ISERE
Dans l'oreille du député européen…
POLITIQUE AGRICOLE COMMUNE / Les représentants du monde agricole isérois ont fait entendre leur voix, lors d'un débat à Châtonnay le 17 octobre, avec Michel Dantin, député européen sud Est (parti populaire européen). Le point de départ ? L'interpellation du politique sur la Pac, par des Jeunes Agriculteurs (JA) lors du comice agricole, dans cette commune, à la fin de l'été. Organisée sous l'impulsion du député Georges Colombier, la rencontre est tombée à point nommé, soit quelques jours après la présentation du projet de réforme de la Pac post-2013 par la Commission européenne…
Réglementation des marchés mondiaux
A la question posée, « Compétitivité agricole et mondialisation, l'agriculture française a-t-elle encore un avenir ? », Aurélien Clavel, président des JA, répond : « L'agriculture européenne a-t-elle toujours un avenir ? » Pour lui, si, « pour maintenir la sécurité alimentaire, il faut une agriculture diversifiée qu'il faut soutenir », pas de doute, cela passe par la création d'outils « de réglementation des marchés et de soutien en cas de crise agricole ». Bref, une Europe forte, taxant les produits importés qui ne respecteraient pas ses normes sanitaires et environnementales. Même son de cloche du côté des autres syndicats. Pour Jean Robin-Brosse, président de la FDSEA, si « l'enjeu central » est bien « l'alimentation », la « réglementation des marchés et leur organisation est ce qu'il y a de plus important ».
Et d'après Michel Dantin, les choses iraient dans le bon sens, puisque dans les propositions de la Commission « l'évolution la plus significative » serait « le maintien, voir le rétablissement, d'outils de régulation des marchés ». Avec le nouveau pouvoir du Parlement européen, le député assure qu'il n'y aura plus d'accord signé sans contrepartie, ni garantie sur les normes phytosanitaires, « comme ceux sur les fruits et légumes en 2009 », qui mettent en concurrence déloyale les agriculteurs européens, soumis à des « règles strictes » (hygiène, environnement), s'insurgent les syndicats.
Concernant la filière viande plus précisément, les syndicats ont interrogé le député sur la baisse des tarifs et le sens des importations en provenance d'Amérique du Sud (Brésil, Argentine). Si Michel Dantin doute du fait que « la viande brésilienne inonde le marché, vu les coûts de transport », il avance que cette fausse excuse est « utilisée par beaucoup d'agents de la filière pour tirer les prix vers le bas, profitant de l'opacité des informations à ce sujet ».
Pour lui, cela pose la question de « la transparence des marchés et des stocks mondiaux ». « Sans connaissance de ceux-ci, on ne peut avoir une vraie connaissance des prix », affirme Michel Dantin, pour qui les agriculteurs font les frais du système…. « En 1995, l'ensemble de la production alimentaire européenne agroalimentaire générait 475 milliards d'euros, dont une part producteurs de 31%. Et en 2008, sur 531 milliards d'euros, seuls 24% reviennent aux producteurs, les 7% de valeur ajoutée se répartissant entre transformateurs, transporteurs et distributeurs ».
Culture des plantes protéiniques ?
Ces cultures, produites Outre-Atlantique suite à la répartition établie par l'OMC en 1992, sont largement importées par l'UE. La question se pose désormais de les cultiver à nouveau sur le sol européen. « Quand les accords de Blair-House ont été signés, explique Michel Dantin, l'UE était à 15, maintenant à 27, le ratio n'est pas transférable. Il y a donc une demande de mise en place d'un plan protéines ». La difficulté : réintroduire l'ensemble de la chaîne pour que ces cultures soient viables ici, depuis les lieux de séchage, par exemple, à la recherche et développement en matière de produits phytosanitaires et de semence.
Harmoniser les réglementations entre pays de l'Union Européenne
Pour le président des JA, « l'harmonisation des règles européennes sociales en environnementale est nécessaire » pour éviter une concurrence déloyale et être compétitif. « La main-d'œuvre Outre-Rhin est payée trois à quatre fois moins cher que dans l'Hexagone… Et certains produits phytosanitaires interdits en France, sont autorisés ailleurs en Europe ».
