« C'est aux jeunes de faire vivre les projets »
Début mars, le comité de territoire de l'Isère rhodanienne (CTIR) s'est prononcé pour son auto-dissolution. Pourquoi ?
Jusqu'à présent, le CTIR regroupait trois collectivités : les Collines du Nord Dauphiné, ViennAgglo et le Pays roussillonnais, ce qui représentait 49 communes et environ 600 exploitations pour un total de 25 000 ha cultivés. Mais le législateur a fait évoluer les choses, et notamment les structures des collectivités locales. ViennAgglo s'est associée avec la communauté de communes de la région de Condrieu, dans le Rhône, pour devenir, depuis le 1er janvier 2018, Vienne Condrieu Agglomération, qui comprend également la commune de Meyssiez. De son côté, le Pays roussillonnais a fusionné avec le territoire de Beaurepaire pour faire naître une nouvelle intercommunalité : Entre Bièvre et Rhône. Ces redécoupages nous ont conduits à nous poser la question du devenir du CTIR. Réunis en assemblée générale extraordinaire, nous avons décidé de liquider le CTIR, estimant qu'il ne servait à rien de faire perdurer une structure qui n'a plus l'assentiment de ses acteurs.
Il n'y avait donc pas d'autres voies possibles...
Si, bien sûr, il y avait plusieurs solutions. D'une manière générale, il faut savoir que des conventions sont désormais mises en place directement avec les collectivités. Le souci, c'est qu'avec Vienne Condrieu Agglo, nous sommes en présence de deux départements et de deux chambres d'agriculture. La communauté d'agglomération s'est prononcée pour un travail de coopération, en partenariat avec la chambre d'agriculture du Rhône et celle de l'Isère. Ce travail est en cours. Le soutien aux agriculteurs sera basé à Vienne, Lucie Girard étant en charge de l'animation territoriale.
Et pour les autres territoires ?
Au niveau d'Entre Bièvre et Rhône, la structuration n'est pas encore tout à fait en place. Il n'est pas forcément nécessaire de créer une nouvelle structure. Est-ce qu'il y en aura une, d'ailleurs ? C'est aux collectivités d'en décider. Ce qui est important, c'est que l'émergence de projets continue d'être accompagnée par la chambre d'agriculture, en l'occurrence par Laura Arquin. Mais ce n'est plus le CTIR qui le portera. Quant aux Collines du Dauphiné, pour l'instant, c'est en suspens.
Pensez-vous que ces évolutions vont amorcer une nouvelle dynamique territoriale ?
Disons que ça permet de poser la question aux nouvelles générations. Il faut reconnaître que l'équipe du CTIR a un peu vieilli. Nous n'avons pas forcément su mobiliser les plus jeunes. Or c'est à eux, aux actifs, de décider et de faire vivre les projets. Tout cela pose aussi la question de l'animation territoriale et du rôle des comités de territoire : il peut sans doute y avoir animation sans comité de territoire.
C'est une nouvelle page qui s'ouvre. Le CTIR a tout de même un joli bilan à son actif...
Créé en 2005, le comité était l'instance représentative du monde agricole en Isère Rhodanienne. Il rassemblait les « forces vives » de l'agriculture et initiait les concertations nécessaires avec les élus des collectivités territoriales et tous les partenaires concernés ou intéressés par l'activité agricole. Nous avons ainsi accompagné les collectivités dans de nombreux dossiers, comme la gestion de l'ambroisie ou la maîtrise de l'érosion. Nous avons également travaillé à préserver le foncier agricole, accompagné de nombreux projets. L'an dernier par exemple, nous avons porté un diagnostic sur la filière fruit, soutenu un projet d'irrigation dans la plaine de Reventin-Vaugris et accompagné Agrométha, qui sont sont de vrais projets d'avenir.