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Découverte

Bienvenue à la ferme de la Combe Bernard

Installés en janvier dernier à Montseveroux, Rachelle Roussel et Thibault Grava participent pour la première fois à l'opération "Prenez la clé des champs". C'est pour eux l'occasion de partager leur passion pour le métier d'éleveur-transformateur, mais aussi de se faire connaître auprès d'un large public.
Bienvenue à la ferme de la Combe Bernard

La clé des champs, ils n'ont pas attendu le mois de mai pour s'en emparer. Rachelle Roussel et Thibault Grava ont pris les rênes de la ferme de la Combe Bernard début janvier, troquant une vie un peu trop rangée d'enseignants pour une aventure faite d'élevage et de fromages. Leur participation à l'opération est une première qui leur permet de se faire connaître et de faire connaître leur – nouveau – métier. Rodées à monter sur le quai de traite devant des enfants, leurs chèvres sont fin prêtes pour la manifestation des 2 et 3 mai. Les jeunes éleveurs également, qui ont l'habitude du contact et de l'accueil avec les scolaires. Mais la « to do list » est encore longue entre la préparation des ateliers, les pancartes à installer, les espaces à aménager... Qu'importe : la motivation est là.
Amis de longue date, Rachelle et Thibault se sont associés en Gaec pour prendre la suite de Jean-Noël et Elisabeth Caraz, éleveurs transformateurs à Montseveroux, qui ont cédé leur exploitation le premier janvier. Appréciés tant pour la qualité de leurs fromages que pour leur accueil, les anciens exploitants avaient organisé et sécurisé leur ferme de façon à proposer des activités pédagogiques au public et aux scolaires. C'est, avec la taille du troupeau (sept vaches et une quinzaine de chèvres), ce qui a séduit Rachelle et Thibault. Car les deux jeunes installés ont des ambitions et un profil un peu atypiques : lui est doctorant en éco-biologie, elle ingénieur agro. Avec leurs conjoints, Angélique et Lionel, ils forment une bande de copains qui se sont retrouvés autour d'une envie commune, celle de changer de vie et de prouver à la face du monde qu'on pouvait vivre de sa ferme tout en préservant son « équilibre personnel ». « C'est un projet de vie autant qu'un projet économique », confient les deux associés qui souhaitent articuler leur travail autour de la production et de la transmission (la ferme pédagogique constitue un complément de revenu intéressant), sans pour autant perdre de vue que la ferme doit faire vivre leurs deux familles.

Hot line paternelle

Timide, le démarrage de leur activité n'en est pas moins honorable. Ayant complété le troupeau de chèvres d'une quizaine de bêtes (30 en tout aujourd'hui et 45 à terme), les éleveurs transforment actuellement 50 litres de lait de vache et 55 litres de lait de chèvre par jour. Elle s'occupe des animaux, lui de la fromagerie. Accrue avec la reprise de la lactation des chèvres, la vente directe des fromages à la ferme et sur les marchés commence à porter ses fruits. Ils cherchent de nouveaux débouchés locaux et prévoient d'accueillir le vendredi soir un marché de producteurs dans la cour de leur ferme. « Par rapport au prévisionnel, ça démarre plutôt bien, estime Thibault, mais ce n'est pas encore suffisant pour tirer deux salaires. » Voilà pour quoi Angélique et Lionel, les conjoints n'ont pas encore sauté le pas... officiellement. Dans les faits, ils donnent déjà un sérieux coup de main, tant pour les tâches quotidiennes qu'en termes de relais familial (les deux couples ont chacun deux enfants en bas âge et se relaient aisément). Les parents, notamment ceux d'Angélique et de Rachelle, jeunes retraités agricoles, sont également mis à contribution. Ils répondent facilement aux sollicitations, pas peu fiers de servir de hot line technique à leur progéniture que rien ne semblait destiner à l'agriculture.
De son côté, Angélique, enseignante remplaçante en SVT (sciences et vie de la terre) au collège, avoue son bonheur de retrouver les gestes et les réflexes intégrés depuis son enfance : « Je n'imaginais pas savoir faire autant de choses », sourit-elle en menant le troupeau mixte à la pâture. Quant à Lionel, son cousin ingénieur agro, comme elle originaire du Pilat, il travaille à rejoindre le Gaec d'ici quelques mois dans l'idée de s'installer comme « boulanger paysan », histoire de constituer un ensemble cohérent avec l'élevage et la ferme pédagogique, elle-même source de revenus non négligeables.

Transmettre un savoir des valeurs

« Dans l'aventure de l'installation, explique Thibault, il y a à la fois l'intention de montrer qu'il est possible de vivre sur une ferme en produisant, transformant et vendant localement, mais aussi la volonté de transmettre un savoir et des valeurs liées au monde de l'agriculture. » Quand on leur demande de détailler ces valeurs, les quatre amis évoquent l'attention portée à la qualité des produits et à l'environnement (la ferme est en conversion bio), l'entraide, mais aussi l'épanouissement personnel. « Nous avons passé longtemps à enseigner des choses dont on se demandait à quoi elles pouvaient servir, ajoute Thibault. Aujourd'hui, ce qu'on enseigne aux enfants et aux jeunes, on sait à quoi ça sert. »

Marianne Boilève

Ferme de la Combe Bernard à Montseveroux (circuit numéro 7). Production de fromages de chèvres et de vaches. Ateliers : traite, moulage et description des différentes étapes de fabrication des fromages. Aire de pique-nique possible. Ouverture le samedi à 10 h. Tel : 07 82 29 30 47 ou 04 74 54 43 45. Mail : [email protected]