Michel Dantin rassure sur ce dernier point : « L'utilisation de produits phytosanitaires, interdits en France mais utilisés par d'autres membres de l'UE, grâce à des marges de dérogations, va cesser, car un texte européen adopté en 2009, va entrer en vigueur en décembre. Si un produit est agréé en Espagne, il ne pourra pas être interdit dans l'Hexagone ». Mais pour ce qui est du reste, « il n'y a pas de politique sociale européenne »… Donc l'harmonisation est difficile car « les charges sociales et fiscales ne sont pas les mêmes », et leur existence impacte directement chaque société et son fonctionnement. Par exemple : « Les allocations familiales, qui existent en France et pas en Allemagne, et permettent de financer des crèches dans l'Hexagone par exemple, alors qu'Outre-Rhin, entreprises et usagers les financent, sont le reflet d'une politique familiale française alors qu'à l'inverse, l'Allemagne est confronté à la chute de son taux de natalité. Autre exemple : la différence des coûts de main-d'œuvre entre les deux pays, s'explique par le fait que la législation allemande autorise à payer des salariés étrangers embauchés moins de six mois sur le territoire, aux conditions sociales de leur pays d'origine. En France, la culture salariale n'est pas celle-ci et moralement ce type de pratiques ne serait pas bien accepté ».
Renouvellement de la profession
« Signe d'un changement de mentalité de la Commission » pour Michel Dantin, dont les choix ont contribué à « l'abandon de la profession par les jeunes » selon les syndicats, ces dernières propositions abordent « pour la première fois le problème du renouvellement des générations dans le monde agricole* et proposent l'augmentation de 25% les DPU des jeunes agriculteurs ». « Des éléments de réponse qui semblent prendre en compte les coûts d'installation (reprises de capitaux, normes imposées) », se satisfait Aurélien Clavel.
Ecologie et climat
Les syndicats s'inquiètent, du verdissement de l'Europe, en particulier sur la question de la jachère et des menaces sur le foncier agricole… mais aussi des défis climatiques à venir. Et sur ce dernier sujet, le député européen affirme qu'il faudra « augmenter les crédits de la R&D pour trouver des variétés plus adaptées, adapter une gestion différenciée de l'eau au vu de la saisonnalité des pluies, voire délocaliser des productions ».
Ingrid Blanquer
*En Europe, moins de 6% des agriculteurs sont âgés de moins de 40 ans ; en France moins de 20%.
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Mea culpa de la Commission ?
En préambule au débat, Michel Dantin, nommé rapporteur du texte, rappelle que les grandes manœuvres qui se préparent pour l'agriculture, qu'il qualifie d'« évolutions plus que réformes», sont liées au vote à venir du budget européen, négocié tous les sept ans. « Chaque Etat décide des moyens qu'il souhaite allouer à l'Europe », et « les parlementaires européens influent ensuite sur la seule répartition des dépenses ». Les chefs d'Etats devraient arrêter le budget fin 2012, début 2013. « Mais, poursuit Michel Dantin, il est important que le débat agricole ne soit pas conclu avant cette date ».
Parlement co-décisionnaire
Le député européen souligne que « les discussions promettent d'être difficiles » : en devenant co-décisionnaires de la Pac, suite aux modifications institutionnelles introduites par le traité de Lisbonne, « le Parlement européen et les Etats, via le Conseil des ministres, vont devoir se mettre d'accord » avant toute adoption d'un projet de réforme. Et les intérêts sont durs à concilier entre « des pays, comme la Suède, favorables aux marchés ouverts et contre les aides publiques, des grands pays agricoles en devenir comme ceux d'Europe centrale, ou la France », premier pays agricole de l'UE…
Changement de regard sur la Pac
Mais d'après ce qu'il ressort des propositions, la Commission a révisé son jugement sur la Pac, pourtant abonnée à la chronique d'une mort annoncée depuis 2003. « Mais, selon Michel Dantin, avec l'envolée des prix, les bouleversements climatiques et l'entrée de grands clients comme la Chine sur le marché agricole mondial, elle est considérée comme bien utile, finalement ». Et les conséquences sont sonnantes et trébuchantes, puisque « le budget proposé n'a pas été amputé de 40% », comme annoncé. « Il y a eu dans l'esprit de ceux qui gouvernent l'Europe, une vraie modification dans la manière d'envisager les productions agricoles, passées de simples marchandises à mettre sur le marché à des produits destinés d'abord à nourrir une population de 500 millions d'européen ». Un retour à la notion d'équilibre alimentaire.
