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Economie

Confiance mesurée et activité consolidée

Dans une situation économique encore incertaine, caractérisée par une reprise partielle et molle, la caisse régionale du Crédit agricole affiche une sérénité appuyée sur des résultats positifs, conséquences d'une offensive pugnace auprès du marché régional, tant particuliers qu'entreprises.
Confiance mesurée et activité consolidée
Une chose est certaine : la crise économique des subprimes américains a fait revenir les grands établissements bancaires vers les fondamentaux de leur métier, ce qui ne les empêchent toutefois pas de se montrer innovants. La caisse régionale du Crédit agricole sud Rhône-Alpes est bien dans cet axe.
« Notre ligne de force est d'assurer une sérénité dans la durée et de consolider notre modèle » affirme Jean-Pierre Gaillard, président de la caisse régionale sud Rhône-Alpes (Casra) lors d'une présentation de l'activité économique de son organisme à Grenoble. Alors même si l'entité regroupant les trois départements de Drôme Ardèche Isère a toujours su se montrer raisonnable, même dans les périodes euphoriques, elle confirme sa volonté de rester proche de son marché et « d'accompagner la co-construction du territoire sur lequel elle a compétence ». Et visiblement, cela marche : un résultat net de 105,3 millions d'euros (+ 13,7%) et un produit net bancaire de 441,8 millions en augmentation de 12 %, prouvent la solidité de la banque régionale. « Notre territoire est diversifié et aucune filière économique n'y est écrasante » constate Jean-Pierre Gaillard, cela facilite la répartition des risques.

Innovation et proximité
Si la prudence et le recentrage sur les métiers de base constituent une caractéristique régionale, cela n'empêche pas les innovations. Ainsi, la filière habitat développée depuis à peine une poignée d'années, détient une croissance intéressante malgré de fortes tensions en matière immobilière. « Notre caisse régionale a gagné 1,5 point de parts de marché en un an » se réjouit Christian Rouchon, directeur général. Et il décrit la communication rapide et moderne qu'offrent les SMS pour traiter plus rapidement une partie des demandes de crédit immobilier, la vente privée de crédit habitat (offre préférentielle proposée seulement quelques heures), la synergie croisée entre les agences immobilières dépendant du groupe et les agences bancaires détenant les comptes du client. Cette dynamique s'est traduite par une hausse de 10 % des encours habitat.
Le Casra consolide également sa position auprès des acteurs économiques. La caisse régionale « finance une entreprise sur trois et l'encours de crédit a progressé fortement sur tous les marchés ». Même en agriculture la croissance des crédits a été forte, sans que cela traduise une couverture de dettes dues aux crises successives. « Les tensions économiques nous ont obligés à renforcer notre expertise, notre accompagnement et notre conseil aux entreprises car le principal risque d'une banque est l'échec d'un projet » indiquent les dirigeants régionaux. Alors l'agriculture, comme les autres secteurs ne font pas l'objet d'une restriction de crédits, mais d'un accompagnement poussé afin de limiter les risques. Et pas question d'abandonner le secteur agricole : « Son économie détient un potentiel extraordinaire, s'enthousiasme Jean-Pierre Gaillard, les attentes des consommateurs sont fortes. Bien sûr, les contraintes sont fortes, mais les enjeux sont énormes avec la nécessité à terme de nourrir neuf milliards de personnes. C'est un vrai développement en perspective et sans exclusive ». Ainsi, la caisse a mis en place des offres spécifiques envers l'agriculture biologique, mais accompagne également les investissements en direction de la restauration hors foyer ou bien soutient la diversification dans le photovoltaïque.
Quant à la crise de confiance que peuvent connaître les banques sur les marchés, le Crédit agricole n'y échappe pas. Christian Rouchon demeure serein : « Le système bancaire a pu commettre des erreurs, c'est vrai, mais aujourd'hui, au moins pour ce qui concerne le Crédit agricole SA, la blessure a depuis longtemps été traitée et cautérisée. Elle ne perturbe plus l'avenir ». Le retour aux fondamentaux y est pour quelque chose.

Jean-Marc Emprin