Accès au contenu
Manifestation

Beaucroissant, une foire sous haute surveillance

En raison de différents contrôles opérés par les services de l'Etat et les organismes vétérinaires, la foire de Beaucroissant se départit peu à peu de ses pratiques ancestrales et se voit contrainte de s'adapter pour le bien-être sanitaire de tous les animaux.
Beaucroissant, une foire sous haute surveillance

« Que les gens qui respectent les règles puissent gagner leur vie sans concurrence déloyale et sans qu'il y ait mise en danger de la santé des autres » : c'est ainsi que Patrick Lapouze, secrétaire général de la préfecture de l'Isère, a annoncé que les opérations de contrôles menées sur la foire de Beaucroissant avaient été fructueuses. Pas moins de sept interpellations et le démantèlement d'un trafic d'animaux ont fait beaucoup parler dans les travées de la foire (voir ci-dessous). C'était aussi la première inauguration de la foire, en tant que président du conseil départemental, du député Jean-Pierre Barbier, qui s'est montré très préoccupé par les problématiques agricoles, notamment dans l'élevage laitier avec la fin des quotas. « Il faut se mobiliser tout de suite pour que ce passage difficile puisse être accompagné ». Le département sera donc toujours présent auprès des éleveurs qui désirent moderniser leurs exploitations « pour être plus compétitives, ce qui suppose des investissements lourds », insistait le président. Le développement et la valorisation des produits fromagers sous signe de qualité seront aussi encouragés, de même que les circuits courts. Enfin, le président a également assuré l'abattoir du Fontanil de son soutien.

 

Autour de Jean-Claude Darlet, le nouvel exécutif départemental.    Sur le foirail, des ventes d'animaux en demi-teinte.

Liberté d'entreprendre

Jean-Claude Darlet, le président de la chambre d'agriculture de l'Isère ne voulait pas gâcher ce jour de fête, mais a tout de même dénoncé une mise en œuvre de la nouvelle Pac « catastrophique ». « Il y a 5 000 déclarations en Isère et nous ne savons toujours pas répondre à certaines questions comme l'ICHN* ». Le président a surtout demandé « qu'il n'y ait aucun contrôle en 2015 sur la Pac car on ne peut pas demander à des gens de respecter quelque chose qu'ils n'ont pas eu le temps de mettre en place. » Jean-Claude Darlet a également plaidé pour « la liberté d'entreprendre. Nous sommes muselés, emprisonnés dans des décrets et des règlementations, a-t-il interpellé. Nous devons pouvoir prendre un peu de risques. Laissez les entrepreneurs entreprendre. Ils sont un moteur pour l'économie et la création d'emploi ».
Au sujet de l'ICHN, la députée Michèle Bonneton a rappelé que les retards dans les critères d'attribution étaient dû aux négociations engagées par la France auprès de la commission européenne pour faire entendre sa voix. En revanche, le versement des aides, ainsi que l'avait annoncé Stéphane Le Foll, ne connaîtrait pas de décalage même si les déclarations ont été reportées au 9 juin.

Isabelle Doucet

ICHN : Indemnité compensatoire de handicaps naturels

Eric Roux est un des rares marchands ambulant à vendre des chaussette fabriquées en France. Sa clientèle cible, ce sont les agriculteurs. Aussi aimerait-il bien rapprocher son stand de son public.     Le bon endroit pour faire aiguiser ses couteaux.    Une robe à nulle autre pareille.    La démonstration de matériel attire toujours le public.

 

Des blondes pour l'exemple

« Du monde, des professionnels, des connaisseurs, une belle ambiance : il reste à savoir quel est l'intérêt pour cette manifestation d'accueillir les blondes d'Aquitaine », confiait Henri Gueydan, le président de le section Rhône-Alpes Sud-Est de la race. Car les éleveurs ont eu une mauvaise surprise lorsqu'ils ont appris, quelques jours avant le concours régional qui se déroule à Beaucroissant, qu'en raison de la proximité avec les animaux destinés à la vente et présentant « un statut sanitaire inconnu », les bêtes de concours seraient soumises à une quarantaine assortie de prise de sang lors de leur retour dans leurs exploitations. Pour Aude de Montalivet, la vétérinaire du GDS, cette réglementation, qui ne date pas d'hier, est destinée à protéger les élevages vertueux. Les bovins qui participent aux concours répondent à des cahiers des charges aux exigences élevées, sont les garants de la génétique de leurs races, mais doivent être protégés des autres bêtes non testées. Les grands lieux de rassemblement tels que la Beaucroissant présentent un risque sanitaire pour ces animaux. Le problème, qui a surgi à Beaucroissant et fait que certains éleveurs de l'Ain, du Jura et de la Loire ne se sont pas déplacés, se posera de nouveau au mois de septembre avec le concours charolais. « A terme nous devrons avoir une collaboration étroite entre les organisateurs et les organismes qui présentent les vaches de concours », insiste Henri Gueydan. La solution ne passe pas seulement par l'éloignement de plus de 200 mètres des différents types d'animaux. « Il faudrait pouvoir alterner la vente et la présentation », suggère la vétérinaire. Ou alors que tous les animaux présents sur la foire soient testés IBR, mais là encore, l'Isère a beaucoup de retard.
ID

 

 

Les chevaux du négociant belge feront l'objet de vérifications par les services vétérinaires.           Les volailles ont été soumises à un contrôle strict en raison des mesures de confinement appliquées dans certains départements limitrophes.

 

 

Coup de filet chez les équins et rififi dans la volaille   

Coup de filet chez les équins et remue-ménage dans la volaille
C'est dans le cadre d'une opération de portée européenne pour démanteler un trafic de viande de cheval, que la gendarmerie est intervenue samedi matin sur la foire de Beaucroissant pour appréhender des négociants belges qui seraient impliqués dans ce commerce illégal. Sept personnes ont été arrêtées et ont été placés garde-à-vue. Aucune n'est d'origine iséroise. Une vingtaine de chevaux devaient faire l'objet de vérifications, dont sept ont été déclarés impropres à la vente. A l'échelle nationale, belge et hollandaise, deux cents animaux devront se prêter à vérifications par les services vétérinaires. Et pas moins de 26 personnes ont été arrêtées en Europe, au terme d'investigations lancées en juillet 2013...
Le champ de foire a également été contrôlé par les services de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) qui ont porté l'accent sur l'identification et le bien-être des volailles, chiens et équins. En raison de mesures de restrictions prises dans certaines zones à risque influenza aviaire, notamment dans les Dombes et toute la vallée du Rhône, les animaux issus d'élevages situés dans ces secteurs ne peuvent actuellement pas participer à des rassemblements de type Beaucroissant. Les services avaient pu contacter une dizaine de volaillers, dont certains ne sont pas venus alors que d'autres négociants ont trouvé un arrangement pour commercialiser des volailles qu'ils avaient achetées hors secteurs à risque. Mais cinq vendeurs ont dû remballer, parfois avec l'appui de la gendarmerie. La DDPP s'est aussi saisie de chiots vendus à la sauvette, qui ont été remis à la SPA. Une poignée de chevaux a également été exclue de la vente en raison d'un défaut d'identification.
ID