IB
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La Pac 2014 inquiète la tabaculture
Alors que l'Etat augmente le prix du tabac, les producteurs, qui ne bénéficient pas de cette hausse, vivent des années difficiles...
Georges Colombier et Michel Dantin ont rencontré, à Beaurepaire, les vice-présidents de la coopérative Agri Tabac, Gilles Charbonnel et Jocelyne Revol, le directeur Etienne Voge, des membres du conseil d'administration et le président de France Tabac. Les tabaculteurs ont exprimé leurs inquiétudes face aux propositions de la Commission sur la « Pac 2014 » qui mettraient en péril l'avenir de la filière.
Aides nécessaires
Depuis 2010, les aides européennes à la filière sont découplées de la production et intégrées au portefeuille DPU (droit à payement unique) des exploitations. Au vu du calcul des DPU, « les situations sont inéquitables d'une exploitation à l'autre », explique le directeur d'Agri Tabac. Les nouvelles aides couplées pour une liste de productions en difficulté (au choix libre des Etats) vont permettre aux tabaculteurs de toucher des subsides en 2012-2013. Mais dans le projet de la Pac 2014, cette liste de productions à soutenir est arrêtée par l'UE, et le tabac n'en fait pas partie. Ce qui supprimerait les aides réaccordées pendant deux ans.
Michel Dantin évoque « les attaques en règle du lobby de la santé, relayé par les Verts, pour l'annulation des aides aux producteurs de tabac ». Il propose « d'inscrire le tabac » dans ladite liste des productions. D'après les agriculteurs, il suffirait de « 50 centimes d'euros d'aides européennes par kilo, pour atteindre le prix producteurs de 4€/kilo, qui leur permet d'assurer la pérennité de leur exploitation », en comptant aussi sur le même engagement de la filière (le prix commercial atteignant presque 3€/kg)
Nombreux saisonniers
Les 131 producteurs de la coopérative, emploient quelque 800 saisonniers. « Un taux de main-d'œuvre à l'hectare qui nécessite qu'on aide la production », affirme le député européen qui pense avoir là, un argument pour négocier des soutiens. Jocelyne Revol souligne « l'importance, pour les tabaculteurs, d'avoir une vision à long terme sur l'avenir de la filière. On ne peut pas lancer des plantations sans savoir si les aides suivront… » D'autant que la petite taille des exploitations ne permet pas d'envisager facilement des reconversions.
IB
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A la question posée, « Compétitivité agricole et mondialisation, l'agriculture française a-t-elle encore un avenir ? », Aurélien Clavel, président des JA, répond : « L'agriculture européenne a-t-elle toujours un avenir ? » Pour lui, si, « pour maintenir la sécurité alimentaire, il faut une agriculture diversifiée qu'il faut soutenir », pas de doute, cela passe par la création d'outils « de réglementation des marchés et de soutien en cas de crise agricole ». Bref, une Europe forte, taxant les produits importés qui ne respecteraient pas ses normes sanitaires et environnementales. Même son de cloche du côté des autres syndicats. Pour Jean Robin-Brosse, président de la FDSEA, si « l'enjeu central » est bien « l'alimentation », la « réglementation des marchés et leur organisation est ce qu'il y a de plus important ».
Et d'après Michel Dantin, les choses iraient dans le bon sens, puisque dans les propositions de la Commission « l'évolution la plus significative » serait « le maintien, voir le rétablissement, d'outils de régulation des marchés ». Avec le nouveau pouvoir du Parlement européen, le député assure qu'il n'y aura plus d'accord signé sans contrepartie, ni garantie sur les normes phytosanitaires, « comme ceux sur les fruits et légumes en 2009 », qui mettent en concurrence déloyale les agriculteurs européens, soumis à des « règles strictes » (hygiène, environnement), s'insurgent les syndicats.
Concernant la filière viande plus précisément, les syndicats ont interrogé le député sur la baisse des tarifs et le sens des importations en provenance d'Amérique du Sud (Brésil, Argentine). Si Michel Dantin doute du fait que « la viande brésilienne inonde le marché, vu les coûts de transport », il avance que cette fausse excuse est « utilisée par beaucoup d'agents de la filière pour tirer les prix vers le bas, profitant de l'opacité des informations à ce sujet ».
