Isère
Débat sur les modalités de la contractualisation laitière
Organisations de producteurs/Après l'organisation d'une série de réunions sur l'office du lait par l'antenne iséroise de l'association des producteurs de lait indépendants et l'envoi par la FDSEA d'un courrier sur la contractualisation aux éleveurs bovins laitiers du département, le point sur le débat en Isère.
L'antenne iséroise de l'association des producteurs de lait indépendants (Apli38) a organisé une série de réunions, du 16 au 25 février, en différents points du département, afin de présenter le projet d'office du lait porté par l'Apli et l'European milk board. Représentant « une alternative à la contractualisation dont nous savons qu'elle n'assurera ni visibilité sur le prix, ni aucune volonté de maîtriser les volumes de production », selon le texte de l'invitation, l'office du lait repose sur l'idée qu'en se regroupant, les éleveurs peuvent « maîtriser les volumes français et européens pour avoir un prix rémunérateur ». Pour Xavier Taloud, le président de l'Apli38, c'est même « dans un département comme celui de l'Isère, où le nombre de petits faiseurs est important, que le système de l'office du lait est le plus avantageux, car il pousse les entreprises à valoriser la production, contrairement à un système d'organisations de producteurs par entreprises ».
La nécessaire organisation des producteurs
A la FDSEA, on estime également qu'« il est impératif que les producteurs s'organisent ». Un courrier dans ce sens a d'ailleurs été envoyé aux 550 éleveurs laitiers adhérents dans le courant du mois de février. « Dans l'attente de la parution des textes de lois définitifs, les producteurs doivent s'organiser dans un premier temps au sein d'unions laitières ou d'organisations par entreprises, enjoint la missive. Avant que ces organisations de producteurs se mettent en place, il est fortement recommandé, de ne pas signer individuellement les contrats qui vous sont proposés et de les faire expertiser par des juristes ».
Comme l'office du lait s'inspire du modèle canadien, le président de la FDSEA et de sa section laitière, Jean Robin-Brosse, avance ensuite qu'une différence majeure sépare la France et le Canada. « Contrairement à nos homologues canadiens, nous rencontrons de grandes difficultés avec la grande distribution. En effet, comme le confirment les derniers résultats de l'observatoire des prix et des marges, les hausses de prix suite au passage à l'euro sont restées très contenues et beaucoup de produits laitiers sont à des prix modestes, les mêmes, voire moins, que ceux pratiqués lors du passage à l'euro. Pour avoir une meilleure rémunération de notre lait, il faudra bien que la grande distribution accepte autre chose que 2,5 % de hausse de ses prix d'achat. C'est pourquoi, cette semaine encore, nous allons relever les prix en grandes surfaces ».
Même si Xavier Taloud souligne que l'objectif des réunions sur l'office du lait était « d'écouter, de proposer et de construire avec des producteurs laitiers de tous bords, hors des querelles syndicales », Jean Robin-Brosse demande donc « que l'on ne mette pas à mal tout l'édifice collectif ». « Les offices de 1983 continuent d'exister au travers de France Agrimer. La FNSEA, mais aussi les Jeunes agriculteurs, la Confédération paysanne et la Coordination rurale y siègent et les décisions françaises sont encore aujourd'hui soumises au conseil lait de l'office, rappelle le responsable syndical. Comment fera-t-on après les quotas ? C'est une vraie question. Pour y répondre, nous devons construire en rassemblant au niveau national. Il faudra se battre pour obtenir tout ce que les puristes libéraux des directions générales de la concurrence et des fraudes veulent nous interdire de faire. Face à cet enjeu, que nous soyons FNSEA ou un autre syndicat, n'ayons pas peur de pousser dans le même sens tout en nous émulant ».
