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Alimentation

Cuisiner des produits locaux, ça s'apprend

Le CDDRA Alpes Sud Isère a organisé une formation de deux jours pour apprendre aux cuisiniers du territoire à cuisiner des produits locaux.
Cuisiner des produits locaux, ça s'apprend

Ils ont plus l'habitude d'utiliser des produits surgelés ou en conserve. Qu'importe, l'emploi des produits locaux n'est pas l'apanage des maîtres restaurateurs, ces chefs de métier titrés pour la réalisation d'une cuisine élaborée à partir de produits bruts, frais, intégrant les circuits de proximité. Pour aider les chefs du sud-Isère de restauration collective ou privée à s'essayer à cette cuisine, et trouver de nouveaux débouchés aux agriculteurs du territoire, le CDDRA* Alpes sud-Isère a organisé une formation théorique et pratique les 9 et 16 décembre à l'Ecole des industries du lait et des viandes (Enilv) à Pont-de-Claix.

Fraîchement livrés

Neuf cuisiniers de cantines, centres de vacances, gîtes, chambres d'hôtes, de l'Oisans, du Trièves et de la Matheysine ont donc participé à cette formation assurée par l'Afrat (Association pour la formation des ruraux aux activités de tourisme). « La plupart ne sont pas des cuisiniers de formation. Ils sont venus monter en compétences et apprendre de nouvelles recettes élaborées avec des produits de saison. Comme ils ont souvent un public de convives difficile à satisfaire, ils sont là pour apprendre des plats variées, équilibrés et pratiques », explique Arnaud Finet, chargé de mission agriculture du CDDRA. Les produits fraîchement livrés ont été étudiés par les stagiaires, sous l'oeil bienveillant de Vincent Grêlé, responsable des formations « Cuisine de Terroir » à l'Afrat. « Je ne veux pas être un livre de cuisine. C'est pour cela que nous avons conçu les recettes ensemble ». Au menu : tatin de légumes, épinards à l'italienne, cake aux carottes et aux noix.

Option intéressante

Pour ces cuisiniers, l'approvisionnement en produits locaux n'est pas aisé. Il n'est pas toujours facile d'en trouver à proximité. Dépendants de groupements d'achat, ils ne peuvent pas forcément s'approvisionner en direct. Leur cuisine ne sont pas toujours équipées d'une légumerie. Autant de difficultés à surmonter. La formation est donc allée au-delà de l'apprentissage culinaire. Les stagiaires ont bénéficié d'une présentation de deux plateformes d'approvisionnement en produits locaux, « Manger Bio Isère » et « Isère à saisonner ». Si elles ne constituent pas la seule réponse à ces obstacles, elles peuvent se révéler une option intéressante. Financée par la région Rhône-Alpes, la formation était gratuite pour les cuisiniers. Elle s'inscrit dans le cadre de la stratégie agricole alimentaire portée par l'agglomération grenobloise, les territoires du Grésivaudan, du Pays voironnais, du CDDRA Alpes Sud Isère et des parcs naturels régionaux de Chartreuse et du Vercors.

 

* Contrat de développement durable Rhône-Alpes

Isabelle Brenguier

 

Descendre de la montagne et remonter des recettes

Les produits bio ne courent pas les rues des Deux-Alpes, mais elle aimerait les utiliser. C'est pour cette raison que Chantal Faure, cuisinière dans une garderie de la station de sports d'hiver est venue à Pont-de-Claix, les mercredis 9 et 16 décembre pour deux jours de formation culinaire. Son objectif : apprendre de nouvelles recettes équilibrées à base de produits biologiques et locaux. Pour la deuxième journée de formation, la plateforme «  Isère à saisonner » a livré un panel de produits de saison (carottes, noix, bleu du Vercors-Sassenage...) en provenance des environs. Toute la journée, Chantal Faure et les autres stagiaires les ont utilisés pour confectionner différents plats. La cuisinière a apprécié ces produits et la façon de les préparer. Les restes des légumes sont recyclés en gelées et confitures, il n'y a pas de pertes. Séduite, Chantal Faure envisage même de se faire livrer aux Deux-Alpes. «  A voir, si cela serait possible et si ces produits ne sont pas trop coûteux », estime-t-elle. « Autre inconvénient : nous ne sommes que quatre cuisinières pour préparer 180 couverts par jour*, les recettes réalisées aujourd'hui sont trop élaborées au quotidien. Mais nous pourrions les faire de temps en temps ».
*pour les enfants de la garderie, de la cantine scolaire et les repas portés aux personnes âgées
Camille Binson