Bouillon d'idées en Alpes Sud Isère
Au sein d'un territoire qui s'étale des hauts sommets de l'Oisans jusqu'aux portes de Grenoble et compte 35 000 actifs (la moitié de ses habitants) pour seulement 21 000 emplois, toutes les idées sont bonnes à prendre pour favoriser le développement économique et l'emploi. L'amélioration des conditions d'installation des entreprises, leur regroupement, la mutualisation de leurs outils, le développement d'activités liées à la transition énergétique : autant d'initiatives qui peuvent servir de leviers pour rendre le territoire plus dynamique, et qui étaient au cœur des discussions lors de la soirée organisée par le CDDRA (Contrat de développement durable Rhône-Alpes) Alpes Sud Isère, en décembre à Champ-sur-Drac.
Alp Lignum
Malgré ses faiblesses (notamment en matière de développement économique, de voies d'accès ou de couverture numérique), ce ne sont pas les idées, ni la bonne volonté qui manquent dans le Sud-Isère. Pour preuve, ce témoignage évoquant la démarche d'identification des locaux vacants pour les proposer rapidement aux entreprises prêtes à s'installer en Oisans. Ou celui annonçant le développement de la démarche Tepos (Territoire à énergie positive) dans la communauté de communes du Trièves. Ou encore ce dispositif d'accompagnement des entreprises dans les secteurs de l'eau, l'énergie et l'environnement « Une rivière, un territoire » mis en œuvre par EDF. Autre initiative, celle d'Alp Lignum (1), un groupement d'entreprises issues de la première et seconde transformation du bois (scieurs et charpentiers).
Développer une offre commune
L'idée est partie de la nécessité d'améliorer l'accès des petites et moyennes scieries et entreprises de charpente du territoire aux marchés de la construction, dans un secteur en mutation (forte concurrence extérieure, normes très contraignantes, délais de construction de plus en plus réduits). « Nous étions conscients d'avoir des atouts, notamment une ressource de qualité, un bon accès à cette ressource, du personnel qualifié et des moyens de production cohérents. Mais il fallait trouver une manière de pallier nos points faibles (l'absence de communication de nos entreprises, nos manques de moyens en ingénierie, et nos faibles capacités d'investissement) », explique Frédéric Saboureault, gérant d'Alp Lignum. C'est donc en faisant le point sur leurs forces et leurs faiblesses que dix entreprises (2) ont décidé, il y a deux ans, de s'allier au sein d'Alp Lignum, pour développer une offre commune dans le territoire Rhône-Alpes et Paca et territorialiser ce qui pouvait être mutualisé, comme les études, le marketing, la taille et l'assemblage d'éléments. Tout n'a pas été facile à mettre en œuvre. Il a fallu faire avec le manque de temps de chacun, le manque de personnel et de moyens financiers, les échecs. « Mais au bout du compte, Alp Lignum nous permet d'avoir des leviers pour optimiser nos moyens de communication, et pour accéder à de nouveaux débouchés », analyse l'entrepreneur. La qualité est le maître-mot des entreprises d'Alp Lignum. Tous leurs ouvrages utilisant du bois, sont réalisés à partir de grumes issues des forêts alpines et labellisées « Bois des Alpes ». Cette certification leur permet de valoriser leur démarche d'approvisionnement local et de qualité. Ils espèrent maintenant qu'elle leur permettra de décrocher de nouveaux contrats émanant des collectivités qui auront stipulé « Bois des Alpes » dans leurs appels d'offres.
(1) Alpium Lignum veut dire « bois de Alpes » en latin.
(2) Quatre scieries (Frères Barthalay à Tréminis, Nier à Varces, Parron à Lus-La-Croix-Haute, le Pré Clos à Mens), une plateforme de séchage (Société de valorisation des bois du Trièves à Saint-Michel-les-Portes) et cinq entreprises de charpente (AFD Charpente à Renage, Brunnet-Manquat Frères aux Adrets, Etablissement Locatelli à Vif, NC Solutions Bois à Autrans et Pioz Marchand Charpente à Beaucroissant).