Les Rendez-vous de l’agriculture des 16 et 17 septembre ont donné lieu à de nombreuses conférences, chacune constituant un bon moment de communication. Celle des Entreprises du territoire, les entreprises de travaux agricoles dans le langage commun, a été l’occasion pour Martine Perrin, sa présidente, de proposer la présentation de la formation « Conducteur de travaux en entreprise de travaux agricoles » (CTETA).
« Six centres en France dispensent cette formation élaborée par et pour nos entreprises », avance-t-elle. En Isère, l’heureuse élue est la Maison familiale et rurale de Mozas. Elle l’a intégrée dans sa palette depuis une dizaine d’années.
« C’est une formation de 18 mois avec deux périodes de neuf semaines en alternance », explique Alexandre Patard, responsable de la formation au sein de la MFR. D’octobre à mars, l’alternance permet sans gêne pour les entreprises, de prodiguer les savoirs de base et un peu plus aux élèves. Le reste de l’année, ils sont ainsi plus libres de leur mouvement pour travailler dans les ETA, le gros du travail se déroulant pendant la belle saison, des semis à la récolte. « Quatre pôles constituent le corps de cette formation : un sur la prospection et la commercialisation, un sur la gestion technique des travaux, un sur la gestion des risques et la maintenance du matériel et enfin un sur la gestion administrative et financière d’une entreprise », décrit le formateur. Un diplôme de niveau Bac + 2 obtenu après des épreuves devant les professionnels et les enseignants couronne ces mois d’efforts.
« Les jeunes peuvent ne pas avoir de projets d’emblée en entrant dans la formation, constate Martine Perrin. Ils peuvent avoir un simple goût pour notre secteur d’activité. Au sortir, certains s’installeront en tant que chef d’entreprise, d’autres seront salariés, le resteront éventuellement toute leur vie, mais ils seront souvent le bras droit du chef d’entreprise. Le diplôme aboutit fréquemment à des postes de responsabilités. »
La chef d’entreprise est donc enthousiaste quant à cette formation, mais déplore « la difficulté pour accueillir des stagiaires. La réglementation est draconienne, et on ne peut pas accueillir des jeunes qui ont une réelle envie de découvrir nos entreprises. Au final, ils sont frustrés et nous créons une pénurie en décalé dans le temps, car le candidat va s’orienter vers autre chose et nous aurons perdu un potentiel salarié que nous n’arrivons pas à recruter aujourd’hui. »
La chef d’entreprise est devenue présidente régionale des EDT depuis le printemps et secrétaire générale de la fédération nationale. « Ce n’est pas un grade ou des galons dont je n’ai que faire, avoue-t-elle, mais une façon différente de porter les sujets. Au niveau régional ou départemental, on est sur le terrain, à résoudre des problèmes très terre-à-terre comme améliorer la circulation des engins sur les routes alors qu’il y a de plus en plus d’aménagements gênants pour nos engins. Au national, on fait plutôt remonter les problèmes par rapport à la réglementation, on travaille sur un mode politique, et tout cela amène une modération ou un savoir-être différent. »