Pour lui, cela pose la question de « la transparence des marchés et des stocks mondiaux ». « Sans connaissance de ceux-ci, on ne peut avoir une vraie connaissance des prix », affirme Michel Dantin, pour qui les agriculteurs font les frais du système…. « En 1995, l'ensemble de la production alimentaire européenne agroalimentaire générait 475 milliards d'euros, dont une part producteurs de 31%. Et en 2008, sur 531 milliards d'euros, seuls 24% reviennent aux producteurs, les 7% de valeur ajoutée se répartissant entre transformateurs, transporteurs et distributeurs ».
Culture des plantes protéiniques ?
Ces cultures, produites Outre-Atlantique suite à la répartition établie par l'OMC en 1992, sont largement importées par l'UE. La question se pose désormais de les cultiver à nouveau sur le sol européen. « Quand les accords de Blair-House ont été signés, explique Michel Dantin, l'UE était à 15, maintenant à 27, le ratio n'est pas transférable. Il y a donc une demande de mise en place d'un plan protéines ». La difficulté : réintroduire l'ensemble de la chaîne pour que ces cultures soient viables ici, depuis les lieux de séchage, par exemple, à la recherche et développement en matière de produits phytosanitaires et de semence.
Harmoniser les réglementations entre pays de l'Union Européenne
Pour le président des JA, « l'harmonisation des règles européennes sociales en environnementale est nécessaire » pour éviter une concurrence déloyale et être compétitif. « La main-d'œuvre Outre-Rhin est payée trois à quatre fois moins cher que dans l'Hexagone… Et certains produits phytosanitaires interdits en France, sont autorisés ailleurs en Europe ».
Michel Dantin rassure sur ce dernier point : « L'utilisation de produits phytosanitaires, interdits en France mais utilisés par d'autres membres de l'UE, grâce à des marges de dérogations, va cesser, car un texte européen adopté en 2009, va entrer en vigueur en décembre. Si un produit est agréé en Espagne, il ne pourra pas être interdit dans l'Hexagone ». Mais pour ce qui est du reste, « il n'y a pas de politique sociale européenne »… Donc l'harmonisation est difficile car « les charges sociales et fiscales ne sont pas les mêmes », et leur existence impacte directement chaque société et son fonctionnement. Par exemple : « Les allocations familiales, qui existent en France et pas en Allemagne, et permettent de financer des crèches dans l'Hexagone par exemple, alors qu'Outre-Rhin, entreprises et usagers les financent, sont le reflet d'une politique familiale française alors qu'à l'inverse, l'Allemagne est confronté à la chute de son taux de natalité. Autre exemple : la différence des coûts de main-d'œuvre entre les deux pays, s'explique par le fait que la législation allemande autorise à payer des salariés étrangers embauchés moins de six mois sur le territoire, aux conditions sociales de leur pays d'origine. En France, la culture salariale n'est pas celle-ci et moralement ce type de pratiques ne serait pas bien accepté ».
Renouvellement de la profession
« Signe d'un changement de mentalité de la Commission » pour Michel Dantin, dont les choix ont contribué à « l'abandon de la profession par les jeunes » selon les syndicats, ces dernières propositions abordent « pour la première fois le problème du renouvellement des générations dans le monde agricole* et proposent l'augmentation de 25% les DPU des jeunes agriculteurs ». « Des éléments de réponse qui semblent prendre en compte les coûts d'installation (reprises de capitaux, normes imposées) », se satisfait Aurélien Clavel.
Ecologie et climat
Les syndicats s'inquiètent, du verdissement de l'Europe, en particulier sur la question de la jachère et des menaces sur le foncier agricole… mais aussi des défis climatiques à venir. Et sur ce dernier sujet, le député européen affirme qu'il faudra « augmenter les crédits de la R&D pour trouver des variétés plus adaptées, adapter une gestion différenciée de l'eau au vu de la saisonnalité des pluies, voire délocaliser des productions ».
*En Europe, moins de 6% des agriculteurs sont âgés de moins de 40 ans ; en France moins de 20%.
