Beaucroissant, agricole dans l'âme
« La foire de Beaucroissant, ce n'est pas seulement une affaire agricole, c'est un immense marché, a lancé Georges Civet, le maire du village au moment de l'inauguration de la 50e foire de printemps, samedi 27 avril. C'est un lieu d'échanges, de rencontres et de fête. » Il a mis en avant sa capacité à se renouveler avec les nouvelles allées dédiées aux plants et aux fleurs, le coin des créateurs et l'espace des camping-cars. Le maire a également fait part de sa surprise en découvrant samedi matin qu'un négociant en bestiaux était revenu sur le foirail. « Certains ont repris l'habitude de venir à Beaucroissant », a-t-il constaté. Ces dernières années, suite à l'obligation de déclarer indemnes d'IBR les animaux de rente, beaucoup de négociants avaient déclaré forfait et seul Max Josserand, de Saint-Cassien, était resté fidèle au champ de foire. Georges Civet a profité de la présence des représentants de l'Etat et des élus pour redire combien le budget sécurité observait une « croissance exponentielle » au point de rendre fragile l'équilibre financier de la foire.
Nouvelle année culturale
« Le printemps, en agriculture, marque le début d'une nouvelle année culturale », a déclaré Jean-Claude Darlet, le président de la chambre d'agriculture de l'Isère, en déclinant les points d'inquiétude de la profession. Le département étant déjà en alerte ou en vigilance sécheresse, il a rappelé combien « l'eau est essentielle en agriculture ». Il recommande à nouveau de « travailler sur la ressource, stocker en hiver pour utiliser l'eau à bon escient ». Le gel a également touché les cultures fruitières au sortir de l'hiver dans la vallée du Rhône et les dégâts sont actuellement recensés par une commission d'enquête. « Le printemps c'est aussi le moment des déclarations PAC, a indiqué le président de la chambre d'agriculture en insistant sur « l'importance de l'Europe pour l'agriculture » et donc la nécessité d'aller voter dans un mois. Enfin, le printemps, c'est le temps des semis est donc celui du « démarrage de la vie biologique ». « L'agriculteur est le premier préservateur de la biodiversité, a martelé Jean-Claude Darlet. Et toute production agricole, végétale ou animale a une valeur. » La juste rémunération des producteurs, la réappropriation des filières, l'engagement de qualité, de durabilité sont des orientations soutenues par les collectivités, Département et Région, plus particulièrement par le développement des marques de territoire.
Le Département et la Région s'engagent
Le vice-président du Département de l'Isère, Robert Duranton, a confirmé le soutien du Conseil départemental à l'agriculture à travers la poursuite de la rénovation de l'abattoir du Fontanil, le déploiement de la marque Is(h)ere (438 produits et 65 fournisseurs agréés), la mobilisation du Feder* pour démultiplier l'investissement dans l'irrigation, la défense du pastoralisme (220 000 euros pour les groupements pastoraux et les associations foncières pastorales autorisées) ou encore, les aides à la sécheresse. La mobilisation des ressources financières des collectivités étant souvent sur les mêmes lignes, Yannick Neuder, vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a rappelé que le budget régional à l'agriculture s'éleve à 72 millions d'euros par an, que 15 millions d'euros sont consacrés à l'irrigation et 4 millions d'euros à l'installation (soit 750 dossiers). Concernant les aides européennes à l'agriculture, qui transitent depuis 2014 par la Région, il a promis que l'ensemble des dossiers seraient soldés à l'automne. 14 000 sont encore en attente.
Des aides de l'Etat
La loi Egalim a été évoquée par la sénateur André Vallini qui considère que « le compte n'y est pas », que la « grande distribution ne joue pas le jeu » et que le ministre de l'Agriculture examine comment la modifier. Un exercice dans lequel « les chambres d'agriculture seront force de proposition », a expliqué le parlementaire.
En conclusion, le nouveau sous-préfet de Vienne, Jean-Yves Chiaro, a souligné combien le département de l'Isère était bénéficiaire dans le nouveau zonage de l'ICHN qui devrait rapporter plus de 2 millions d'euros chaque année aux agriculteurs de 225 nouvelles communes. Par ailleurs, 2 000 agriculteurs reconnus sinistrés au titre de la sécheresse 2018 devraient toucher de la part de l'Etat une aide de 2,8 millions d'euros, dont l'accompte sera versé « rapidement ». Le représentant de l'Etat a également reconnu qu'un partenaire faisait défaut dans l'application de la loi Egalim, « comme c'est souvent le cas ».
Tous se sont donné rendez-vous le 13 septembre pour l'inauguration de la 800e foire d'automne.
Isabelle Doucet
* Fonds européen de développement régional