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Energies renouvelables

Biomax, un pas dans la transition énergétique

La Métropole grenobloise s’équipe pour accélérer la transition énergétique grâce à un chantier innovant. La centrale au bois Biomax permettra de renforcer le réseau de chauffage et la production d’électricité.
Biomax, un pas dans la transition énergétique

Une visite de chantier a eu lieu le mardi 19 février sur le site de « Biomax », la nouvelle centrale au bois de l'agglomération de Grenoble. Un projet de 52 millions d'euros hors taxes qui contribue à « lutter contre la précarité énergétique », selon Christophe Ferrari, le président de la Métro. Débutés en juin 2018 sur la presqu'île de Grenoble, les travaux devraient être terminés en mars 2020.

Biomax est une centrale de cogénération qui produira de la chaleur et de l'électricité à partir d'un générateur de vapeur de 40 MW. La centrale au bois sera alimentée à 85% de biomasse, constituée de 92% de plaquettes forestières et 8% de bois recyclé. Elle consommera 85 000 tonnes de bois par an, approvisionné localement dans un rayon de soixante kilomètres autour de l'agglomération.
Le nouvel équipement palliera la fermeture prochaine de la chaufferie au fioul lourd du CEA. Il rejoindra le réseau de chaleur métropolitain composé de trois chaudières principales : Athanor, La Poterne et Villeneuve, qui constituent le deuxième réseau de chaleur en France après Paris. Les installations grenobloises brûlent aujourd'hui 61% d'énergies renouvelables ou de récupération, comme des ordures ménagères, farines animales ou bois. Avec Biomax ce taux passera à 70%, ce qui devrait éviter de rejeter 12 000 tonnes de CO2 par an dans l'atmosphère. A terme, elle produira 220 GWh d'énergie par an, soit 183 GWh de chaleur et 37 GWh d'électricité. Cela permettra d'alimenter en chauffage urbain entre 15 000 et 20 000 logements, et 10 000 en électricité. En terme d'emplois, dix-sept personnes seront amenées à travailler sur le site. 

Des risques d'inondations

En bordure de l'A380 et du Drac, le chantier est situé en zone inondable, un risque que le projet prend en compte. Une partie des bâtiments sera construite de sorte à ce que l'eau puisse s'écouler naturellement, via un cheminement prédéfini. Les équipements importants seront surélevés à une hauteur de 1,50 mètres, comme les ventilateurs ou le turbo-alternateur.

Un équipement innovant

Niveau de puissance important, caractère innovant... Le chantier est peu commun. En effet, la centrale repose sur le principe de la cogénération : la combustion de bois permet à la fois de produire de l'eau chaude et du chauffage mais également, grâce à un turbo-alternateur, de l'électricité.

Autre nouveauté : Biomax disposera d'un ballon de 1000m3 pour stocker la chaleur sous haute pression et la restituer en cas de pic de consommation. Cela permettra d'éviter de démarrer les centrales d'appoint, qui fonctionnent au fioul et au gaz. La chaleur sera stockée dans un réservoir isolé thermiquement, ici un ballon aérien. Le fonctionnement repose sur la différence de densité et de température de l'eau à l'intérieur du ballon. Il existe une stratification entre la couche chaude et la couche froide, appelée thermocline, dans laquelle un gradient de température est en place. Ainsi, lorsque le ballon est amené à se décharger, l'eau chaude est soutirée dans la partie haute et remplacée par l'eau froide, dans la partie basse. Des éléments mécaniques internes au ballon peuvent être insérés pour éviter le mélange des couches et uniformiser la vitesse de l'eau.

Les fumées produites par Biomax seront récupérées et filtrées pour pré-sécher le bois avant de le brûler, limitant ainsi le rejet de chaleur dans l'atmosphère. « Il n'existe pas une usine en France qui arrive à des rendements aussi élevés », affirme M. Giraud, le directeur technique du chantier.

 

Un projet qui s'inscrit dans la transition écologique. Objectif à terme : se rapprocher d'une production alimentée à 100% en énergies renouvelables, sans faire évoluer le prix du chauffage urbain pour l'usager.