Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs
Cultivateur échange dérobées contre fumier
Solidarité/ Face au déficit de fourrages consécutif à la sécheresse, des accords gagnant-gagnant peuvent être trouvés entre éleveurs et cultivateurs pour peu que ces derniers se montrent à l'écoute des difficultés de leurs collègues, comme Luc Veyron, à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs.
Maraîcher, horticulteur, mais aussi producteur de céréales et de graines oléagineuses à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, Luc Veyron va implanter, après les prochaines moissons, des cultures dérobées sur une vingtaine d'hectares (sur les 37 que compte l'exploitation, dont 28 en grandes cultures). Pourtant, elles ne resteront pas sur place : le cultivateur les destine à un éleveur voisin. Faisant face à un déficit de fourrages du fait de la sécheresse, ce dernier échangera cette production contre du fumier.
Remise en question avec le semis direct
« Quand j'ai décidé de passer en semis direct sous couvert pour expérimenter de nouvelles méthodes agronomiques permettant d'économiser du temps, du carburant et des pneumatiques, j'ai d'abord pensé à des couverts végétaux non consommables par le bétail et je n'aurais pas envisagé un échange de moha et de trèfle d'Alexandrie contre du fumier, si je n'avais pas modifié mon assolement », avoue cet agriculteur pratiquant déjà le troc de paille contre du fumier depuis de nombreuses années (même si une trentaine de bottes restent dans l'exploitation afin d'alimenter le co-compost destiné à l'atelier maraîchage).
En techniques culturales simplifiées (TCS), le couvert végétal doit amener de la matière organique facilement fermentescible au sol. Il n'est pas question pour Luc Veyron de se priver de cet apport. Mais « pourquoi ne pas l'épandre sous forme de fumier après l'avoir fait transiter par une étable », s'est interrogé le cultivateur, pour qui « ce n'est pas un souci » de procéder à quelques aménagements dans son organisation, afin de se montrer solidaire avec un élevage n'ayant pas les surfaces nécessaires à l'implantation de cultures dérobées.
Un troc « de bon sens »
Le tout est de ne pas dépenser en transport de fumier le carburant économisé en passant du labour au semis direct sous couvert. « Ce type d'échange n'est possible que lorsque les distances sont réduites », estime Luc Veyron. Mais, comme de nombreux territoires mêlent cultures et élevage en Isère, l'accord trouvé dans ce secteur de la Bièvre devrait pouvoir être dupliqué ailleurs dans le département. Il suffit d'y penser et de prendre le temps d'échanger avec ses voisins.
Dans le cas de Luc Veyron, le déclic a eu lieu à la lecture d'un article paru dans nos colonnes. Ce dernier conseillait aux éleveurs confrontés à des déficits de fourrages de planter des couverts en dérobée et comparait les différentes cultures en fonction des conditions dans lesquelles elles doivent être implantées et de leur utilisation potentielle. Ayant lu le même article, le conseiller de la coopérative Dauphinoise qui a vendu les semences de moha et de trèfle à Luc Veyron a tout de suite fait le rapprochement avec l'éleveur à la recherche de surfaces pour planter des dérobées le matin même. Les deux professionnels se connaissant déjà, cette mise en contact a suffi à conclure un troc « de bon sens, s'inscrivant dans une démarche agronomique ». Les circonstances justifient sans doute que l'on prenne le temps de découvrir le système de son voisin, même si « ce n'est pas évident de pousser le portail de quelqu'un qu'on ne connaît pas », reconnaît Luc Veyron.
CF
Remise en question avec le semis direct
« Quand j'ai décidé de passer en semis direct sous couvert pour expérimenter de nouvelles méthodes agronomiques permettant d'économiser du temps, du carburant et des pneumatiques, j'ai d'abord pensé à des couverts végétaux non consommables par le bétail et je n'aurais pas envisagé un échange de moha et de trèfle d'Alexandrie contre du fumier, si je n'avais pas modifié mon assolement », avoue cet agriculteur pratiquant déjà le troc de paille contre du fumier depuis de nombreuses années (même si une trentaine de bottes restent dans l'exploitation afin d'alimenter le co-compost destiné à l'atelier maraîchage).
En techniques culturales simplifiées (TCS), le couvert végétal doit amener de la matière organique facilement fermentescible au sol. Il n'est pas question pour Luc Veyron de se priver de cet apport. Mais « pourquoi ne pas l'épandre sous forme de fumier après l'avoir fait transiter par une étable », s'est interrogé le cultivateur, pour qui « ce n'est pas un souci » de procéder à quelques aménagements dans son organisation, afin de se montrer solidaire avec un élevage n'ayant pas les surfaces nécessaires à l'implantation de cultures dérobées.
Un troc « de bon sens »
Le tout est de ne pas dépenser en transport de fumier le carburant économisé en passant du labour au semis direct sous couvert. « Ce type d'échange n'est possible que lorsque les distances sont réduites », estime Luc Veyron. Mais, comme de nombreux territoires mêlent cultures et élevage en Isère, l'accord trouvé dans ce secteur de la Bièvre devrait pouvoir être dupliqué ailleurs dans le département. Il suffit d'y penser et de prendre le temps d'échanger avec ses voisins.
Dans le cas de Luc Veyron, le déclic a eu lieu à la lecture d'un article paru dans nos colonnes. Ce dernier conseillait aux éleveurs confrontés à des déficits de fourrages de planter des couverts en dérobée et comparait les différentes cultures en fonction des conditions dans lesquelles elles doivent être implantées et de leur utilisation potentielle. Ayant lu le même article, le conseiller de la coopérative Dauphinoise qui a vendu les semences de moha et de trèfle à Luc Veyron a tout de suite fait le rapprochement avec l'éleveur à la recherche de surfaces pour planter des dérobées le matin même. Les deux professionnels se connaissant déjà, cette mise en contact a suffi à conclure un troc « de bon sens, s'inscrivant dans une démarche agronomique ». Les circonstances justifient sans doute que l'on prenne le temps de découvrir le système de son voisin, même si « ce n'est pas évident de pousser le portail de quelqu'un qu'on ne connaît pas », reconnaît Luc Veyron.