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Agro-écologie

Couverts, non-labour et semis

Différent mélanges de couverts végétaux ont été testés à Chélieu sur les parcelle du Gaec de la Gambille, dans le cadre du programme Terre et eau.
Couverts, non-labour et semis

Le Gaec de la Gambille, sous l'impulsion d'un de ses trois associés, Hervé Annequin, pratique depuis quelques années le non-labour. Une plateforme de couverts végétaux a été mise en place avec le groupe d'agriculteurs Isère sols vivants à Chélieu, dans le cadre du programme Isère Terre et eau. L'idée est de tester trois types de mélanges de couverts végétaux en non labour et quatre modalités de semis.

Premier mélange

Le premier mélange est composé de sorgho (10 kg/ha), féverole (80Kg/ha) et tournesol (10 kg/ha). Son coût est de 52 euros/ha.
Dans le premier essai, le semis direct offre une couverture de sol correcte, notamment la féverole est bien positionnée.
Mais le couvert semble moins performant que la deuxième modalité avec le passage du déchaumeur Carrier et le semis direct. Dans ce deuxième essai, le couvert est plus développé et plus homogène. Mais c'est aussi le plus cher : 122 euros/ha. Les plantes sont à un stade plus avancé et toutes les espèces sont présentes. La présence des adventices est limitée.
Le troisième essai bénéficie du passage du déchaumeur et du semoir sur déchaumeur. Le mélange est semé plus rapidement, à la volée. C'est la conduite la meilleure marché (76 euros par hectare). En revanche la végétation est moins développée que dans l'essai précédent.
Enfin, avec deux passages de déchaumeur et le semoir sur déchaumeur, la couverture du sol est plus satisfaisante et les adventices moins présents. Il en coûte 100 euros/ha.

Deuxième mélange

Le deuxième mélange est un intercouv (vesce, avoine, trèfle d'Alexandrie, moha et millet – 12,5 kg/ha) complété de rotaroz (différents trèfles inoculés – 6,5 kg/ha). Son coût est de 75 euros/ha.
Le premier essai en semis direct favorise la présence de graminées. En revanche, il n'y a pratiquement pas de chénopodes. Le couvert est modeste pour un coût total de 121 euros/ha.
Là aussi le deuxième essai avec le déchaumeur en semi direct donne une structure plus homogène. Le couvert est convenable, mais c'est celui qui présente le coût de revient le plus élevé, soit 145 euros/ha.
Le passage du déchaumeur et du semoir sur déchaumeur réussit le moins bien à ce mélange, comme l'illustre le troisième essai. Le couvert n'est pas satisfaisant et les adventices importants avec beaucoup de chénopodes.
Enfin, dans le quatrième essai, les deux passages de déchaumeur et le semoir sur déchaumeur donnent une meilleure couverture à la parcelle, avec beaucoup de matière azotée, notamment par le développement du millet et de trèfle. Le coût de revient est de 123 euros/ha.
De façon générale, ce mélange est plus sale car il a eu un développement plus lent. Il s'est surtout étoffé à la faveur d'un automne doux.

Moutarde et tournesol

Le troisième mélange est composé de moutarde (8 kg/ha) et de tournesol (4 kg/ha). Les semences ont coûté 15 euros/ ha. L'implantation du couvert a été conduite avec un passage de déchaumeur et un passage de semoir sur déchaumeur. La moutarde est prépondérante sur le tournesol. Le sol est propre et les repousses de blé quasi-inexistantes.

En conclusion de ces essais il semble que plus le couvert lève vite et moins la parcelle est sale.
En semis direct, les parcelles sont moins propres qu'avec le déchaumage. Il y a notamment des graminées et les plantes mettent plus de temps à se développer en SD. En revanche, le déchaumage fait lever les dicotylédones (chénopodes, marantes etc.)
Il semble que ce soit la modalité avec passage du déchaumeur à disques Carrier et le semoir SD Easydrill qui apporte le meilleur développement des couverts. Mais le coût du travail du sol est le plus élevé (traction, carburant, outil) à 70 euros/ha.

Un compromis

Les agriculteurs observent qu'il est important de semer tôt pour avoir des mélanges bien développés, si possible derrière la moissonneuse-batteuse et à condition que la parcelle soit propre.

« La qualité du semis est importante. Le semis à la volée est plus intéressant d'un point de vue coût, relève Laetitia Masson, conseillère à la chambre d'agriculture de l'Isère, mais il offre une moins bonne réussite, excepté pour la moutarde. » Même s'il ne s'agit que d'un couvert, elle préconise de rechercher le meilleur compromis entre le coût du mélange (les légumineuses présentent un meilleur développement racinaire), le coût de l'implantation et le retour attendu pour la culture. « Il faut réfléchir son couvert comme une culture », conseille-t-elle, tout en reconnaissant qu'il n'est pas facile de trouver le bon semis.

Isabelle Doucet

Caractéristiques de la parcelle

Sol argilo-sableux et présence de cailloux.
Non labour depuis 2007.
Culture 2016 : blé de force d'hiver (togano)
Désherbage : octogpon (275h/ha)
Fertilisation : 205 uN/ha (3 passages)
Récolte : 27 juillet 2016
Semis du couvert : 10 août 2016
Matériel : déchaumeur à disques indépendants (Carrier 5m avec semoir intégré et rouleaux), semoir sur déchaumeur et semoir SD (Easydrill de 3 m)

 

Isère sols vivants

Ils ont une activité céréalière ou mixte (noix et céréales) ou sont polyculteurs-éleveurs, bio ou conventionnels, et un même souci les anime : celui de remettre l'agronomie au cœur de leur pratique. Ce groupe d'une vingtaine d'agriculteurs installés dans la vallée du Grésivaudan, dans la Boucle-du-Rhône, en Pays voironnais ou viennois partagent le désir d'avancer collectivement en mutualisant leurs essais et en échangeant leurs approches pour le maintien d'un sol vivant. Ils sont épaulés par la chambre d'agriculture de l'Isère. Leurs axes de travail portent sur les cultures, les plantes invasives, les ravageurs, le fonctionnement du sol, les couverts et la réduction des intrants.