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Isère

De l'utilité du conseil de gestion en conjoncture instable

ECONOMIE DES EXPLOITATIONS/Avec le témoignage du Gaec de Grand Villette, la dernière assemblée générale du Cer France Isère a mis l'accent sur le conseil de gestion.
De l'utilité du conseil de gestion en conjoncture instable
« Etre au service des adhérents », tel est « le défi essentiel du Cer France Isère, pour Jean-Louis Didier, son président, afin d'aider chaque adhérent qui nous fait confiance à tenir le cap en période de crise et à s'adapter aux changements économiques ». L'un des thèmes de la dernière assemblée générale, le 24 février à Salagnon, s'intitulait donc « Piloter en conjoncture instable ». Basée sur le témoignage de Mathieu Boursier, l'un des associés du Gaec de Grand Villette, à Saint-Laurent-du-Pont, l'intervention visait à présenter l'outil « Ecotech », consistant à affecter les produits et les charges de l'exploitation à chaque atelier la composant afin d'analyser le coût de revient, la marge brute et la marge nette de chaque activité.
« Nous avons souhaité mener cette analyse car notre élevage laitier a développé, à partir de 2006, en complément de l'activité d'engraissement de taurillons existante, un atelier vaches allaitantes, afin d'exploiter les surfaces fourragères que nous avons eu l'opportunité de reprendre. Mais cette démarche ne s'est pas avérée aussi rentable que nous l'espérions. Nous avions plus de travail, mais ne dégagions pas plus de revenu », a expliqué le jeune agriculteur.
Les marges à la loupe
« Cette analyse se retrouvait très bien en termes comptables, avec une hausse du chiffre d'affaires de 78 % entre 2005 et 2008, mais une progression de l'excédent brut d'exploitation de seulement 7 %, a complété le conseiller de gestion Olivier Marcant. Le calcul des marges montrait ensuite que la marge nette négative la plus importante était celle de l'atelier lait, à près de moins 40 000 euros, contre environ moins 14 000 pour l'engraissement de taurillons comme pour les vaches allaitantes. Mais il ne faut pas tirer de conclusions hâtives, et noter, par ailleurs, qu'en tant qu'activité principale du Gaec, l'atelier lait permet d'absorber plus de 170 000 euros de charges fixes. En fait, le chiffre qui dénote, c'est la marge brute de l'atelier vaches allaitantes, qui se situe à seulement 5 %, contre environ 62 % pour les taurillons et 66 % pour les vaches laitières. Ce chiffre s'explique par l'achat des animaux à l'extérieur, mais aussi un relatif déficit d'équipements pour la manutention des vaches allaitantes, qui oblige à mobiliser plusieurs hommes pour s'occuper d'elles. Comme des marges de progrès semblaient par ailleurs possibles sur les vaches laitières et les taurillons, les associés ont décidé de réduire progressivement l'élevage de vaches allaitantes au profit de la production de foin ».
Demande de conseils en hausse
« Du fait du départ d'un salarié qui préparait son installation, cette décision n'a pas vraiment permis d'alléger la charge de travail », a conclu Mathieu Boursier. Il est également trop tôt pour donner la traduction comptable de ce choix. « Mais on peut se demander quelle serait la situation de l'exploitation avec une personne de moins si l'activité vaches allaitantes n'avait pas été réduite », a commenté Olivier Marcant.
Cet exemple souligne en tout cas l'étendue de la demande de conseil des agriculteurs. « Sa progression s'accentue », a noté Didier Brechet, l'un des membres du bureau du Cer France Isère, en présentant l'activité de l'année écoulée. Pour lui, « les difficultés économiques sont de réelles opportunités de réflexions et d'orientations dans les exploitations agricoles ».
Cécile Fandos
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Des évolutions juridiques également
Le contexte réglementaire étant parfois tout aussi fluctuant que la conjoncture économique, la partie informative de l'assemblée générale du Cer France Isère comprenait également un volet juridique. La responsable du service, Claire Brenon, est revenue sur la création, au début de l'année d'un nouveau statut pour les entrepreneurs individuels : l'EIRL. L'entreprise individuelle à responsabilité limitée permet au chef d'entreprise de protéger son patrimoine personnel en faisant une déclaration d'affectation du patrimoine professionnel. Dans ce cadre, il peut aussi opter pour l'impôt sur les sociétés plutôt que l'imposition sur le revenu. « Pour choisir le régime le plus adapté, il faut prendre en compte la nature de l'activité, les risques qu'elle comporte, mais aussi le fait que ce nouveau régime n'autorise pas l'association, alors qu'une EARL est facile à transformer en Gaec, et qu'il ne constitue pas une garantie absolue du patrimoine privé », a prévenu la juriste, qui a aussi rappelé l'autorisation récente du Gaec entre époux, « une formule qui peut être fiscalement intéressante, dans la mesure où elle permet aux deux associés d'être au forfait ».
C.F.
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Chatte, Crémieu et Beaurepaire
Bientôt trois nouveaux bureaux
Le conseil d'administration du Cer France Isère a validé la construction de nouveaux locaux dans plusieurs villes. À Chatte et à Crémieu, où les bureaux sont maintenant trop petits pour assurer un service de qualité, et à Beaurepaire, où le bâtiment n'est pas adapté aux besoins de l'équipe. Par ailleurs, le local de La Tour-du-Pin sera agrandi. Le bureau de Vienne, quant à lui, est devenu, depuis le début de l'année, une simple permanence.
Marie Camara
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