Croire en le saint-marcellin
Le saint-marcellin plaît. Et de plus en plus. C'est en tout cas les résultats de l'enquête menée par le cabinet Ed Institut pour le Comité du saint-sarcellin (Cism) en 2017. 87% des gens connaissent ce fromage et les ventes augmentent à Paris, dans la catégorie libre-service en GMS, et dans le Sud de la France, à la coupe. Au niveau national, les ventes du petit fromage ont progressé de 2,33% en 2017 par rapport à 2016. Malheureusement, il souffre d'une image floue. « 25% des interviewés pensent que le fromage est au lait de chèvre et 33% ne le rattachent pas encore à sa zone de production », explique Sylvie Colombier-Marion, chargée de mission du Cism, lors de l'assemblée générale à Saint-Marcellin. Pour la jeune femme, le but est d'arriver à l'intégrer sur la liste de courses. « Le choix d'un fromage est guidé par les habitudes. Sur sa liste, on écrit directement le nom du fromage à acheter ». L'étude fait partie du premier axe du plan d'action du comité lancé en 2016. Elle a permis de prendre connaissance de la place du fromage sur le marché. La phase suivante consistera à « communiquer de manière forte ».
Un fromage polyvalent
Le premier problème est que les consommateurs ne savent pas comment l'utiliser. « On doit appuyer sur le fait qu'il est petit et qu'il se déguste facilement. On doit aussi proposer des recettes de cuisine, et l'introduire en apéritif, en plat chaud ou froid », détaille la chargée de mission. Cela serait aussi une occasion de montrer la diversité du produit. Pour 95% des interviewés, le fromage a une texture fondante et crémeuse. Or, il existe sous d'autres formes. « A chacun son saint-marcellin, ou, chacun peut trouver son saint-marcellin. C'est l'idée qu'on doit véhiculer ». Voilà le nouveau mantra de la marque.
Le goût du fromage est d'ailleurs un axe du plan d'action du Cism. Le but sera de définir des critères de qualité du lait utilisé dans la fabrication. Une analyse organoleptique et sensorielle devrait être lancée en 2018. S'adapter au consommateur est indispensable, mais il faut aussi savoir raconter l'histoire d'un fromage. Or, le saint-marcellin souffre d'un manque de sentiment d'appartenance, autant à l'extérieur qu'auprès des partenaires. La communication interne est devenue l'enjeu n°1 pour 2018. « De mon bureau, j'y arriverais pas toute seule. Il faut que vous soyez tous des ambassadeurs du fromage. On pourrait commencer par mettre un panneau devant les fermes afin de montrer que c'est ici qu'on le fabrique », explique la jeune femme. Ou encore participer à un événement pour célébrer les 5 ans de l'IGP du fromage, les 20 ans du Bleu de Sassenage et les 80 ans de la noix de Grenoble.
Valoriser le territoire
Pourtant, le petit fromage sous IGP depuis 2013 a toute sa place sur le territoire. « Aucun produit concurrent du saint-marcellin n'entrera dans la marque Is(H)ere », explique Nathalie Garçon, responsable du Pôle agro-alimentaire. Jean-Claude Darlet, président de la chambre d'agriculture de l'Isère, félicite les producteurs pour la hausse des ventes de cette année et la production de lait. Quelques 41 millions de litres de lait ont été collectés en 2017 contre 40 millions en 2016. « 2017 a été une année de transition et de dynamisme. On doit être fiers de notre fromage et créer une cohésion dans la filière », confirme Bruno Neyroud, président du Comité. La communication vers le grand public est actuellement plutôt orientée vers la Confrérie. Le but sera dorénavant de mobiliser l'ensemble des partenaires.
Virginie Montmartin