Question de méthode
L'Apli38 affiche le même état d'esprit. « Avec la FDSEA, nous sommes d'accord à 92 %, estime Xavier Taloud. Il n'y a plus qu'un point qui nous sépare, ce sont les organisations de producteurs, dont nous pensons qu'elles ne doivent surtout pas se cantonner à l'échelle de l'entreprise ». « Notre choix d'inciter à regrouper les producteurs localement, par entreprises, vise au pragmatisme pour fédérer tout le monde et être en accord avec nos partenaires européens, notamment allemands, qui ne sont pas dans une logique d'office européen », lui répond Jean Robin-Brosse, qui espère que « travailler entre nous aide aux convergences ». Les travaux pratiques ne sauraient tarder : les entreprises ont jusqu'au premier avril pour proposer des contrats aux éleveurs laitiers.
Cécile Fandos
La nécessaire organisation des producteurs
A la FDSEA, on estime également qu'« il est impératif que les producteurs s'organisent ». Un courrier dans ce sens a d'ailleurs été envoyé aux 550 éleveurs laitiers adhérents dans le courant du mois de février. « Dans l'attente de la parution des textes de lois définitifs, les producteurs doivent s'organiser dans un premier temps au sein d'unions laitières ou d'organisations par entreprises, enjoint la missive. Avant que ces organisations de producteurs se mettent en place, il est fortement recommandé, de ne pas signer individuellement les contrats qui vous sont proposés et de les faire expertiser par des juristes ».
Comme l'office du lait s'inspire du modèle canadien, le président de la FDSEA et de sa section laitière, Jean Robin-Brosse, avance ensuite qu'une différence majeure sépare la France et le Canada. « Contrairement à nos homologues canadiens, nous rencontrons de grandes difficultés avec la grande distribution. En effet, comme le confirment les derniers résultats de l'observatoire des prix et des marges, les hausses de prix suite au passage à l'euro sont restées très contenues et beaucoup de produits laitiers sont à des prix modestes, les mêmes, voire moins, que ceux pratiqués lors du passage à l'euro. Pour avoir une meilleure rémunération de notre lait, il faudra bien que la grande distribution accepte autre chose que 2,5 % de hausse de ses prix d'achat. C'est pourquoi, cette semaine encore, nous allons relever les prix en grandes surfaces ».
Même si Xavier Taloud souligne que l'objectif des réunions sur l'office du lait était « d'écouter, de proposer et de construire avec des producteurs laitiers de tous bords, hors des querelles syndicales », Jean Robin-Brosse demande donc « que l'on ne mette pas à mal tout l'édifice collectif ». « Les offices de 1983 continuent d'exister au travers de France Agrimer. La FNSEA, mais aussi les Jeunes agriculteurs, la Confédération paysanne et la Coordination rurale y siègent et les décisions françaises sont encore aujourd'hui soumises au conseil lait de l'office, rappelle le responsable syndical. Comment fera-t-on après les quotas ? C'est une vraie question. Pour y répondre, nous devons construire en rassemblant au niveau national. Il faudra se battre pour obtenir tout ce que les puristes libéraux des directions générales de la concurrence et des fraudes veulent nous interdire de faire. Face à cet enjeu, que nous soyons FNSEA ou un autre syndicat, n'ayons pas peur de pousser dans le même sens tout en nous émulant ».
Question de méthode
L'Apli38 affiche le même état d'esprit. « Avec la FDSEA, nous sommes d'accord à 92 %, estime Xavier Taloud. Il n'y a plus qu'un point qui nous sépare, ce sont les organisations de producteurs, dont nous pensons qu'elles ne doivent surtout pas se cantonner à l'échelle de l'entreprise ». « Notre choix d'inciter à regrouper les producteurs localement, par entreprises, vise au pragmatisme pour fédérer tout le monde et être en accord avec nos partenaires européens, notamment allemands, qui ne sont pas dans une logique d'office européen », lui répond Jean Robin-Brosse, qui espère que « travailler entre nous aide aux convergences ». Les travaux pratiques ne sauraient tarder : les entreprises ont jusqu'au premier avril pour proposer des contrats aux éleveurs laitiers.