Communiquer pour mieux commercialiser
« La communication, c'est toujours la 5ème roue de la Charette ». Virginie Thouvenin, animatrice à la chambre d'agriculture, a organisé un échange « Regards croisés » afin que les jeunes installés puissent échanger sur leurs actions de communication. « Les jeunes installés comptent souvent sur le bouche à oreille. Mais c'est comme une pompe. Pour que ça marche, il faut l'amorcer ! » Berengère Gudimard, qui reçoit à sa ferme de volailles de chair située à Chassignieu, confirme. « J'ai repris l'exploitation de mon père en 2015. Il n'y avait rien de fait en termes de communication. Lors d'un stage, on m'a dit : « il faut avoir une image et qu'on t'identifie ! » Elle fait donc rapidement réaliser un logo par une infographiste qu'elle ajoute ensuite sur les étiquettes de prix et les cartes de visite. Pour la suite, elle a reçu quelques conseils de l'animatrice consulaire. « Pour être reconnu sur un marché ou sur un magasin, c'est bien d'avoir un logo. On peut faire réaliser des banderoles floquées pour être visible sur un marché par exemple. » Bérangère a donc financé une banderole et prévoit de poser l'insigne de sa ferme sur son camion en 2018 afin de se faire connaître. On peut également jouer sur les emballages. « Pour les miels, les confitures, les yaourts... c'est toujours mis dans les mêmes pots. Lorsqu'un producteur utilise un pot un peu original, on le reconnaît tout de suite », explique Virginie Thouvenin. « Pour le producteur, la communication est futile, mais pour le consommateur, cela ne l'est pas ! »
Indiquer sa ferme
Il faut savoir être visible au sein des points de vente mais également dans sa ferme. « Des panneaux doivent indiquer localement l'exploitation. Il est conseillé d'éviter le bois car même si cela donne une image rustique, ce matériau vieillit très mal », détaille Virginie Thouvenin. L'agricultrice a donc retiré l'ancien panneau abîmé pour le remplacer par deux panneaux floqués en métal qui lui ont coûté... 63 euros. « La question financière n'est pas forcément le frein. Le problème est plutôt le rapport entre le montant investi pour un objet personnalisé et le retour sur investissement qu'on ne peut pas mesurer », explique l'animatrice. Ces outils de communication ne sont pas uniquement destinés à ceux qui travaillent en vente directe. « C'est indispensable pour ceux qui vendent sur les marchés, mais c'est aussi valable pour les circuits courts et longs. Cela rend l'agriculture visible ! » explique-t-elle.
Utiliser les réseaux sociaux
Pour aller plus loin, on peut également envisager la communication numérique. « Le mail n'est pas pris comme un outil de communication », déplore cette dernière. Pourtant, il est aisé de placer l'adresse, un numéro téléphonique et son logo dans la signature, à la fin de chaque mail. Certains agriculteurs se lancent aussi sur les réseaux sociaux : Facebook, Instagram, Twitter... mais attention à ce qui est posté. Il est déconseillé de mélanger les posts personnels et professionnels. Il est nécessaire d'avoir un profil exclusivement professionnel. « Cela peut être juste des photos, ou encore des vidéos. Mais certains ne se sentent pas forcément aptes à le faire », détaille l'animatrice. Bérengère Gudimard a créé sa page Facebook récemment. : « On peut programmer ses publications, on voit le nombre de personnes qui partagent notre publication... Je ne pensais pas que cela avait autant d'impact. »
Virginie Montmartin