Production de viandes
De l'importance de jouer collectif
Se différencier de la concurrence est souvent une façon de tirer son épingle du jeu. C'est ce que le groupe Carrel, comme l'abattoir de Grenoble, tentent de faire en valorisant l'origine locale de la viande, chacun dans leur style.
Maillons d'une filière en mauvaise santé du fait de l'instabilité des cours, les transformateurs de viandes basés en Isère sont bien au fait des difficultés des éleveurs allaitants. « En agriculture, il se passe des choses anormales, estime ainsi Stéphane Carrel, le président du groupe d'abattage, de découpe et de transformation de viandes (bovine et porcine principalement) basé à Hières-sur-Amby. Elle souffre terriblement et je comprends la frustration de tous ces gens qui travaillent du matin au soir, qui ont engagé tout leur patrimoine dans leur exploitation, laquelle constitue bien souvent un héritage familial. En tant qu'acheteur d'animaux, je ne me fais pas leur porte-parole. Mais je pense qu'il faut que les éleveurs puissent vivre de leur métier et que nos clients de la grande distribution doivent intégrer les intérêts de l'ensemble de la filière. Car si l'on n'a pas de bons fournisseurs, on ne répond pas aux attentes des consommateurs finaux.
De leur côté, il faut aussi que les agriculteurs nous permettent de faire des propositions à nos clients en termes de volume et de qualité, engagements en contrepartie desquels nous pouvons leur garantir des débouchés et une bonne valorisation de leurs productions. Nous avons des atouts en Rhône-Alpes : un bassin de consommation de six millions et demi d'habitants largement sensibilisés aux enjeux du développement durable et de l'aménagement du territoire, mais aussi : des céréales, des hommes, des savoir-faire... Seuls, nous ne pouvons qu'ouvrir et fermer le portail. Alors qu'ensemble, nous pouvons, sans surcoût, communiquer sur l'origine locale de nos produits. D'où notre volonté de communiquer sur le porc de Rhône-Alpes dans les mois qui viennent. Nous avons pu lancer ce projet, car, au sein du groupe Carrel, nous sommes parvenus à nouer des partenariats étroits avec nos fournisseurs, en trouvant des accords forts avec les groupements de producteurs et en prenant des participations au sein de gros élevages privés de la région. Le mot filière a été tellement galvaudé qu'on a du mal à lui donner un sens. Nous, nous pensons qu'il faut pouvoir mettre l'éleveur, l'abatteur, le transformateur, le distributeur et même le producteur d'aliments pour bétail autour de la même table. Si nous n'y parvenons pas dans la région, nous allons être très malheureux ».
L'avenir de la filière passe par le marché local
Président de la société qui gère l'abattoir de Grenoble pour le compte de la ville et du conseil général, propriétaires de l'équipement, Gérard Seigle-Vatte formule son analyse différemment. Mais, au fond, sa vision de la situation est la même. Pour ce responsable agricole (par ailleurs président de la chambre d'agriculture de l'Isère), l'élevage isérois peut se construire un avenir en s'impliquant dans la transformation et la commercialisation de la viande. « Suite au départ de la cheville dauphinoise l'an dernier, le volume abattu a baissé. Mais, avec le rachat de DB viande 73, rebaptisé Abag DB viande, au mois de février et le recrutement d'un commercial au mois de mai, nous sommes en train de reconquérir des parts de marché. Nous avons commencé à répondre à des marchés publics pour approvisionner la restauration collective, nous nous repositionnons face aux bouchers et avons commencé à approcher la grande distribution, du moins les petits groupes susceptible de valoriser la viande locale, car l'objectif de l'abattoir est aussi de dégager de la plus-value pour les agriculteurs. La restauration constitue également un marché important, car le consommateur rhônalpin ne paiera pas sa viande le double du prix habituel, mais je crois qu'il est prêt à marquer le coup et, comme nous ne sommes pas dans la Creuse, le bassin de consommation local est particulièrement important. C'est pourquoi nous faisons tout pour avoir la confiance des agriculteurs ».
Malgré les perspectives qui se dessinent aussi bien dans le privé que dans le public, le nombre d'élevages implantés dans le département devrait continuer à baisser. « Le mouvement de concentration des exploitations devrait se poursuivre en viande, prévoit Gérard Seigle-Vatte. Mais ce n'est pas pour cela que le volume abattu au Fontanil diminue : il y a toujours autant de bêtes élevées en Isère ».
De leur côté, il faut aussi que les agriculteurs nous permettent de faire des propositions à nos clients en termes de volume et de qualité, engagements en contrepartie desquels nous pouvons leur garantir des débouchés et une bonne valorisation de leurs productions. Nous avons des atouts en Rhône-Alpes : un bassin de consommation de six millions et demi d'habitants largement sensibilisés aux enjeux du développement durable et de l'aménagement du territoire, mais aussi : des céréales, des hommes, des savoir-faire... Seuls, nous ne pouvons qu'ouvrir et fermer le portail. Alors qu'ensemble, nous pouvons, sans surcoût, communiquer sur l'origine locale de nos produits. D'où notre volonté de communiquer sur le porc de Rhône-Alpes dans les mois qui viennent. Nous avons pu lancer ce projet, car, au sein du groupe Carrel, nous sommes parvenus à nouer des partenariats étroits avec nos fournisseurs, en trouvant des accords forts avec les groupements de producteurs et en prenant des participations au sein de gros élevages privés de la région. Le mot filière a été tellement galvaudé qu'on a du mal à lui donner un sens. Nous, nous pensons qu'il faut pouvoir mettre l'éleveur, l'abatteur, le transformateur, le distributeur et même le producteur d'aliments pour bétail autour de la même table. Si nous n'y parvenons pas dans la région, nous allons être très malheureux ».
L'avenir de la filière passe par le marché local
Président de la société qui gère l'abattoir de Grenoble pour le compte de la ville et du conseil général, propriétaires de l'équipement, Gérard Seigle-Vatte formule son analyse différemment. Mais, au fond, sa vision de la situation est la même. Pour ce responsable agricole (par ailleurs président de la chambre d'agriculture de l'Isère), l'élevage isérois peut se construire un avenir en s'impliquant dans la transformation et la commercialisation de la viande. « Suite au départ de la cheville dauphinoise l'an dernier, le volume abattu a baissé. Mais, avec le rachat de DB viande 73, rebaptisé Abag DB viande, au mois de février et le recrutement d'un commercial au mois de mai, nous sommes en train de reconquérir des parts de marché. Nous avons commencé à répondre à des marchés publics pour approvisionner la restauration collective, nous nous repositionnons face aux bouchers et avons commencé à approcher la grande distribution, du moins les petits groupes susceptible de valoriser la viande locale, car l'objectif de l'abattoir est aussi de dégager de la plus-value pour les agriculteurs. La restauration constitue également un marché important, car le consommateur rhônalpin ne paiera pas sa viande le double du prix habituel, mais je crois qu'il est prêt à marquer le coup et, comme nous ne sommes pas dans la Creuse, le bassin de consommation local est particulièrement important. C'est pourquoi nous faisons tout pour avoir la confiance des agriculteurs ».
Malgré les perspectives qui se dessinent aussi bien dans le privé que dans le public, le nombre d'élevages implantés dans le département devrait continuer à baisser. « Le mouvement de concentration des exploitations devrait se poursuivre en viande, prévoit Gérard Seigle-Vatte. Mais ce n'est pas pour cela que le volume abattu au Fontanil diminue : il y a toujours autant de bêtes élevées en Isère ».