Champ-contrechamp
Frontonas accueille les Jeunes Agriculteurs et la finale départementale de labour dans le cadre de l'èvènement Terre de Sens ce samedi 1er septembre. Après une édition 2017 à Colombe, c'est donc le CCJA du canton Heyrieux / La Verpillère qui s'est prononcé à l'assemblée générale de décembre dernier pour organiser la manifestation.
Un baroud d'honneur pour le comité d'organisation de huit bénévoles, « tous très motivés », qui vont bientôt connaître « pour beaucoup leur fin d'activité au sein des Jeunes Agriculteurs », déclare Florence Prudhomme, agricultrice à Saint-Quentin-Fallavier et membre du comité d'organisation. Ce dernier s'est réuni régulièrement en présence d'un adjoint de la mairie.
On veut aussi « inviter les jeunes à nous rejoindre », souligne-t-elle. La relève qui sera d'ailleurs présente à Terre de Sens avec les élèves de la maison familiale et rurale (MFR) de Mozas à Bourgoin-Jallieu et du lycée agricole de La Côte-Saint-André afin de tisser des « liens intergénérationnels », indique Jeunes Agriculteurs. Les élèves de la MFR tiendront d'ailleurs un stand de crêpes pour financer leur voyage d'étude.
En dehors du noyau dur, une trentaine de bénévoles sont mobilisés (et Florence Prudhomme attend encore des renforts) pour partager un « moment convivial et de fête ». Mais pas seulement...
Fête agricole en milieu périurbain
Terre de Sens est aussi pour le comité d'organisation un moyen de « ne pas rester isolé ». Et pourquoi pas, de créer des vocations dans un milieu urbanisé. Frontonas est en effet située à cinq kilomètres du parc d'activité de Chesnes, une des plus grosses zones industrielles d'Europe. « Il n'est jamais évident de trouver un terrain », confirme Florence Prudhomme. Des agriculteurs qui ont « ce besoin qu'on protège les terrains pour ne plus avoir la peur au ventre », signale-t-elle. Du côté de la commune, qui compte une quinzaine d'agriculteurs dont cinq céréaliers, répartis sur 650 hectares, on assure aller dans ce sens. « Il faut que l'agriculture perdure et reste sur la commune qui compte beaucoup de jeunes agriculteurs ayant repris l'exploitation familiale », défend Annick Merle, maire de Frontonas. « On a modifié le Plan local d'urbanisme pour intégrer des lois nationales comme la loi Alur, explique-t-elle. Elle ajoute qu' « un agriculteur pourra construire un hangar prochainement ».
Attirer et sensibiliser le grand public
« Partager le territoire, montrer la présence de l'agriculture aux habitants tout en ne montant pas les corps de métiers les uns contre les autres », c'est donc une des raisons d'être de la manifestation pour Florence Prudhomme. « Quel que soit le nombre de visiteurs dans la journée, s'ils viennent de bon cœur, on sera très satisfait ».
Des visiteurs attendus nombreux aux différentes animations, à commencer par la finale de labour en elle-même. La jeune agricultrice assure que la compétitition est un moment phare de la journée et fait déplacer autant les professionnels que les curieux de tous âges. Ils verront s'affronter la vingtaine des meilleurs jeunes agriculteurs de l'Isère dans deux catégories : le labour en planche (charrue simple) et le labour à plat (charrue réversible). Les JA dresseront l'historique de la pratique au travers de démonstrations de labour « à l'ancienne ». La mise en lumière de ce « patrimoine agriculturel » se traduira aussi par l'exposition de matériel agricole ancien et plus récent.
« De la graine semée au produit transformé »
L'édition 2018 de Terre de Sens aura pour fil rouge « De la terre à l'assiette ». « Un thème trouvé très rapidement », précise Florence Prudhomme. Il a été choisi afin de faire découvrir aux visiteurs l'origine de ce qu'ils consomment dans la vie de tous les jours et toutes les étapes de « la graine semée au produit transformé ». La terre, c'est d'abord le champ de blé label rouge sur lequel se déroulera la journée. Une manière de dire aux visiteurs : « Vous voyez là où vous marchez, le blé qui y sera récolté pour la farine se retrouvera peut-être dans votre pain de demain », explique l'agricultrice.
Pour décliner la thématique, la technologie sera de sortie. Un casque à réalité virtuelle, plongeant le visiteur au moment de la moisson et un simulateur de conduite animeront entre autres le parcours. Pour Florence Prudhomme, il s'agit de refléter une « image moderne de l'agriculture », d'une utilisation de la technologie, de GPS, d'engins connectés, etc. au service d'une « agriculture raisonnée et raisonnable »
Des technologies qui seront également présentées aux agriculteurs par les fournisseurs de matériels agricoles. « C'est de la pure découverte il n'y a pas d'objectif commercial derrière, c'est avant tout pour soutenir les agriculteurs locaux », assure l'agricultrice.
L'assiette, quant à elle, sera constituée de produits locaux, que les gourmands pourront acheter sur le marché des producteurs ou savourer lors du repas concocté par les JA. Du poulet de la rôtisserie Dauphinoise, sera notamment à la carte. Le marché représentera la diversité des productions du territoire allant du safran au lait d'anesse « On a essayé d'avoir des produits du canton ou dans un rayon de 50 km », soutient Florence Prudhomme. Pour valoriser la provenance locale, le chapiteau de la marque Is(h)ere pointera également le bout de son nez.
Jordan Dutrueux
Programme
Tout au long de la journée :- Circuit de découverte « de la terre à l'assiette » avec masque virtuel.
- Découverte des nouvelles technologies.
- Exposition de matériel ancien et récent.
- Mini-ferme.
- Marché de producteurs locaux.
- Balades à poney.
- Buvette.A partir de 10h : Essais des concurrents laboureurs et réunion des juges.11h : Discours des élus et des partenaires, suivi d'un vin d'honneur.A partir de 12h : Repas à base de produits locaux, sous chapiteau.A partir de 13h30 : Finale départementale de labour.17h : Remise des prix de la Finale départementale de labour.