Isère
Contre la paperasse, le groupement d'employeurs départemental
Emploi / L'embauche d'un salarié est une étape que beaucoup de chefs d'entreprises rêvent et craignent à la fois de franchir. C'est pourquoi le groupement d'employeurs agricoles de l'Isère présidé par Pascal Denolly, Agri emploi 38, a choisi ce thème pour son assemblée générale du 15 mars, à Marcilloles. Le nuciculteur Jean-Pierre Rey (Saint-Vincent-de-Mercuze) et l'aviculteur Jean-Claude Mercier (Le Touvet) ont témoigné de la façon dont ils sont devenus employeurs en recrutant de concert au début de l'année.
Comment avez-vous eu le déclic et avez-vous finalement recruté ?
Jean-Pierre Rey : Durant la période de récolte des noix, trois aidants familiaux m'aident à recueillir le fruit de mon travail. Mais comme, en plus de l'exploitation de ces vingt hectares, j'ai saisi l'opportunité de développer la vente directe de produits dérivés de la noix, je me suis rendu compte que j'avais besoin de quelqu'un pour me seconder. Ne pouvant pas augmenter ma charge de travail, et l'âge avançant, j'ai pensé à prendre un salarié. Le déclic final a eu lieu peu avant le démarrage de la dernière récolte, quand je me suis cassé deux côtes.
Jean-Claude Mercier : Mon frère et moi travaillons ensemble, mais nous avons deux exploitations individuelles et nous vendons notre production 'oeufs, volailles de chair...) en direct, par le biais d'un magasin de producteurs et à la ferme. Les journées n'étant pas extensibles, nous souhaitions pouvoir nous décharger un peu, car le passage à la vente directe a entraîné une augmentation de la charge de travail. Cela faisait deux ans que nous cherchions une solution.
Au-delà des difficultés de recrutement inhérentes au secteur agricole, quelles étaient vos appréhensions par rapport à l'embauche ?
JPR : Je redoutais surtout la charge administrative car, suite à mon accident, j'ai embauché une personne en titre emploi simplifié agricole (Tesa), adapté à l'emploi saisonnier comme au remplacement d'un chef d'exploitation. Mais comme elle a démarré le 30 septembre, avant la fin du troisième trimestre, il a donc fallu faire de nombreuses démarches pour rectifier les appels à cotisation, etc.
Contourner ces tracasseries et garder un salarié dans la durée en l'embauchant à l'année étaient mes principales motivations pour faire appel au groupement d'employeurs départemental, dont j'avais suivi la création. Je connaissais déjà un peu le système, car j'avais eu l'occasion d'échanger avec des collègues du Grésivaudan qui se sont montés en groupement d'employeurs local. Mais ce n'était pas la solution pour moi, je préférais m'insérer dans une structure tout faite.
JCM : Nous avions les mêmes appréhensions au départ. Nous ne voulions pas, en plus de notre travail, « être employeurs ». Je n'aime pas les papiers, je ne voulais pas me rajouter du travail à ce niveau là. Quand Jean-Pierre, que je connais bien par le biais du magasin de producteurs, m'a parlé d'Agri emploi 38, j'ai donc été très intéressé. Et même si je fais toujours autant d'heures de travail, elles sont moins remplies !
Justement, comment intégrez-vous le salarié dans l'organisation de votre travail ?
JPR : J'ai contractualisé deux à trois jours par semaine pendant la récolte des noix et une journée par semaine pendant le reste de l'année, ce qui me permet d'être vraiment secondé en gardant la même personne. Avoir un soutien régulier m'a permis d'être plus performant et m'a amené à réfléchir à l'évolution de mon matériel. Aujourd'hui, je suis en phase de développement, car le temps dégagé m'a permis de mieux valoriser ma production.
JCM : Notre salarié a très vite appris : il s'est habitué à nos méthodes, à nos exploitations. Il prend des initiatives et sait être autonome. Il faut dire que, de notre côté, nous nous sommes engagés deux à trois jours par semaine, voire quatre en période de forte activité.
Pour entretenir cette dynamique, j'essaie de diversifier ses tâches, je fais en sorte de l'intéresser à son travail.
JPR : Au fur et à mesure, nous lui déléguons de plus en plus de tâches.
Quels conseils donneriez-vous à un exploitant agricole qui souhaite embaucher ?
