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Technique

De bonnes pratiques pour de belles prairies

Dans le cas de prairies dépréciées, la réalisation d'un diagnostic s'avère incontournable pour prendre les bonnes décisions pour leur remise en état. Explications.
De bonnes pratiques pour de belles prairies

Une prairie dégradée n'est pas une fatalité. Des solutions de remise en état existent. « Mais avant toute intervention, pour mettre en œuvre les solutions les plus adaptées à chaque situation, il est nécessaire de connaître l'état de sa prairie », prévient Robinson Stieven, conseiller agro-environnement à la chambre d'agriculture de l'Isère. Cela passe par la réalisation d'un diagnostic de prairie, qui permet de connaître sa composition et son état de dépréciation. 

Ce diagnostic repose sur un relevé de flore simplifié permettant de connaître les différentes proportions de plantes (graminées, légumineuses et autres plantes) contenues au sein de la prairie. « Nous connaissons leur proportion idéale. Dans le cas de prairies intensives à semi-intensives, elles doivent être composées de 50 à 70 % de graminées, 10 à 30 % de légumineuses, et 10 à 30 % d'autres plantes. Dans le cas de prairies extensives, nous devons retrouver 30 à 50 % de graminées, 10 à 30 % de légumineuses, et 30 à 50 % d'autres plantes », précise Fabien Faugeroux, conseiller agronomie à la chambre d'agriculture Savoie-Mont-Blanc. Si le diagnostic réalisé révèle qu'elles sont composées de moins de 50 % de bonnes graminées, un changement de pratique s'avère nécessaire.

Raisonner la fertilisation azotée

« Dans le cas de prairies légèrement dégradées (composées de 30 à 50 % de bonnes graminées), il convient de commencer par une alternance fauche-pâture dans toutes les zones possibles. C'est une bonne pratique pour rééquilibrer la flore », indique-t-il. Comme le pâturage de printemps et l'alternance des dates d'utilisation. Il est aussi préconisé de raisonner la fertilisation azotée. Selon le technicien, « 30 kilos d'azote par hectare et par passage pour les prés de fauche fauches et 20 kilos d'azote par hectare et par passage pour les pâtures suffisent largement ». Car tous les excès profitent aux plantes envahissantes telles que le rumex et les ombellifères. Une bonne hauteur de coupe est aussi à privilégier : sept ou huit centimètres permettent aux regains d'être meilleurs et à l'herbe de repartir plus facilement. Le roulage peut aussi être pratiqué dans les prairies où la terre est visible. Cela donnera de la densité. Quant au hersage, il doit être utilisé à bon escient. Il ne doit pas être pratiqué toutes les années, seulement quand la prairie en a besoin. En revanche, il ne faut jamais hésiter à faucher les refus en présence de plantes indésirables, car cela évite le grainage.

Sur-semis

En ce qui concerne le sur-semis, « même s'il s'agit d'une bonne technique pour ramener les espèces dont on a besoin, il ne doit être utilisé que dans les cas de dégradations importantes, comme la présence de campagnols », analyse Fabien Faugeroux. Aléatoire, sa réussite dépend des conditions du milieu, mais il faut s'attendre à des pertes de rendement l'année de sa réalisation. Pour le lancer, il est important que la terre soit visible et non fertilisée, car cela favoriserait la concurrence des plantes. En présence de nombreuses plantes indésirables, il est possible de réaliser un traitement sélectif. Une fois que le sur-semis est en place, il est nécessaire de favoriser le pâturage pour laisser la végétation la plus rase possible, de façon à ce qu'elle ne concurrence pas les graines semées. Une première utilisation (de pâture ou de récolte en vert) peut être effectuée lorsque les jeunes plantules font trois à quatre centimètres (trois à cinq semaines après le sur-semis) et une deuxième utilisation à intervalle similaire.

I.B.