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En préambule au débat, Michel Dantin, nommé rapporteur du texte, rappelle que les grandes manœuvres qui se préparent pour l'agriculture, qu'il qualifie d'« évolutions plus que réformes», sont liées au vote à venir du budget européen, négocié tous les sept ans. « Chaque Etat décide des moyens qu'il souhaite allouer à l'Europe », et « les parlementaires européens influent ensuite sur la seule répartition des dépenses ». Les chefs d'Etats devraient arrêter le budget fin 2012, début 2013. « Mais, poursuit Michel Dantin, il est important que le débat agricole ne soit pas conclu avant cette date ».
Parlement co-décisionnaire
Le député européen souligne que « les discussions promettent d'être difficiles » : en devenant co-décisionnaires de la Pac, suite aux modifications institutionnelles introduites par le traité de Lisbonne, « le Parlement européen et les Etats, via le Conseil des ministres, vont devoir se mettre d'accord » avant toute adoption d'un projet de réforme. Et les intérêts sont durs à concilier entre « des pays, comme la Suède, favorables aux marchés ouverts et contre les aides publiques, des grands pays agricoles en devenir comme ceux d'Europe centrale, ou la France », premier pays agricole de l'UE…
Changement de regard sur la Pac
Mais d'après ce qu'il ressort des propositions, la Commission a révisé son jugement sur la Pac, pourtant abonnée à la chronique d'une mort annoncée depuis 2003. « Mais, selon Michel Dantin, avec l'envolée des prix, les bouleversements climatiques et l'entrée de grands clients comme la Chine sur le marché agricole mondial, elle est considérée comme bien utile, finalement ». Et les conséquences sont sonnantes et trébuchantes, puisque « le budget proposé n'a pas été amputé de 40% », comme annoncé. « Il y a eu dans l'esprit de ceux qui gouvernent l'Europe, une vraie modification dans la manière d'envisager les productions agricoles, passées de simples marchandises à mettre sur le marché à des produits destinés d'abord à nourrir une population de 500 millions d'européen ». Un retour à la notion d'équilibre alimentaire.
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Georges Colombier et Michel Dantin ont rencontré, à Beaurepaire, les vice-présidents de la coopérative Agri Tabac, Gilles Charbonnel et Jocelyne Revol, le directeur Etienne Voge, des membres du conseil d'administration et le président de France Tabac. Les tabaculteurs ont exprimé leurs inquiétudes face aux propositions de la Commission sur la « Pac 2014 » qui mettraient en péril l'avenir de la filière.
Aides nécessaires
Depuis 2010, les aides européennes à la filière sont découplées de la production et intégrées au portefeuille DPU (droit à payement unique) des exploitations. Au vu du calcul des DPU, « les situations sont inéquitables d'une exploitation à l'autre », explique le directeur d'Agri Tabac. Les nouvelles aides couplées pour une liste de productions en difficulté (au choix libre des Etats) vont permettre aux tabaculteurs de toucher des subsides en 2012-2013. Mais dans le projet de la Pac 2014, cette liste de productions à soutenir est arrêtée par l'UE, et le tabac n'en fait pas partie. Ce qui supprimerait les aides réaccordées pendant deux ans.
Michel Dantin évoque « les attaques en règle du lobby de la santé, relayé par les Verts, pour l'annulation des aides aux producteurs de tabac ». Il propose « d'inscrire le tabac » dans ladite liste des productions. D'après les agriculteurs, il suffirait de « 50 centimes d'euros d'aides européennes par kilo, pour atteindre le prix producteurs de 4€/kilo, qui leur permet d'assurer la pérennité de leur exploitation », en comptant aussi sur le même engagement de la filière (le prix commercial atteignant presque 3€/kg)
Nombreux saisonniers
Les 131 producteurs de la coopérative, emploient quelque 800 saisonniers. « Un taux de main-d'œuvre à l'hectare qui nécessite qu'on aide la production », affirme le député européen qui pense avoir là, un argument pour négocier des soutiens. Jocelyne Revol souligne « l'importance, pour les tabaculteurs, d'avoir une vision à long terme sur l'avenir de la filière. On ne peut pas lancer des plantations sans savoir si les aides suivront… » D'autant que la petite taille des exploitations ne permet pas d'envisager facilement des reconversions.
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