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Saint-Just-Chaleyssin

De la ferme à l'usine, sur la route des produits laitiers

PORTES OUVERTES/ Pour la première fois, l'entreprise Danone a ouvert ses portes au public, récemment, lors des journées portes ouvertes des entreprises, organisées par la chambre de commerce et d'industrie du Nord-Isère. L'occasion de voir quel chemin suit le lait de sa livraison, à sa transformation.
De la ferme à l'usine, sur la route des produits laitiers
« Les gens sont méfiants et beaucoup croient encore que nous fabriquons nos yaourts avec du lait en poudre. Il faut leur enlever ce stéréotype de l'esprit. Tout notre lait vient de la région Rhône-Alpes ». Denis Hermant, directeur de l'usine de lait Danone, située à Saint-Just-Chaleyssin (canton d'Heyrieux), n'y va pas par quatre chemins. Pour lui, l'ouverture de l'entreprise au public lors des journées portes ouvertes des entreprises du Nord-Isère, organisées par la chambre de commerce et d'industrie, est « essentiellement l'opportunité de montrer aux consommateurs ce que l'on fait réellement, et surtout comment ».
Une collecte de 600 000 litres de lait par jour
Ce qui lui tient à cœur, c'est aussi de montrer que le lait provient majoritairement de la région Rhône-Alpes. « 865 éleveurs laitiers travaillent avec nous. Au total, nous recevons une trentaine de camions par jour, ce qui représente 600 000 litres de lait. Soit 200 millions de litres annuels », explique-t-il.
Ces 200 millions de litres de lait sont transformés en yaourts brassés, ou en crèmes desserts. Deux secteurs bien distincts au sein de l'usine car les procédés de fabrication (et de stérilisation) diffèrent. Au total, pour l'année 2011, l'usine chiffre à 175 000 tonnes le nombre de produits laitiers qu'elle aura fabriqués. « On peut dire qu'il y a 76 000 tonnes de crèmes desserts pour un peu plus de 97 500 tonnes de yaourts brassés », assure le directeur d'usine, un habitué de l'industrie agroalimentaire qui travaillait il y a quelques années, pour une célèbre marque de biscuits.
Au sein de l'usine, tous les jours, c'est le même rituel : les camions affluent pour vider le lait, qui est ensuite pasteurisé, écrémé et stocké, en attendant d'être transformé dans des cuves de 25 tonnes. Puis enfin stérilisé, empaqueté, conservé et livré. Un tour de force qui mobilise près de 300 salariés, sept jours sur sept. « L'industrie laitière génère au total 7 000 emplois indirects. On a également décidé d'améliorer notre relation avec les éleveurs, car nous ne pouvons pas vivre sans eux, et eux sans nous. Nous avons des destins communs », assure-t-il.
Construire une relation positive
L'idée ? Créer une relation forte avec les producteurs de lait. Visites de l'usine qui leur sont réservées, photos d'éleveurs sur les pots de yaourts… Le géant de l'agroalimentaire ne lésine pas sur les moyens. « Certains producteurs nous livrent depuis des années. Nous travaillons parfois avec eux depuis plusieurs générations et nous constatons que tous ne savent pas ce que l'on fait de leur lait. Nous devons leur montrer que nous sommes là pour le valoriser », affirme le directeur, tout en précisant que pour autant, « nous ne pouvons pas acheter le lait plus cher que les autres, car nous devons rester compétitif »
La crise de confiance qui a sévit durant les dernières années peut-elle alors s'améliorer ? Florence Chambon, directrice lait chez Danone France, veut le croire. « Depuis un an et demi, deux ans, nous sommes en train de construire une relation positive. La contractualisation en fait d'ailleurs partie. Elle permet de remettre à plat beaucoup de choses avec les producteurs. Nous essayons de faire des contrats avec un socle commun, pouvant être ajusté en fonction des spécificités locales, notamment lors d'un fonctionnement en groupement ». Pour l'instant, aucune version finale n'a été élaborée, « d'ici à la fin de l'année, nous présenterons une deuxième version. La discussion est ouverte avec les producteurs. Nous souhaitons les accompagner et montrer que derrière le lait, il y a des gens avec un métier prenant et dont ils peuvent être fiers. Nous devons recréer cette relation de proximité. Cela est également complété par les attentes des consommateurs », soutient-elle.
Car jouer la carte du local sert certainement à rassurer les producteurs, mais aussi et sûrement à attirer de nouveaux consommateurs...
Lucile Ageron