JPR : En tant qu'agriculteurs, nous avons des impératifs de rentabilité. Employer un salarié représente un coût, mais cela peut permettre le développement de nos structures. Simplement, il faut bien savoir où l'on veut aller avant de se lancer.
JCM : Il faut aussi être conscient qu'une fois le salarié sur l'exploitation, il doit s'adapter à nos méthodes, mais nous devons également nous adapter à lui. La communication est essentielle à la qualité de la relation employeur/employé.
Propos recueillis par Agri emploi 38
Jean-Pierre Rey : Durant la période de récolte des noix, trois aidants familiaux m'aident à recueillir le fruit de mon travail. Mais comme, en plus de l'exploitation de ces vingt hectares, j'ai saisi l'opportunité de développer la vente directe de produits dérivés de la noix, je me suis rendu compte que j'avais besoin de quelqu'un pour me seconder. Ne pouvant pas augmenter ma charge de travail, et l'âge avançant, j'ai pensé à prendre un salarié. Le déclic final a eu lieu peu avant le démarrage de la dernière récolte, quand je me suis cassé deux côtes.
Jean-Claude Mercier : Mon frère et moi travaillons ensemble, mais nous avons deux exploitations individuelles et nous vendons notre production 'oeufs, volailles de chair...) en direct, par le biais d'un magasin de producteurs et à la ferme. Les journées n'étant pas extensibles, nous souhaitions pouvoir nous décharger un peu, car le passage à la vente directe a entraîné une augmentation de la charge de travail. Cela faisait deux ans que nous cherchions une solution.
Au-delà des difficultés de recrutement inhérentes au secteur agricole, quelles étaient vos appréhensions par rapport à l'embauche ?
JPR : Je redoutais surtout la charge administrative car, suite à mon accident, j'ai embauché une personne en titre emploi simplifié agricole (Tesa), adapté à l'emploi saisonnier comme au remplacement d'un chef d'exploitation. Mais comme elle a démarré le 30 septembre, avant la fin du troisième trimestre, il a donc fallu faire de nombreuses démarches pour rectifier les appels à cotisation, etc.
Contourner ces tracasseries et garder un salarié dans la durée en l'embauchant à l'année étaient mes principales motivations pour faire appel au groupement d'employeurs départemental, dont j'avais suivi la création. Je connaissais déjà un peu le système, car j'avais eu l'occasion d'échanger avec des collègues du Grésivaudan qui se sont montés en groupement d'employeurs local. Mais ce n'était pas la solution pour moi, je préférais m'insérer dans une structure tout faite.
JCM : Nous avions les mêmes appréhensions au départ. Nous ne voulions pas, en plus de notre travail, « être employeurs ». Je n'aime pas les papiers, je ne voulais pas me rajouter du travail à ce niveau là. Quand Jean-Pierre, que je connais bien par le biais du magasin de producteurs, m'a parlé d'Agri emploi 38, j'ai donc été très intéressé. Et même si je fais toujours autant d'heures de travail, elles sont moins remplies !
Justement, comment intégrez-vous le salarié dans l'organisation de votre travail ?
JPR : J'ai contractualisé deux à trois jours par semaine pendant la récolte des noix et une journée par semaine pendant le reste de l'année, ce qui me permet d'être vraiment secondé en gardant la même personne. Avoir un soutien régulier m'a permis d'être plus performant et m'a amené à réfléchir à l'évolution de mon matériel. Aujourd'hui, je suis en phase de développement, car le temps dégagé m'a permis de mieux valoriser ma production.
JCM : Notre salarié a très vite appris : il s'est habitué à nos méthodes, à nos exploitations. Il prend des initiatives et sait être autonome. Il faut dire que, de notre côté, nous nous sommes engagés deux à trois jours par semaine, voire quatre en période de forte activité.
Pour entretenir cette dynamique, j'essaie de diversifier ses tâches, je fais en sorte de l'intéresser à son travail.
JPR : Au fur et à mesure, nous lui déléguons de plus en plus de tâches.
Quels conseils donneriez-vous à un exploitant agricole qui souhaite embaucher ?
JPR : En tant qu'agriculteurs, nous avons des impératifs de rentabilité. Employer un salarié représente un coût, mais cela peut permettre le développement de nos structures. Simplement, il faut bien savoir où l'on veut aller avant de se lancer.
JCM : Il faut aussi être conscient qu'une fois le salarié sur l'exploitation, il doit s'adapter à nos méthodes, mais nous devons également nous adapter à lui. La communication est essentielle à la qualité de la relation employeur/employé.