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Réunion de secteur

COM-MU-NI-QUER

A Saint-Chef, les agriculteurs présents à la réunion cantonale de la FDSEA ont échangé sur l'image que leur renvoie la société et sur les réponses à apporter.
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« Ils imaginent tous leurs grand-mères en train de traire leurs vaches. Ils se permettent de juger des choses qu'ils ne connaissent pas ». « Ils ont tous un avis sur notre métier et le communiquent. Je suis content de ne plus être éleveur ! » C'était un ras-le-bol général, fin novembre, lors de la réunion de secteur de la FDSEA à Saint-Chef. Montrés du doigt à la moindre occasion, les exploitants agricoles ont fait part de leur lassitude face à l'image écornée qu'on leur renvoie, qu'il s'agisse d'alimentation, de produits phytosanitaires ou de bien-être animal. « La société civile, en général, ne voit pas si mal l'agriculture, même si Elise Lucet a fait 52 émissions à charge », a lancé Jérôme Crozat, le président de la FDSEA Isère. Il reconnaît : les prix bas et l'agri-bashing, ça fait beaucoup, mais il n'a pas son égal pour remonter le moral des troupes. « Auprès des élus, dans les repas de famille, avec les amis, vous êtes les premiers militants pour défendre notre métier ! », a-t-il lancé. Le syndicat essaie de structurer sa communication pour répondre aux multiples attaques, notamment sur les réseaux sociaux où les détracteurs sont très actifs. « Il ne faut pas avoir peur d'intervenir. Nous sommes fiers de notre métier, d'être éleveur, cultivateur. Nos pratiques sont nobles. Les choses évoluent. En Isère, l'an dernier, 500 agriculteurs sont passés en bio ou sont en conversion. Nous souhaitons gagner notre vie et notre métier a le droit d'évoluer », défend Jérôme Crozat en renvoyant dos-à-dos les végans et le pois-chiche à un euro le kilo produit au Bengladesh.

Sommes-nous motivés ?

De façon constructive, il est revenu sur la marque Is(h)ere. « Ce n'est pas juste un truc de Jean-Pierre Barbier. Si on s'est engagé, c'est parce qu'on a regardé les tenants et les aboutissant de la marque et c'est à chacun d'en saisir les opportunités. » Les solutions sont à la porte des exploitations. En viande, en lait, en céréales, les filières se structurent, avec des acteurs locaux, pour le marché local et en volumes. « A vous de demander une juste rémunération si vous trouvez que votre blé n'est pas acheté assez cher », indique par exemple Jérôme Crozat. Il souhaite profiter du concours d'élevage, qui se déroulera en 2019 à Saint-Chef, pour « enrichir l'événement » en communiquant, mais il veut savoir « si nous, les agriculteurs, nous sommes motivés ? ».

Face à certains chefs d'exploitation qui font part de leur désarroi, et plus particulièremnet du manque de considération à l'égard des paysans jusqu'au plus haut, niveau de l'Etat, à l'image des années de retard de versement de la PAC, le président de la FDSEA se montre combatif. « Si on veut que ça avance, il faut aussi s'engager ». Il en profite pour insister sur l'importance des élections à la chambre d'agriculture. « Nous n'avons pas à rougir du travail mené. Allez voter et faire voter vos voisins pour être forts et reconnus. »

Isabelle Doucet

 

Cultures /

Toujours des dégats de gibier

C'est un sujet récurrent à l'ensemble des réunions de territoire. Les dégâts de gibier sont à déplorer dans tous les secteurs. « Nous avons un gros problème sur les prairies, qui ne sont pas assez indemnisées, regrette un adhérent. On a beau passer la herse, le trou reste pendant dix ans.  » Le syndicat préconise d'ouvrir des dossiers, assurant qu'à ce jour, personne n'avait eu à payer pour cela. « Si on n'ouvre pas de dossier, il n'y a pas de trace, donc pas de problème », a souligné Christian Olles, le directeur de la FDSEA. Il rappelle qu'il est toujours possible de demander une battue administrative pour faire face aux problèmes de prolifération. Pour autant, les relations avec les chasseurs sont le plus souvent cordiales, un adhérent faisant remarquer que les membres de l'ACCA viennent l'aider à clore et déclore ses parcelles de maïs semence. « C'est un compromis, mais cela reste du boulot. »