toucher des variétés jusqu'alors tolérantes.
En blé, l'un des débouchés les plus intéressants est la meunerie. Le mélange de variétés sur une même parcelle est intéressant pour s'assurer un bon équilibre rendement/taux de protéines en associant des variétés de blé panifiable à des blé améliorants. Quatre variétés ont ainsi été semées dans la parcelle visitée.
L'orge brassicole, bientôt à maturité, devrait être récoltée début juillet. Le travail de La Dauphinoise avec une malterie locale permet une très bonne valorisation de cette production en AB.
La parcelle de triticale semence visitée à Villette-de-Vienne a également eu un bon cycle de développement. Sa production pour la semence en fait une culture intéressante économiquement.
La valorisation des céréales via des marchés bien spécifiques permet une plus-value intéressante pour les exploitations. En filière longue, il est important de se renseigner sur les cultures pour lesquelles les marchés
devraient être les plus attrayants. En 2ème année de conversion (C2), ce point est d'autant plus important que de nombreuses nouvelles conversions sont actuellement en cours dans d'autres régions françaises et que ce marché est relativement réduit par sa spécificité C2. Il est
peu recommandé par exemple cette année de produire de l'orge ou du triticale pour l'alimentation animale en C2 car peu recherchés.
Cultures d'été
La gestion des cultures d'été a présenté cette année bien plus de difficultés à cause des conditions météo de ce dernier mois, notamment dans la gestion de l'enherbement.
Dans le soja il est à noter que la herse étrille peut être utilisée même tardivement, jusqu'à la floraison. Le soja est en effet bien tolérant au passage des dents et en cas de casse, il fait facilement de nombreuses repousses qui rattrapent vite le développement des autres plants.
Les conditions météo ont permis de montrer le travail réalisé par la bineuse avec caméra dans laquelle l'exploitation vient d'investir. L’appareil permet un réajustement permanent de la position de la bineuse par rapport à l'alignement de la culture.
Les questions d'inoculation et de fertilisation du soja ont également été abordées. Selon Jean Champion, l'inoculation par microgranulés apportés au semis, semble être tout autant efficace qu'une inoculation sur semence et a l'avantage d'être moins contraignante puisqu'une fois les semences inoculées, celles-ci doivent être semées dans la journée. Cette inoculation n'a pas forcément besoin d'être systématique. La bactérie reste présente plusieurs années dans le sol après une première culture de soja inoculé (autour de quatre ans mais variable selon la nature du sol). Au vu de son faible coût (40€/ha), il semble dommage de s'en passer. Certains agriculteurs n’inoculent qu'une fois sur deux.
La fertilisation n'est globalement pas utile pour une culture de soja. Cependant, même si le soja n'est pas très gourmand en potasse et que les sols de la région sont naturellement plutôt bien fournis pour répondre au besoin de la culture, il est parfois conseillé d'en apporter. Une analyse de sol peut permettre de mieux évaluer la pertinence de cet apport.
Cette année plusieurs collecteurs proposent des contrats Soja AB pour l'alimentation humaine qui sont économiquement intéressants. Attention cependant à la gestion des plantes toxiques comme la morelle ou le datura : un passage en manuel est souvent bien valorisé.
Pour le maïs,la gestion du désherbage a été particulièrement délicate chez certains agriculteurs. Les
semis tardifs s'en sortent mieux. La levée est plus rapide et homogène. La gestion de l'enherbement est facilitée par les faux-semis plus nombreux et tardifs et la possibilité de pouvoir entrer dans les parcelles aux bons stades.
Sur les tournesolsobservés, les limaces et corbeaux ont laissé peu de chance à la culture. Il est à noter qu'il est également possible de passer tardivement (stade bouton floral) la herse étrille notamment si cette dernière est passée l'après-midi lorsque la plante est assouplie par les
chaleurs.
Dans les cultures d'été, la présence de chiendent ou de liseron dans certaines parcelles a interrogé certains agriculteurs sur leur gestion. Une alternance culture d'hiver - culture d'été combinée à un travail du sol adapté (outils à dents) sont souvent efficaces pour voir peu à peu disparaître ces espèces.
Contact : [email protected] 06 07 80 88 43
Passage de flambeau
Olwen Thibaud reprend désormais la mission de référente départementale Agriculture biologique à la chambre d'agriculture de l'Isère, assurée jusqu'alors par Laetitia Masson.