Changement de méthode
L'organisation du sanitaire en France évolue. Beaucoup. Depuis 2010, date du lancement des « Etats généraux du sanitaire », qui visait à optimiser la gouvernance et le financement de la politique sanitaire avec une implication plus forte des professionnels, c'est l'ensemble du dispositif de sécurité sanitaire dans les secteurs animal et végétal qui est remis en question. A l'avenir, les GDS et les éleveurs auront de plus en plus de responsabilités. Tel était le message délivré par Marc-Henri Cassagne, directeur de GDS France, lors des 60 ans du GDS de l'Isère, célébrés le 11 décembre à Tullins.
Un outil plus affiné
« Détecter, abattre, et indemniser : le système n'était pas mauvais. Bien au contraire. Il avait largement fait ses preuves, puisqu'il a permis de lutter efficacement contre de graves maladies telles que la tuberculose, la bruccellose et la fièvre aphteuse. Mais aujourd'hui il n'est plus adapté. D'une part les moyens de l'Etat ne sont plus ce qu'ils étaient. D'autre part, la présence de ces maladies n'est plus que sporadique et ne nécessite plus le même type d'intervention » affirme Marc-Henry Cassagne. « Il faut maintenant un outil plus affiné, avec des mécanismes d'alerte et d'intervention plus rapide », ajoute-t-il.
Un fonds de mutualisation sanitaire et environnementale
Exit les directions des services vétérinaires (DSV), place aux directions départementales de la protection des populations (DDPP). La nouvelle organisation prévoit aussi un rôle renforcé pour les GDS et les GDS régionaux, reconnus organismes à vocation sanitaire (OVS). Et une organisation harmonisée dans l'ensemble du territoire. Concrètement, les GDS continueront d'assurer la gestion administrative des prophylaxies et les contrôles liés à l'introduction des bovins. Ce n'est qu'en cas de problèmes que les DDPP interviendront. « Et pour que la veille soit organisée efficacement, pour que les éleveurs soient entendus, il convient que chaque espèce soit bien organisée pour faire remonter les informations. C'est déjà le cas pour les bovins, mais il reste encore à faire sur les autres espèces », prévient Michel Boursier, président du GDS de l'Isère. Quant au financement de la politique, face au désengagement de plus en plus affirmé de l'Etat, les éleveurs craignent qu'elle ne soit de plus en plus à leur charge. Dans le cadre de la réforme politique sanitaire européenne, un fonds de mutualisation sanitaire et environnementale (FMSE), a été créé. Cofinancé par la profession (les éleveurs doivent l'alimenter à hauteur de 20 euros par associé), l'Etat et la Communauté européenne, il est destiné à indemniser les agriculteurs victimes de crise sanitaire ou environnementale qui ont entraîné des pertes économiques. Aujourd'hui, l'évolution de la politique sanitaire est lancée, mais il reste encore un long chemin à parcourir pour que tous les rouages de la nouvelle mécanique soient en place.
Isabelle Brenguier
*Groupement de défense sanitaire
Un nouveau directeur au GDS de l'Isère
Passionné par les animaux et le sanitaire, c'est tout naturellement que Grégoire Malaval, ingénieur agronome de 31 ans, a voulu rejoindre le monde agricole, après un premier emploi dans la grande distribution. Depuis le mois de juin dernier, il est donc le nouveau directeur du Groupement de défense sanitaire de l'Isère. Il a pour objectifs de « redynamiser et développer le sanitaire au sein du GDS », et d'inciter les éleveurs à considérer qu' « investir dans le sanitaire aujourd'hui, c'est penser à demain ».I.B.