Isère
Coût de revient du litre de lait : des marges de progrès existent
Gestion/Oui, il est possible de gagner correctement sa vie en élevage bovin laitier quand la conjoncture est mauvaise. Une cinquantaine d'exploitants isérois a pu le vérifier lors des formations récemment animées par le comité isérois des éleveurs.
Quatre sessions de la formation sur le coût de revient du lait en élevage bovin ayant déjà eu lieu, des premiers enseignements peuvent en être dégagés. « Cette formation comprenant un temps individuel, dans les exploitations, et un autre collectif, voire plusieurs dans le cas de la session assurée pour le compte de la FDSEA, met d'abord en évidence le poids de l'alimentation et de la mécanisation, qui représentent chacune environ un tiers des coûts de production en élevage bovin laitier (hors main-d'œuvre), indique Jean-Philippe Goron, l'ingénieur du comité isérois des éleveurs (Ciel), en charge de l'organisation de ces formations. Les bâtiments focalisent l'attention, car ils représentent des investissements conséquents. Mais, comme ils s'amortissent sur dix ou vingt ans, leur coût ramené à la tonne de lait produite n'est pas si élevé ». Il se situe généralement entre 10 et 12 % des coûts de production.
Des situations contrastées
Ces chiffres sont des moyennes qui cachent des réalités très variables d'un élevage à l'autre. Selon les exploitations, leur degré d'autonomie fourragère, leurs politiques d'achat, la composition des cheptels qu'elles abritent et des rations servies à chaque catégorie d'animaux, le prix de l'alimentation - traduit en indices - varie ainsi de 100 à 175. Et il en est de même en intégrant les autres coûts de production, notamment la mécanisation, poste au sein duquel « les amortissements expliquent près de 80 % des écarts, loin devant l'entretien du matériel et le carburant, précise Jean-Philippe Goron. C'est pourquoi nous ne nous contentons pas des chiffres de la douzaine d'éleveurs participant à chaque formation et leur proposons plutôt de comparer leurs coûts aux données issues des fermes de référence ».
Car avec cette formation intitulée « Retrouver des marges de progrès en élevage bovin laitier », le but est bien d'identifier des pistes de travail susceptibles d'améliorer la situation financière des fermes et de leurs exploitants. Et le fait que, « même dans une très mauvaise conjoncture (les chiffres étudiés étant ceux de 2009), il y ait des éleveurs qui gagnent correctement leur vie, dépassant parfois l'objectif d'un Smic et demi par exploitant », est porteur d'espoir.
Surtout qu'il est possible de bien maîtriser ses coûts de production dans une grande comme dans une petite exploitation agricole. « Les économies d'échelle liées à l'agrandissement des structures ne sont pas aussi importantes qu'on pourrait le croire, note Jean-Philippe Goron. Il semble plutôt provoquer un resserrement des coûts, c'est-à-dire que les grands élevages se ressemblent plus que les petits entre eux ».
Quelles mesures prendre ?
Chaque cas étant particulier, il n'est pas possible de formuler des conseils pouvant s'appliquer à l'ensemble des éleveurs bovins laitiers de l'Isère. Mais, pour faire baisser le coût de revient de la tonne de lait, l'ingénieur du Ciel recommande de se pencher sur l'efficacité des concentrés et de prendre garde aux prix des minéraux, souvent très élevés et donc difficilement rentabilisables. Dans ce domaine, acheter en grandes quantités (en groupant ses commandes ou en s'associant avec ses voisins) s'avère également intéressant.
Au-delà de l'optimisation de l'alimentation, « ceux qui s'en sortent bien sont aussi ceux qui affichent une forte productivité du travail (c'est-à-dire un volume de lait produit important par exploitant) et qui maîtrisent leurs charges de mécanisation, relève Jean-Philippe Goron. Ces dernières expliquent souvent les coûts de production élevés, car on peut cesser l'achat de minéraux du jour au lendemain sans conséquences négatives pour les comptes de l'exploitation, alors que l'on perdra de l'argent si l'on revend un tracteur dont on se rend compte qu'on a du mal à le rembourser ». Et ce, si on arrive à la revendre en période de vaches maigres... Mieux vaudrait donc payer des cotisations sociales élevées une année que de chercher à réduire son revenu en investissant de fortes sommes d'argent.
Cécile Fandos
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
Nouvelles sessions de formation
En septembre, de nouvelles sessions de cette formation devraient être organisées.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Des situations contrastées
Ces chiffres sont des moyennes qui cachent des réalités très variables d'un élevage à l'autre. Selon les exploitations, leur degré d'autonomie fourragère, leurs politiques d'achat, la composition des cheptels qu'elles abritent et des rations servies à chaque catégorie d'animaux, le prix de l'alimentation - traduit en indices - varie ainsi de 100 à 175. Et il en est de même en intégrant les autres coûts de production, notamment la mécanisation, poste au sein duquel « les amortissements expliquent près de 80 % des écarts, loin devant l'entretien du matériel et le carburant, précise Jean-Philippe Goron. C'est pourquoi nous ne nous contentons pas des chiffres de la douzaine d'éleveurs participant à chaque formation et leur proposons plutôt de comparer leurs coûts aux données issues des fermes de référence ».
Car avec cette formation intitulée « Retrouver des marges de progrès en élevage bovin laitier », le but est bien d'identifier des pistes de travail susceptibles d'améliorer la situation financière des fermes et de leurs exploitants. Et le fait que, « même dans une très mauvaise conjoncture (les chiffres étudiés étant ceux de 2009), il y ait des éleveurs qui gagnent correctement leur vie, dépassant parfois l'objectif d'un Smic et demi par exploitant », est porteur d'espoir.
Surtout qu'il est possible de bien maîtriser ses coûts de production dans une grande comme dans une petite exploitation agricole. « Les économies d'échelle liées à l'agrandissement des structures ne sont pas aussi importantes qu'on pourrait le croire, note Jean-Philippe Goron. Il semble plutôt provoquer un resserrement des coûts, c'est-à-dire que les grands élevages se ressemblent plus que les petits entre eux ».
Quelles mesures prendre ?
Chaque cas étant particulier, il n'est pas possible de formuler des conseils pouvant s'appliquer à l'ensemble des éleveurs bovins laitiers de l'Isère. Mais, pour faire baisser le coût de revient de la tonne de lait, l'ingénieur du Ciel recommande de se pencher sur l'efficacité des concentrés et de prendre garde aux prix des minéraux, souvent très élevés et donc difficilement rentabilisables. Dans ce domaine, acheter en grandes quantités (en groupant ses commandes ou en s'associant avec ses voisins) s'avère également intéressant.
Au-delà de l'optimisation de l'alimentation, « ceux qui s'en sortent bien sont aussi ceux qui affichent une forte productivité du travail (c'est-à-dire un volume de lait produit important par exploitant) et qui maîtrisent leurs charges de mécanisation, relève Jean-Philippe Goron. Ces dernières expliquent souvent les coûts de production élevés, car on peut cesser l'achat de minéraux du jour au lendemain sans conséquences négatives pour les comptes de l'exploitation, alors que l'on perdra de l'argent si l'on revend un tracteur dont on se rend compte qu'on a du mal à le rembourser ». Et ce, si on arrive à la revendre en période de vaches maigres... Mieux vaudrait donc payer des cotisations sociales élevées une année que de chercher à réduire son revenu en investissant de fortes sommes d'argent.
----- ENCADRE ----------------------------------------------------------------------------------------------------
En septembre, de nouvelles sessions de cette formation devraient être organisées.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------