Changement de tête et de ton au conseil départemental
Son programme proposait « De l'air pour l'Isère », il fallait donc que l'on sente très vite « un nouveau souffle » balayer le territoire. Elu le 2 avril à la présidence du conseil départemental avec 34 voix sur 58, Jean-Pierre Barbier, député et maire de Penol, a prononcé un long discours, dans lequel il a évoqué plusieurs mesures phares (rétablissement de la gratuité des transports scolaires, plan de relance économique de 100 millions d'euros, relance du projet A 480...). Objectif premier : relever « le défi gigantesque qui nous attend », allusion aux « difficultés » du territoire et à la « situation terriblement inquiétante », qu'ont rélévée le haut niveau de l'abstention et le score du Front national. Concrètement, le nouveau président entend démontrer « sa capacité à améliorer la vie de [ses] concitoyens » en dépit de la « situation ubuesque » dans laquelle il se trouve. La nouvelle équipe doit en effet mettre en œuvre une politique alors même que les compétences des conseils départementaux sont encore en discussion au Parlement dans le cadre de l'examen de la loi Notre (Nouvelle organisation territoriale de la République).
100 millions injectés dans l'économie locale
Premier chantier annoncé : la relance de l'activité économique et de l'emploi en Isère. Un « vaste plan de relance de 100 millions d'euros (...) injectés dans l'économie locale » doit permettre de « réaliser des travaux de rénovation du réseau routier et de modernisation des équipements publics », notamment des collèges. Il est également prévu une aide supplémentaire pour « toutes les collectivités qui signeront un ordre de service pour lancer des travaux sur leur territoire dans les trois mois à venir » (subvention majorée de 10%), sans que ne soient touchées les enveloppes territoriales, a précisé Jean-Pierre Barbier. Il est également question de dresser un « inventaire précis des travaux qu'il est possible de débloquer rapidement au niveau du département », afin de lancer un « premier signal à destination des artisans, des entreprises de travaux publics et des PME ».
Plus généralement, le nouveau président se dit prêt à rouvrir les dossiers en suspend (Rondeau, A 480...) et à « soutenir activement les grands projets innovants » (le président a évoqué l'aéroport Grenoble Isère) et à accompagner les entreprises créatrices d'emplois, notamment dans des filières comme le tourisme, la montagne, les stations thermales ou le ski. Attentif au « développement équilibré des territoires », Jean-Pierre Barbier a réaffirmé son intention d'appuyer « les activités en milieu rural, notamment à travers le développement de la filière bois et un engagement plus fort auprès des agriculteurs ». Pas de précision supplémentaire pour le moment. Rappelons simplement que le programme électoral de l'union de la droite évoquait un soutien aux circuits courts et un renforcement des filières traditionnelles (lait et viande). Dans un entretien à Terre dauphinoise, le candidat Barbier avait par ailleurs indiqué sa préférence pour le ciblage des aides plutôt que leur saupoudrage, et ce afin d'aider une filière « à se moderniser et à répondre aux défis auxquels elle est confrontée », avant de passer à une autre.
Budget contraint
Concernant la solidarité et l'action sociale, là aussi, changement de ton. La nouvelle équipe entend réorienter les politiques sociales et limiter les dépenses aux obligations strictes du département. Traduction : la gratuité des transports scolaires est rétablie, les structures d'accueil pour la petite enfance seront davantage soutenues, et le soutien aux hébergements d'urgence « limité » (1), « tout cela dans un cadre budgétaire contraint ».
Autre dossier âprement défendu par la nouvelle équipe : l'installation de Center Parcs à Roybon, projet qui fait consensus chez la plupart des élus, de l'ancienne comme de la nouvelle majorité, à l'exception notoire des écologistes. Déplorant qu'une « poignée d'activistes [puissent] bloquer (...) un projet capable de créer 700 emplois sur un territoire qui en manque cruellement », Jean-Pierre Barbier a annoncé une motion de soutien en faveur du projet lors de la prochaine session. Il n'en a pas moins fait part de ses « inquiétudes » quant au devenir dudit projet : « Après la rupture, un remariage semble se dessiner au niveau national entre le parti socialiste et les verts. Je ne veux pas que ce projet soit mis dans le panier de la mariée. »
Marianne Boilève
(1) L'aide 93 000 euros au titre de l'aide à la construction d'un site d'hébergement d'urgence sur le terrain du Rondeau votée par le conseil général le 13 mars sera ainsi annulée.
Les nouvelles vice-présidences du Conseil Départemental de l'Isère et leur délégation
- Frédérique Puissat, 1ère vice-présidente : Famille, enfance et santé- Christian Rival, 2ème vice-président : Equipement et aménagement des territoires, et aide aux communes
- Annick Merle, 3ème vice-présidente : Economie et aménagement numérique
- Christian Coigné, 4ème vice-président : Ingénierie urbaine, foncier et logement
- Pierre Gimel, 5ème vice-président : Finances et ressources humaines
- Chantal Carlioz, 6ème vice-présidente : Tourisme, montagne et stations
- Jean-Claude Peyrin, 7ème vice-président : Transports et mobilité
- Sandrine Martin-Grand, 8ème vice-présidente : Action de solidarité et insertion
- Julien Polat, 9ème vice-président : Plan de relance, grands projets, contrat de plan Etat-Région
- Evelyne Michaud, 10ème vice-présidente : Collèges et équipements scolaires
- Patrick Curtaud, 11ème vice-président : Culture, patrimoine et coopération décentralisée
- Laura Bonnefoy, 12ème vice-présidente : Dépendance et handicaps
- Robert Duranton, 13ème vice-président : Agriculture, irrigation, filière bois et environnement
- Bernard Perazio, 14ème vice-président : Voirie, réseaux d'eau et d'assainissement, électrification
- Martine Kholy, 15ème vice-présidente : Sport, jeunesse et vie associative