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Défi

Bionic Patricia, le tour de France contre la maladie

La sportive grenobloise, qui a affronté deux cancers du sein est partie boucler son tour de France à vélo le 7 juin dernier, les sacoches pleines d'espoir et de détermination.
Bionic Patricia, le tour de France contre la maladie

Elle était émue Patricia au moment de son départ, « émue de cet élan de bonté et de bienveillance créé autour de moi. C'est inattendu et bouleversant ». Il faut dire que la dame est très attachante, ce genre de personne au contact naturel, que l'on a l'impression de connaître depuis toujours. Sans pudeur, cette grenobloise, drômoise d'origine, raconte son histoire. A 58 ans, Patricia Hermitte vient d'affronter deux cancers du sein. Côtes en titane, sternum en goretex. Depuis, on l'appelle « Bionic Patricia ». Le mot est galvaudé, mais cette sportive est une battante. Triathlonienne, elle a dû abandonner la course à pied, la maladie ayant fragilisé ses tendons. Qu'à cela ne tienne, l'adrénaline viendra en pédalant. Sa réponse au cancer, c'est ça : avaler les kilomètres sur sa petite reine.

« Le plaisir de l'aventure »

En octobre dernier, elle prend cette décision un peu folle de boucler un tour de France de 5 300 kilomètres à couvrir en 70 étapes environ. Elle s'inspire du parcours randonneur cyclotouriste tracé par l'US Métro en 1959, qui ne lésine pas sur les étapes de montagnes et suit scrupuleusement les bords de mer. Ca tombe bien Patricia connaît peu la Bretagne et rêve de mettre un jour les pieds au Mont-Saint-Michel.

Pour  préparer ce défi, la sportive s'entraîne avec le club de cyclotourisme grenoblois dont elle partage les sorties. Elle a bénéficié de l'accompagnement de la papesse du cyclisme, la grenobloise Jeannie Longo. « Je ne m'attendais pas à un tel élan autour de moi. Cela fait presque peur. Avec la pression, on se dit qu'on n'a pas le droit de ne pas y arriver. Ils croient tous en moi ! ». Patricia entend pédaler 5 à 6 heures par jour, « pour ne pas s'enlever le plaisir de l'aventure ». Pour arracher ce bonheur-là à la maladie. Avec son franc-parler, la sportive lâche : « Je suis un bourrin ». Mais elle connaît ses limites et celles de son corps. Elle bénéficie d'un suivi médical de la part de son généraliste et de son médecin du sport. Elle reste dans les contours de ce dont elle a besoin, en termes d'effort sportif. « Je veux rester en forme. Dans quatre ans et demi, je veux aller courir le marathon de New York, avec mon petit fils, pour ses 18 ans. » Alors, si son organisme lui dicte « repos ! », elle l'écoutera.

Un euro par kilomètre

Ce projet de tour de France lui fait oublier la maladie. « Je veux partir au moment où la forme est revenue », poursuit la cyclotouriste. Elle a mis tous les atouts de son côté. Son vélo a été fabriqué par Daniel Cattin, à Crolles, un des rares fabricants de cycles en Rhône-Alpes. La machine, qu'elle a baptisée la Rocinante, pèse à peine une douzaine de kilos, dix-huit chargée. Elle est équipée de sacoches de dernière génération et d'une dynamo qui lui permet de recharger son téléphone en pédalant. « Mes amis ont monté toute une assistance technique autour de moi. Je les appelle les "Géo-trouve-tout" ».

Patricia a quitté Grenoble le 7 juin dernier, en direction du sud via le col du Lautaret. Si elle pédale pour faire un pied de nez à la maladie - « il faut croire en la guérison » , déclare-t-elle - son défi revêt un sens particulier. En effet, la cycliste s'est engagée à reverser un euro par kilomètre parcouru à l'association Espoir-Isère-contre-le-cancer qui aide les malades atteints d'un cancer. Les fonds sont utilisés pour équiper les services de cancérologie, soutenir la recherche fondamentale ou aider les familles en difficulté financière du fait de la pathologie. La sportive a été particulièrement sensible au confort apporté aux malades en cancérologie. « Lorsqu'ils interviennent, ce n'est pas grand chose et beaucoup à la fois ». Dans ces services aux pathologies lourdes, l'arrivée d'une esthéticienne ou d'un réflexologue plantaire est en effet vécue comme un rayon de soleil.

Patricia Hermitte fait partie de ces ambassadrices de talent. Elle clame haut et fort son « Non » à la maladie et veut « donner un message d'espoir à tous ceux qui rencontrent des difficultés avec la maladie »

Isabelle Doucet

Comment soutenir Patricia :

- Ouvrir réseaux sociaux et économiques pour faire connaître le défi de Patricia
- Financer les kilomètres parcourus
- Alerter ses connaissances pour accompagner Patricia tout au long se son parcours.
https://www.facebook.com/pages/Le-Tour-de-France-de-Bionic-Patricia/214801585395022?fref=photo