Accès au contenu
Actu vue par

« Avec « Ardèche par Nature », nous estimons être dans notre bon droit »

Philippe Dry, directeur des Vignerons Ardéchois, réagit suite à l'interdiction de l'utilisation de sa marque « Ardèche par Nature » par la Direccte. La marque avait pris de nombreuses précautions avant le lancement de la nouvelle gamme.
« Avec « Ardèche par Nature », nous estimons être dans notre bon droit »

Comment la Direccte (1) justifie-t-elle cette interdiction ?

« La Direccte nous demande de retirer la marque « Ardèche par Nature » de nos bouteilles avant la fin de l'année, estimant que ce nom peut induire le consommateur en erreur et prêter à confusion, notamment vis-à-vis des « vins nature ». Nous sommes à la fois surpris, sachant qu'une cinquantaine de marques utilisent aujourd'hui le mot « nature », sans pour autant être engagées dans une démarche environnementale, comme nous le sommes !

Quelle a été votre réaction ?

« Nous sommes extrêmement déçus. Notre but n'est évidemment pas d'induire le consommateur en erreur, bien au contraire. Le lancement de la marque « Ardèche par Nature », déposée auprès de l'INPI2 en 2013, s'est accompagnée de l'élaboration d'un cahier des charges et d'une démarche d'information auprès des consommateurs sur nos pratiques. Surtout, la démarche « Ardèche par Nature » a bien pour objectif d'encourager le développement de pratiques respectueuses de l'environnement et de la biodiversité. L'ensemble des vignerons engagés dans cette démarche sont formés à cet effet, ont ou vont obtenir le label HVE et sont en marche vers la conversion à l'agriculture bio. Nous estimons avoir fait preuve de transparence et être dans notre bon droit en utilisant cette marque. »

Allez-vous contester cette décision ?

« Nous avons adressé un recours gracieux à la Direccte pour contester cette interdiction, et menons aujourd'hui l'affaire auprès du tribunal administratif. Nous avons également écrit au ministre de l'Agriculture, sans réponse à ce jour. Nous avons beaucoup investi dans cette démarche, humainement comme financièrement, avec le recrutement d'une personne dédiée à « Ardèche par Nature », les actions de formation des vignerons et la communication, le financement des audits... Une trentaine de vignerons sont aujourd'hui engagés dans la démarche : nous leur garantissons une rémunération 20 % plus importante pour leurs vins. Par ailleurs, nous finançons des projets en lien avec la LPO, pour réaliser notamment des diagnostics de biodiversité dans le vignoble... Cette démarche est le fait d'un engagement très fort des Vignerons Ardéchois. »

Concrètement, que va-t-il se passer pour ces vins ?

« Nous allons bien évidemment honorer nos obligations, en lançant les marques « Ardèche par passion » et « Ardèche notre culture », en espérant pouvoir récupérer notre marque « Ardèche par Nature » prochainement. »

Mylène Coste

1. Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi.
2. Institut national de la propriété industrielle.